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    Culture

    Marrakech du rire
    Karim Debbouze: «Nous avons besoin de soutien»

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4785 Le 01/06/2016 | Partager
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    Le directeur général et co-fondateur du Marrakech du rire, Karim Debbouze, se dit fier de voir le festival grandir d’année en année et révéler les talents marocains. Pour lui, si les sponsors suivent, le festival pourrait encore se développer (Ph. Mokhtari)

    Il est un peu partout dans ce festival du rire de Marrakech et il est le parrain de cet événement qu’il a initié il y a 6 ans avec son frère, Jamel. Aujourd’hui, on se bouscule au portillon pour y assister, et tant mieux, se réjouit  le directeur du festival. Le festival du rire de Marrakech n’est pas que des sketchs, c’est aussi une production derrière et une éclosion de talents. D’ailleurs, les deux frères Debbouze ont plein d’idées et en projet «un carnaval de Marrakech» à  l’instar de celui de Rio avec lequel ils ont conclu un partenariat. Mais, le nerf de la guerre est l’argent et Karim Debbouze se bat chaque année pour mobiliser les sponsors. Ce n’est jamais gagné d’avance.

    - L’Economiste: Quel bilan faites-vous de ces cinq années du festival et quels en sont les nouveautés?
     - Karim Debbouze:
    Le bilan est vraiment positif. Depuis sa création il y a 6 ans, le festival fonctionne crescendo bien qu’il ne soit pas encore rentable. Le public en redemande et se prend de plus en plus tôt pour réserver sans même  connaître la programmation et pour nous, c’est un signe fort.  C’est un festival qui évolue positivement tant au niveau du nombre de scène que de ses ouvertures à d’autres humoristes. Cette année, nous avons mis le paquet sur la scène africaine au vu des résultats plus que positifs enregistrés l’an dernier. Il était donc évident de le reconduire en l’élargissant et en invitant plusieurs jeunes talents. Si cela fonctionne, nous organiserons désormais un gala à la manière de celui d’Eko ou Jamel et ses amis.  Nous aurons ainsi trois galas, arabophone, français et africain. En termes de nouveautés, figure le cinéma aussi avec des avant-premières comme Camping 3 dont le réalisateur et la production nous ont fait confiance. 

    - Vous avez eu tout de même des petits soucis côté sponsor?
     - Ce sont  même des gros soucis. Lors de nos démarches auprès des sponsors, nous avons été surpris que ces derniers pensent que SM le Roi -qui nous accorde son haut patronage et son soutien moral- finance le festival. Ce n’est pas le cas et je tiens vraiment à le souligner.  Et cette année, nous avons été doublement secoués  étant donné que notre sponsor officiel (ndlr Inwi) nous a quittés en pleine course avec des dommages collatéraux puisque nous avons été contraint d’annuler trois spectacles. Un bien pour un mal, nous avons eu la chance qu’Orange puisse nous suivre cette année, mais à la dernière minute. Vous le savez, sans sponsors, un festival ne pourra pas exister quelle que soit la volonté de ses organisateurs. Ce festival n’est pas juste une émission de télé, il y a tout un travail invisible en amont. Comme le développement des jeunes talents avec les scènes ouvertes qui ont permis de découvrir un Eko par exemple que nous souhaitons programmer à l’Olympia. Il y a les master-class et le travail formidable que fait Oscar Sisco depuis 6 ans pour former la relève, il y a ce gala de football fait pour soutenir les associations. Nous avons l’impression que les sponsors ne se rendent pas compte que tout cela coûte de l’argent. Personne n’est intéressé par les scènes ouvertes alors que pour nous elles sont vitales et que c’est à travers ces scènes que nous découvrons les jeunes talents qui deviendront les stars de demain.

    - Justement, combien coûte un festival pareil?
     - Le coût global est aux alentours de 35 à 40 millions de DH. C’est l’argent que l’on doit chaque année chercher, sachant que la billetterie ne peut couvrir ce montant. Malheureusement, d’année en année, nous n’avons jamais réussi à amortir ce coût. Nous espérons réussir, lors des prochaines éditions, à équilibrer ce festival qui rayonne à travers le monde et  qui est une vitrine pour le pays. Car au-delà du coût, c’est son apport en termes d’image. Rien que les diffusions dans trois chaînes de télévision représentent quelque 40 millions de DH sans parler des radios françaises qui nous suivent à Marrakech et qui consacrent des émissions spéciales au Maroc. Le festival vend avant tout la destination.

    - Les dates du  festival coïncident l’an prochain avec le ramadan. Allez-vous décaler l’édition?
     - Je ne sais pas, le festival pourrait jeûner lui aussi. Sérieusement, cela ne me dérangerait pas de le maintenir aux mêmes dates et il serait même intéressant de programmer les spectacles après le ftour ou même tarawih, mais comme il y a des équipes françaises, il y a des réticences. Sincèrement, nous sommes encore en pleine réflexion.

    - Et à moyen terme, quelle sera l’évolution du festival?
    - Le Marrakech du rire est un jeune festival et il y a encore tout à développer puisque nous sommes à peine à 30% de nos capacités. Les idées ne manquent pas. Nous nous sommes rapprochés du carnaval de Rio pour créer un événement de la même envergure au Maroc. Vous savez, ce carnaval attire 7 millions de touristes et  si nous arrivons à drainer chez nous ne serait ce que le dixième de ces flux, nous aurons réussi notre challenge. Et croyez moi, nous avons la capacité pour le faire. Ensuite, nous souhaiterions vraiment introduire dans le Marrakech du rire la partie anglophone pour compléter le tableau. Ce sont là les projets à très court terme.
     Propos recueillis par
    Badra BERRISSOULE

     

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