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    Tribune

    Emission France 3 «Roi du Maroc, le règne secret»
    Réaction de l’Alliance des économistes istiqlaliens

    Par Adil Douiri | Edition N°:4788 Le 06/06/2016 | Partager

    Adil Douiri, Ancien ministre, membre du parti de l'Istiqlal (Ph. Mutandis)  

    La chaîne de télévision française France 3 a diffusé le jeudi 26 mai dernier un reportage intitulé «Roi du Maroc, le règne secret».
    D’un niveau général très faible, le reportage présentait un certain nombre de contre-vérités au plan économique et financier, pour lesquelles l’Alliance des économistes istiqlaliens a souhaité rétablir la réalité des faits.

    1- Au plan des chiffres
    Le reportage présente la SNI comme un ogre au plan économique, un monstrereprésentant 6% du Produit intérieur brut (PIB) de l’économie marocaine.

    La réalité est la suivante:
    36% de la SNI appartient aux petits épargnants marocains
    - La SNI est le successeur de l’ONA et c’est donc la holding de tête d’un groupe
    industriel et financier. L’actionnariat de la SNI compte, pour une partie, des héritiers de feu S.M. Mohammed V et de feu S.M. Hassan II. A leurs côtés, pour environ 36% du capital, sont également actionnaires un certain nombre d’investisseurs institutionnels que sont les compagnies d’assurances et les caisses de retraite, dont le rôle est de collecter et de gérer l’épargne de nos concitoyens. Une partie importante du capital de la SNI appartient donc à un grand nombre de salariés cotisant à des caisses de retraite ou à de l’assurance vie. Son actionnariat est largement populaire même si elle n’est plus cotée en bourse.

    Le poids économique de la SNI représente 1,3% du PIB marocain
    - La SNI publie ses comptes en toute transparence. Ses comptes consolidés, c’est-à-dire la somme des comptes de toutes les entreprises faisant partie du groupe, montrent un chiffre d’affaires d’environ 33 milliards de DH (et non pas le chiffre de 60 milliards de DH avancé dans le reportage) et d’environ 8 milliards de valeur ajoutée pour l’année 2015.
    Pour évaluer de manière exhaustive l’empreinte économique du groupe, il convient de rajouter environ 40% de la valeur ajoutée de la banque Attijariwafa bank, non consolidée intégralement dans les comptes de la SNI. Au total, la valeur ajoutée globale consolidée du groupe SNI y compris sa participation dans Attijariwafa bank ressort à environ 13 milliards de DH.
    - Le Produit intérieur brut d’un pays est plus ou moins équivalent à la somme des valeurs ajoutées réalisées sur le territoire de ce pays par les différents agents économiques qui produisent (en gros les entreprises publiques ou privées). La valeur ajoutée d’une entreprise est ce qu’elle produit, diminué de la somme de toutes ses consommations.
    C’est en quelque sorte sa marge avant de payer les salaires et les impôts et taxes. Au Maroc, le PIB a atteint, en chiffres ronds, 1.000 milliards de DH. Si l’on doit rapporter la valeur ajoutée consolidée globale du groupe SNI au PIB marocain, on trouve environ 1,3%, et non pas le chiffre de 6% brandi dans le reportage.

    2- Au plan du rôle de la SNI
    - Depuis plusieurs années, la SNI est un réel vecteur de développement du tissu d’acteurs économiques marocains. L’un des principaux objectifs du développement économique est la création du plus grand nombre possible d’entreprises d’une certaine taille, à même d’être solides et pérennes, à même d’exporter en dehors du Maroc et à même de s’implanter en dehors du Maroc pour étendre la zone d’influence de l’économie marocaine.
    La SNI a choisi de jouer le rôle de développeur d’entreprises, en créant des entreprises puis en les portant à une taille suffisante pour qu’elles puissent voler de leurs propres ailes, à l’échelle du continent africain. L’exercice est fait dans la plus parfaite transparence et avec une gouvernance et une organisation interne que les observateurs économiques expérimentés jugent aux meilleurs standards internationaux.
    - Ainsi, au cours des 4 dernières années, SNI a vendu ses parts dans plusieurs entreprises matures: Lesieur (huile), dans Centrale Laitière (lait et dérivés), dans Cosumar (sucre), ou encore dans Bimo (biscuits). Ce sont toutes là des entreprises industrielles de produits de grande consommation ayant la taille critique nécessaire pour être pérennes, exporter ou construire une influence régionale.
    A chaque fois que cela a été possible, SNI a cherché à vendre aux épargnants marocains (par la bourse), aux gestionnaires d’épargne marocaine (caisses de retraite et compagnies d’assurances) et à un opérateur technique international. Ces ventes ont fait entrer plusieurs milliards de DH en devises dans les réserves de change de l’économie marocaine, apportés par Danone, Sofiprotéol, Kraft Foods ou encore Wilmar.
    - Les entreprises en développement et donc encore actuellement dans le portefeuille du groupe SNI se trouvent notamment dans les secteurs de la finance (Attijariwafa bank), de la mine (Managem), de la grande distribution (Marjane), des télécoms (Inwi) et des énergies renouvelables (Nareva). Il s’agit là des entreprises dont le groupe SNI possède la majorité du capital et qu’il contrôle.
    Attijariwafa bank est pour toute l’économie marocaine un instrument stratégique de conquête de l’Afrique; elle continue d’étendre notre empreinte nationale dans les différentes sous-régions du continent africain et de permettre à tous les acteurs économiques marocains d’y aller à leur tour.
    Peu de groupes privés marocains ont le savoir-faire technique, le courage et la patience capitalistique pour mener des explorations minières un peu partout en Afrique. En partant du Maroc, et après 50 ans de savoir-faire accumulé, Managem a désormais la capacité à commencer à explorer dans plusieurs pays d’Afrique. Activité risquée, volatile, imprévisible, nécessitant capitaux, technicité et approche long-termiste, Managem n’aurait pu être portée là où elle est que par très peu de groupes privés nationaux. Inwi a été une source de pertes financières considérables pour le groupe SNI et ce plusieurs années durant. Arriver en tant que 3e opérateur dans un marché télécom d’un pays de taille relativement modeste comme le Maroc n’est pas une sinécure; la rentabilité financière de l’activité l’a malheureusement illustré. Le consommateur marocain est celui qui a réellement profité de la création d’Inwi (à partir de zéro, ce qui est d’autant plus méritoire) puisque cet opérateur a contribué fortement à renforcer la concurrence et à écraser rapidement les prix.
    Nareva est un remarquable projet selon nous, visant à construire (en partant de zéro encore une fois) un opérateur de demain dans le secteur de l’énergie. La compétence et le savoir-faire technique qu’a commencé à se constituer Nareva lui permettront demain (dans 5 ans?) de développer un certain nombre de projets éoliens, solaires, ou hydrauliques dans le continent africain. Il s’agit là de projets lourds en capitaux et dont la rentabilité est différée: nous appelons de nos voeux que d’autres groupes privés marocains fassent montre du courage et de la patience nécessaires pour lancer des projets similaires et les réussir sur un terme de 10 à 20 ans.

    Notre espoir, pour le succès économique de notre pays et le développement du pouvoir d’achat de nos concitoyens, est que le plus grand nombre possible de groupes tels que la SNI se développent et se structurent au Maroc. Des groupes suffisamment capitalisés, patients, long-termistes, recrutant les meilleures ressources humaines, et qui visent à construire des opérateurs champions de demain. La SNI, qui appartient largement aux petits épargnants marocains, joue un rôle précurseur en la matière.

     

     

     

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