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Analyse

Statut des femmes
L’inquiétant diagnostic du CESE

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4761 Le 28/04/2016 | Partager
En 20 ans, leur taux d’activité en milieu urbain baisse en dessous de 18%
Un changement majeur: 1 ménage sur 5 dirigé par une femme
Les 3/4 sans revenus ni activité
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Au moment où le Maroc redouble d’efforts pour favoriser l’émancipation des femmes, les pratiques sociales s’inscrivent dans une tendance opposée. Certes, le taux de féminisation des diplômés du supérieur dépasse les 50%, mais leur part dans la population active a brutalement chuté ces dernières années en milieu urbain, pour se situer à seulement 17,4%

L’affaire des filles en jupe à Inzegane qui avait défrayé la chronique l’année dernière est le symptôme d’un malaise social. Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Harcèlement, intimidation et discriminations sont le lot quotidien de plusieurs femmes. Un constat alarmant, confirmé par le rapport du CESE sur les aspects sociaux de l’égalité homme-femme, dont la première mouture doit être présentée lors de l’assemblée générale prévue aujourd’hui. Il s’agit du troisième du genre, après ceux sur l’égalité institutionnelle et celle dans la vie économique. Les données de ce rapport cristallisent les paradoxes relatifs à la situation des femmes au Maroc. «Nous sommes face à un consensus sur l’éviction des femmes de la sphère économique et sur leur re-domestication», selon Fouad Benseddik, membre du CESE, catégorie experts, et l’un des rédacteurs de ce document. Pour lui, «cette acceptabilité sociétale de cette régression est préoccupante, surtout face à l’évolution normative du pays en termes de renforcement des droits des femmes». L’article 19 de la Constitution a consacré le principe de la parité, de même que plusieurs lois ambitionnent de renforcer la participation des femmes et leur protection. Mais la réalité reste loin de suivre la même tendance. Et «la société n’est pas attentive aux chiffres alarmants publiés par le HCP, qui ont été exploités dans ce rapport. Car, c’est le rôle du CESE de mettre en avant ces aspects», a expliqué Benseddik. L’idée est de favoriser «un débat apaisé et constructif autour de ce sujet qui touche le cœur de la société».
Aujourd’hui, les femmes sont de moins en moins impliquées dans le domaine économique. «Leur taux d’activité en milieu urbain a chuté de 28% il y a une vingtaine d’années à 17,4% actuellement», est-il indiqué. Elles sont sous-représentées dans les hautes fonctions, avec seulement 34,9% de l’ensemble des cadres supérieurs, mais représentent plus de la moitié dans la catégorie des ouvriers et des manœuvres. Elles sont surreprésentées dans les secteurs où l’emploi est précaire et les conditions de travail des plus difficiles, comme le textile, le travail domestique ou l’économie informelle. Or, c’est une situation dramatique dans la mesure où «elle impacte la capacité du pays à réaliser les taux de croissance correspondant à ses ambitions d’émergence», a mis en garde Benseddik. Selon ce document, les femmes ont plus de difficulté que les hommes pour trouver un emploi, avec des qualifications similaires. Celles qui ont pu intégrer le marché de l’emploi ou se lancer dans l’entrepreneuriat sont souvent victimes de harcèlements ou d’inégalités. Mais pour l’instant, cela ne semble pas préoccuper les pouvoirs publics. «Les discriminations en milieu professionnel ne sont pas prises en considération par les inspections du travail. Ce qui se traduit par une absence de données précises sur ce problème», a expliqué cet expert. Ces discriminations «ne figurent pas non plus à l’ordre du jour du dialogue social». Les négociations entre gouvernement et syndicats étant plus concentrés sur les questions de rémunération et de libertés syndicales. Même l’égalité du salaire pour le même travail, principe consacrée par le code du travail, ne semble pas être respectée. Un diagnostic mené par le HCP en 2010 a révélé un écart moyen de près de 40% des rémunérations entre hommes et femmes. Quantre ans plus tard, «le salaire mensuel moyen des femmes représentait seulement 85% de celui des hommes».
Les femmes rurales ne sont pas mieux loties que les citadines. Elles sont souvent exploitées dans des activités d’aides familiales, se traduisant généralement par un travail non rémunéré et par une privation de la protection social, fait-on savoir.

Précarité

Aujourd’hui, la persistance des inégalités à l’égard des femmes est couplée à une évolution sociale qui complique davantage leur situation. Le Maroc est loin de l’image de la société patriarcale des décennies précédentes. Dans les villes, 1 ménage sur 5 est dirigé par une femme. «Il s’agit d’une réelle transformation sociale», de l’avis de Fouad Benseddik. Cependant, il faut préciser que les 3/4 de ces chefs de ménage n’ont aucune activité ni aucun revenu. Ce qui constitue un véritable facteur de précarité. Elles dépendent de l’aide des proches, des soutiens alimentaires et vestimentaires suite à leur contribution à des travaux domestiques ou à la mendicité. Les femmes emprisonnées représentent une minorité, soit 2% de la population carcérale. «Les veuves et les divorcées constituent la plus grande part de cette catégorie», a expliqué Benseddik. Les motifs d’emprisonnement sont liés au trafic de drogue, aux homicides et aux infractions contre la morale publique.

 

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