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    Comment Béni Mellal-Khénifra veut attirer plus d'investissements

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4788 Le 06/06/2016 | Partager
    40% du budget régional au monde rural
    Une faculté de médecine et un CHU à Béni Mellal
    Une route reliera Béni Mellal et Tinghir
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    Pour Brahim Moujahid, qui est, à 38 ans, le plus jeune président d’un Conseil régional dans le Royaume,  Béni Mellal-Khénifra doit bénéficier de la création d’un fonds d’investissement pour assurer sa compétitivité (Ph. JEH)

    Il est président du Conseil de la Région Béni Mellal-Khénifra et aussi de la CGEM-région. Pour Brahim Moujahid (élu du Parti authenticité et modernité et son coordinateur régional), tout développement de la région dépend avant tout de celui du monde rural.  Selon lui, la première priorité est donc le désenclavement. Infrastructures,  agropole, voie express, faculté de médecine, mais aussi les PME, comme pilier du développement  régional, sont les grands chantiers.

    - L’Economiste: Un nouveau concept de régionalisation avancée, une région plus vaste… Quelles sont, dans ce cadre, vos priorités?
    - Brahim Moujahid:
    Je voudrais, avant tout, rappeler que la Région Béni Mellal-Khénifra a la particularité de disposer d’une riche variété géographique et spatiale qu’on ne trouve nulle part ailleurs au Maroc. On y trouve la montagne, de vastes plaines agricoles, d’importantes ressources hydriques, des potentialités touristiques énormes, des mines… Sans oublier, cela va de soi, ce fort potentiel humain. Tout cela fait, nous en sommes conscients, que les attentes des citoyens deviennent, chaque jour, beaucoup plus importantes. Et par conséquent, notre responsabilité et nos charges le deviennent aussi    
    Notre démarche a été, dès notre élection à la tête de cette région, d’établir un diagnostic objectif et aussi précis que possible des besoins et des attentes des populations de chacune des provinces et communes qui relèvent de cette entité territoriale. Et cela dans tous les domaines d’activité. Il ne faut pas oublier que la nouvelle région est devenue plus vaste et cela implique la prise en charge des lourds engagements financiers et budgétaires des provinces de Khénifra et Khouribga qui ont été intégrées à la Région Béni Mellal-Khénifra.
    La région fait face aujourd’hui à de grands défis. Et notre première priorité  est le désenclavement du monde rural en offrant à ses populations les moyens de bénéficier d’une vie décente. Cela en comblant les déficits en infrastructures routières, en eau potable, en électricité, en établissements scolaires et également en services de santé. Et c’est parce que nous sommes convaincus que le développement de  cette région est intimement lié à celui du monde rural que nous lui avons réservé 40% du budget régional. Une fois que nos priorités ont été identifiées, nous avons commencé à travailler sur l’élaboration d’une vision stratégique qui doit aboutir à un projet de plan de développement intégré pour toute la Région Béni Mellal-Khénifra. Nous avons même fait appel à un bureau d’étude pour nous assister dans la conception technique de ce projet.

    - Quelle est donc la stratégie que vous avez tracée et fixée pour Béni Mellal-Khénifra?
    - Hormis les priorités précitées, nous sommes décidés à faire de Béni Mellal-Khénifra une région à forte attractivité pour les investisseurs à travers une batterie de mesures qui offriront les meilleures conditions et opportunités nécessaires aux investissements et, partant, à la création de richesses. A commencer par l’aménagement du territoire, car nous croyons que cela constitue une base essentielles pour la réussite de tout investissement. Les problèmes liés au foncier, dans toutes ses formes, exigent l’élaboration et l’adoption d’une politique foncière en adéquation avec les spécificités de notre région. Surtout que l’extension des constructions menace directement les périmètres irrigués et tout l’espace agricole de la région.
    - Quels sont les projets d’infrastructure et de développement envisagés dans cette région?
    - Certes, nous avons de grands projets stratégiques et des chantiers prioritaires qui sont l’ossature même de notre feuille de route pour l’avenir. Je voudrais citer à ce titre qu’en matière de routes, nous envisageons la construction d’une voie express entre Béni Mellal et Fkih Ben Salah en direction de Khénifra, d’une route reliant Fkih Ben Salah-Boujaâd-Kahf  N’sour et Khénifra et d’une autre entre Béni Mellal et Tinghir à travers Azilal.
    Il y a également le projet de construction d’un agropôle dans la commune d’Oulad M’barak. Projet dont la construction est déjà lancée et même bien avancée. Il est installé sur une superficie de 208 hectares et l’on s’attend à ce que l’investissement global dans ce projet atteigne les 3 milliards de DH. Parmi les autres projets envisagés dans la région, il y a lieu de citer la construction d’une faculté de médecine et d’un CHU ainsi que l’aménagement d’une zone industrielle à Béni Mellal, d’un grand stade et d’une zone industrielle à Khouribga, d’une école supérieure de technologie à Khénifra…

    - En tant que président de la CGEM-région, quelle est votre contribution au développement de Béni Mellal-Khénifra?
    - Notre préoccupation en tant que président de la CGEM-région est de militer en faveur des PME pour renforcer leur compétitivité et en faire un pilier du développement  régional. Il ne faut pas oublier que les PME participent à la création de 50% des postes d’emploi. Toutefois, elles doivent encore faire face à de nombreuses contraintes, notamment les prix élevés et l’accès au foncier ainsi que les délais de paiement, les complications administratives et bancaires, l’insuffisance de la formation et de la main-d’œuvre qualifiée…
    Aujourd’hui, au niveau de la Région Béni Mellal-Khénifra, nous voulons surmonter toutes ces contraintes à travers une vision claire et une stratégie bien définie. Notre objectif est d’arriver au moins à 60% du niveau de Casablanca d’ici 2020. Nous oeuvrons donc à l’amélioration du climat des affaires, d’une part, et  à la création d’un pôle  de compétitivité régionale et d’un fonds d’investissement régional dédié à son accompagnement, d’autre part.

    Dynamique

    Apparemment la Région Béni Mellal-Khénifra exerce un attrait particulier sur les investisseurs. Ils sont, en effet, de plus en plus nombreux à s’y établir. A en juger par les montants d’investissement validés par la Commission régionale d’investissement. L’année 2015 a, ainsi, enregistré une importante reprise par rapport à 2014. Les investissements effectifs ont atteint 3,76 milliards de DH, soit plus du quintuple des montants validés au cours de l’année 2014. Le nombre de projets validés en 2015 est passé à 105 projets, soit une augmentation de 69% par rapport à l’année précédente. Selon le Centre régional d’investissement (CRI) de Béni Mellal-Khénifra, cette augmentation est due essentiellement au nombre considérable des demandes de lots au niveau de la zone d’activités économiques de Kasba-Tadla. Ces projets permettront la création de 3.111 emplois.

    Propos recueillis par
    Jamal Eddine HERRADI

     

     

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