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Analyse

Statut des femmes: L’écart entre les genres se réduit

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4761 Le 28/04/2016 | Partager
Une avancée constatée par le CESE au niveau de la scolarisation
Résultat, près de la moitié des effectifs des grandes écoles sont féminins
Mariage des mineurs, polygamie, protection judiciaire… des réformes inachevées
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La persistance des violences à l’égard des femmes constitue une source de préoccupation, selon le CESE, qui pointe le fatalisme de la société face aux différentes formes d’incivilité basées sur le genre (Ph. L’Economiste)

Même si les femmes continuent à faire l’objet de discriminations et d’inégalités, elles ont tout de même réussi à percer, notamment en termes d’éducation et de formation. Fouad Benseddik, membre du CESE catégorie des experts, n’hésite pas à affirmer que «l’élite de demain sera féminine». Les avancées du Maroc en termes de généralisation de la scolarisation commencent à donner ses fruits. Aujourd’hui, «les jeunes filles représentent 40% des effectifs des grandes écoles et 55% dans les instituts et écoles supérieurs», selon le projet de rapport du CESE sur les aspects sociaux de l’égalité homme/femme. Globalement, le taux de féminisation des diplômés du cycle normal de l’enseignement supérieur a dépassé 50% dans plusieurs filières. Il est de plus de 70% en médecine dentaire, 62% en commerce et gestion, 57% en médecine et pharmacie et 54% en technologies. Néanmoins, face à ces progrès, certaines inégalités ont la peau dure. Cela est particulièrement vrai pour la difficulté d’assurer la continuité de la scolarité des filles. Le taux d’abandon reste important, avec 3% au primaire et 10% dans le secondaire. Parallèlement, le taux d’analphabétisme est deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
Il faut dire qu’il s’agit d’une situation favorisée par la condition des femmes dans la société. Le rapport du CESE met l’accent sur «le caractère ambivalent, à la fois dynamique et fragile du consensus national sur l’égalité». Pour les rédacteurs de ce document, «aucun progrès n’est jamais définitivement protégé. Les risques de régression ne sont jamais nuls».
Par exemple, la réforme de la Moudawana il y a plus d’une décennie n’a pas empêché la persistance du mariage des mineures. Le rapport du CESE rappelle que «le nombre d’autorisations de mariages de filles et le taux d’approbation ont augmenté durant les dernières années». En 2011, 1 mariage sur 8 impliquait une mineure. Dans 1 cas sur 3, elles ont moins de 16 ans. La situation n’est pas meilleure concernant la polygamie. Des ONG citées dans ce rapport ont mené un examen qui a porté sur 75.173 contrats de mariage, seul 1 sur 1.000 comportait une clause de monogamie. Les statistiques officielles avancent que seuls 0,3% des mariages sont polygames, mais «le taux de demande d’autorisation de ce type d’union reste élevé. En 2010, près de la moitié de ces pétitions ont été accordées», peut-on lire dans ce document. La relation des femmes avec le système judiciaire semble s’inscrire plus dans une logique de compassion que de prévalence des droits, est-il noté. De façon générale, «les indicateurs demeurent limités concernant les conditions d’accès des femmes à la justice et de protection judiciaire de leurs droits», peut-on lire dans ce document.
Cette situation déplorable interpelle la responsabilité du gouvernement. Les responsables du CESE ont mis sur la table un diagnostic et des recommandations, à même de favoriser un débat autour de ces sujets. Le projet de rapport du CESE pointe le retard des projets de loi relatifs à la protection des femmes et à l’instauration de la parité. Surtout qu’elles sont aujourd’hui victimes de différentes formes d’incivilité, envers lesquelles «la société a développé une sorte de fatalisme». Les agressions des femmes dans la rue et espaces publics sont souvent tolérées par la société, pour des motifs liés à une grille de valeur conservatrice. Jusqu’à maintenant, les projets de loi mis dans le circuit d’adoption, portant sur le renforcement des droits des femmes, sont rejetés par les ONG, qui accusent le gouvernement conduit par le PJD, d’avoir vidé l’article 19 de la Constitution de son sens.
Pour Fouad Benseddik, la société est aussi responsable. Car, «il s’agit d’une relation dialectique». En clair: «le contexte politique ou l’orientation du gouvernement ne peuvent pas suffire à expliquer la situation difficile des femmes et la dégradation des indicateurs de leur implication dans la vie publique». Il a appelé à dépasser cette logique de confrontation, car il s’agit d’une question vitale, dans laquelle «il ne doit y avoir ni vainqueur ni vaincu».

Comment inverser la tendance?

L’atténuation des discriminations à l’égard des femmes passe par une prise de conscience de leur véritable place dans la dynamique sociale et économique. Les recommandations du CESE insistent sur l’importance de «lutter contre les stéréotypes via des programmes adaptés et crédibles, devant toucher toutes les tranches d’âge». Les pouvoirs publics doivent également s’impliquer davantage en «déclarant une décennie pour l’égalité réelle, avec des objectifs précis». La parité «doit aussi être placée comme un élément central dans toutes les politiques publiques». D’où l’urgence de «la mise en place de l’Autorité de la parité, dotée de prérogatives réelles quasi-judiciaires». C’est l’un des principaux reproches des ONG au projet de loi relatif à cette instance, adopté récemment par la première Chambre (cf.www.leconomiste.com). L’égalité doit également faire l’objet d’une définition normative, via une loi, avec des sanctions contre les mauvais traitements, le harcèlement…, selon Fouad Benseddik.

 

 

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