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    Analyse

    Décharges contrôlées
    Casablanca et Rabat n’y arrivent toujours pas!

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4760 Le 27/04/2016 | Partager
    Sur les 75 prévues sur le plan national, à peine 22 réalisées
    Le site de Marrakech achevé et celui de Tanger sera ouvert l’été prochain
    Défaillance des communes dans le suivi et le contrôle de ces sites
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    Source: Ministère délégué chargé de l’Environnement
    La quantité des déchets ménagers mis en CEV et en décharges sauvages est estimée à 6,3 millions de tonnes par an. Les CEV réalisés à ce jour permettent de traiter près de 53% des déchets produits. Des efforts restent encore à faire pour le recyclage des déchets

    Grosses défaillances envisagées à l’horizon 2020 dans la poursuite des objectifs du Programme national des déchets ménagers (PNDM). Ce chantier d’envergure, inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable, avance tant bien que mal arrivant difficilement au tiers de ses réalisations alors qu’il ne reste que 4 ans avant son échéance. Près de 40 milliards de DH ont été dédiés à la réalisation de centres d’enfouissement et de valorisation (CEV) et aux déchets collectés et traités.
    Un programme national qui a pour ambition la fermeture et la réhabilitation d’une partie des décharges sauvages éparpillées dans les différentes agglomérations urbaines. Pour l’heure, valeur fin mars dernier, seuls 22 CEV étaient au point sur les 75 prévus à l’horizon 2020. Cela a permis l’enfouissement de près de 3,37 millions de tonnes de déchets sur un total dépassant les 6,3 millions de tonnes, soit un taux d’enfouissement de plus de 53%. Parent pauvre de ces opérations, le taux de recyclage qui, lui, ne décolle pas des 10%.
    Parmi les villes qui ont réussi le pari des centres d’enfouissement, Fès, Oujda, El Jadida, Essaouira, Agadir, Nador, Dakhla, Mohammedia-Benslimane ou encore Laâyoune et Khouribga. Trois projets sont en cours, les travaux du site de Marrakech sont presque achevés et la mise en service de celui de Tanger est attendue pour l’été prochain. De belles avancées, mais qui n’ont pas encore gagné les «capitales» du Maroc, Casablanca et Rabat. La

    decharges_controles_060.jpg

    métropole casablancaise n’arrive pas encore à se doter d’une décharge contrôlée en mesure d’assurer le traitement de ses déchets selon les normes environnementales en vigueur. On se contente jusqu’à présent de stocker les déchets de la métropole, près de 3.500 tonnes par jour, au niveau de la décharge de Médiouna. Les responsables du conseil de la ville peinent encore à mobiliser du foncier pour permettre l’extension du site en exploitation qui a atteint les limites de sa capacité, ce qui permettrait sa transformation en décharge contrôlée.
    Rabat dispose déjà de ce genre de site situé dans la commune d’Oum Azza, mais c’est son exploitation qui met à nu des dysfonctionnements. L’autorité délégante comprenant les onze communes concernées ne s’est pas réunie depuis plus de 4 ans, rappelle un élu de la ville de Témara. Ce qui se traduit négativement sur le suivi et le contrôle du fonctionnement de la décharge dont la gestion déléguée est confiée à Teodem, filiale du Groupe Pizzorno. Les odeurs qui se dégagent à partir du site représentent un sacré point noir soulevé par les élus et une partie des citoyens de la région.
    Pour la direction du Pizzorno, il y a d’autres facteurs qui sont derrière ces odeurs (voir aussi interview p. 5). «Le problème des odeurs est également posé au niveau du centre de tri de notre commune, du fait que les déchets restent déposés plus que 24 heures avant leur acheminement à la décharge», signale Moh Rejdali, maire de Témara qui vient de reprendre la présidence de l’autorité délégante du secteur des déchets. On reproche également au gestionnaire de la décharge, le retard dans la réalisation du programme d’investissement comme prévu dans le contrat. Sans oublier le problème des infiltrations du lixiviat survenu il y a quelques années. Selon une source proche du dossier, le climat est tendu entre Gérard Prenant, DG du groupe Pizzorno Maroc, et les responsables locaux. Une opération d’inspection sur le fonctionnement et la gestion de la décharge a été effectuée, il y a quelques mois par les services d’inspection du département de tutelle. «Nous attendons les résultats du rapport d’inspection pour nous permettre d’apporter des corrections aux dysfonctionnements relevés», indique Said Zniber, directeur des exploitations Maroc du groupe Pizzorno.

    Retard de paiement

    La majorité des communes enregistre un retard de paiement de plusieurs mois envers le groupe Pizzorno. Pour la commune de Témara, l’ardoise avoisine les 18 millions de DH. Le nouveau maire rejette la responsabilité sur son prédécesseur. «A la fin de mon mandat en 2009, le groupe ne devait à la commune aucun dirham», rappelle Rejdali. Ce dernier affiche sa volonté d’assainir progressivement la situation. Mais en contrepartie, il invite l’opérateur français à assumer ses engagements prévus dans le contrat.

     

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