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    Relance de la compétitivité
    Comment négocier le nouveau virage du développement

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4788 Le 06/06/2016 | Partager
    Au-delà des réformes, «c’est la mise en œuvre qui reste décisive»
    Le Maroc «doit être capable de saisir les opportunités à l’international»
    Un diagnostic de l’OCDE qui suscite la polémique

    Le décollage économique du Maroc passe par un diagnostic rigoureux des faiblesses. Celles-ci s’articulent autour de certains trous béants, qui plombent les efforts menés par les pouvoirs publics. Il s’agit notamment de l’éducation, de la justice, de la corruption et de la faible intégration régionale, notamment avec la panne de l’UMA, comme l’a souligné Zouhair Chorfi, DG de l’Administration des douanes, qui animait le panel de la 2e journée du Colloque sur le modèle de développement pour l’entrée du Maroc dans le concert des pays émergents. Pour certains de ces domaines, comme l’éducation et la justice, des réformes sont déjà en cours. Mais, «c’est la qualité de leur mise en œuvre qui reste la plus décisive», selon Abdelali Benamour, président du Conseil de la concurrence. Celui-ci a pointé «le poids de la rente, sociale, politique, religieuse et économique, qui limite l’effectivité des réformes».
    Quoi qu’il en soit, en comparaison avec les autres pays de la région, «le Maroc fait beaucoup mieux, notamment en termes de réalisation des priorités de développement, par exemple dans les domaines des infrastructures, de l’électrification, du développement des énergies renouvelables», a estimé Charles Boamah, vice-président de la BAD. Pour lui, le Royaume «donne l’image d’un pays émergent, notamment en termes d’attractivité des investissements». Mais à l’instar des autres puissances qui se réclament de ce statut, «il doit être capable de saisir les opportunités de développement à l’international», a-t-il dit. Une orientation qui semble déjà en cours, dans la mesure où «le Maroc devient une puissance émergente en termes d’investissements en Afrique», a noté Zouhair Chorfi. Le responsable de la BAD a assuré que cette institution financière régionale est prête à accompagner le Maroc à «se préparer pour tirer profit des opportunités qui se présentent, notamment des domaines comme les énergies ou l’agriculture». Le programme de soutien de la BAD au Maroc pour la période 2017-2020, se concentre sur deux grands défis. D’un côté, l’appui à l’industrialisation et au développement des chaînes de valeur, la création de l’emploi et l’innovation. De l’autre, l’accompagnement des actions du gouvernement pour la réduction des disparités sociales et spatiales, selon Charles Boamah.
    Aujourd’hui, «le Maroc est bien positionné en comparaison à d’autres pays, en termes de taux de croissance, qui variait entre 3 et 4% entre 2010 et 2012, avant de connaître une baisse en 2013, puis de se redresser à partir de 2015», a estimé Jan Rielaender, chef de l’unité examens multidimensionnels à l’OCDE. Néanmoins, en termes de niveau de vie, le Maroc connaît un déphasage entre les milieux urbain et rural, dont l’évolution est respectivement «comparable à celle de la Chine pour le premier et au Sénégal pour le second», selon Rielaender. Celui-ci a aussi pointé «la faible complexité économique en dépit du niveau élevé des investissements, calculée sur la base des produits exportés et le niveau d’innovation dans leur fabrication». Un constat rejeté par Zouhair Chorfi, qui était en désaccord avec les éléments défendus par le représentant de l’OCDE. Pour le patron de la Douane, «l’économie marocaine s’est beaucoup complexifiée. Aujourd’hui, nous exportons 60 à 70 milliards de DH de produits manufacturés qui n’existaient pas auparavant». Jan Rielaendar a aussi mis l’accent sur «le manque de productivité totale des facteurs, due à l’inefficacité dans le choix des innovations». D’ailleurs, «en matière de dépôt des brevets, le Maroc est en retard par rapport aux autres pays», a-t-il dit. Une situation compliquée par «la stagnation de l’investissement privé, qui n’a pas été tiré par les efforts financiers publics, contrairement à ce qui a été réalisé dans des pays comme la Malaisie».

    Clusters

    L’entrée dans le club fermé des puissances émergentes nécessite aussi de miser sur l’économie du savoir. Dans cette logique, «le Maroc peut se positionner en tant que hub de formation en Afrique», a estimé Noureddine Mouaddib, président de l’Université internationale de Rabat. Un créneau porteur qui génère dans le monde un chiffre d’affaires annuel de 120 milliards de dollars grâce à la mobilité des étudiants. Le Maroc peut selon lui s’inspirer des expériences internationales qui ont abouti à des success-stories. C’est le cas notamment de la Silicon Valley ou le Cluster Route 128 à Boston, qui ont été installés autour d’universités prestigieuses, favorisant ainsi l’esprit entrepreneurial. Mais ces réussites sont d’abord «le résultat d’une vision de l’Etat, qui fixe les grandes orientations dans l’enseignement, détermine les objectifs à atteindre et assure l’accompagnement, notamment en termes d’attractivité fiscale». Aujourd’hui, l’UIR semble suivre cette tendance, avec la signature des documents pour le lancement d’un open-lab avec le constructeur automobile français Peugeot Citroën.

     

     

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