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    Régions

    Taza oublie de traiter ses gouffres

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4759 Le 26/04/2016 | Partager
    Une enseignante trouve la mort dans les grottes de Friouato
    Rampes, échelles, planches,... des ONG avaient recommandé la sécurisation du site, en vain
    Le site fermé depuis le drame
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    C’est dans cette première descente d’escaliers que la pauvre enseignante a trouvé la mort dans un éboulement rocheux. Et dire qu’il s’agit de la partie «sécurisée» de la grotte...

    La mort d’une enseignante, samedi dernier, à la suite d’un éboulement rocheux dans le gouffre de Friouato, près de Taza, servira-t-elle d’électrochoc? Poussera-t-elle enfin les autorités à sécuriser les sites touristiques et à les mettre aux normes internationales? L’enseignante pourrait devenir un symbole de tout cela... En tout cas, à l’origine de ce décès, une «journée découverte» qui s’est mal terminée.
    En fait, la jeune femme accompagnait un groupe d’élèves en excursion scolaire dans la commune Bab Boudir. Elle ne savait pas que son voyage, ce 23 avril 2016, allait être le dernier de sa vie. L’affaissement survenu à quelques dizaines de mètres de l’entrée de la grotte a également fait six autres blessés dont cinq élèves et une autre enseignante. «La victime a succombé dans la partie sécurisée de la grotte», rapporte Mohamed Kassimi, président de l’Association de la grotte de Friouato (AGF). «J’avais adressé plusieurs lettres aux différents départements ministériels, autorités, et autres, pour les alerter sur la situation de la grotte… mais en vain», déplore-t-il. Suite au drame du week-end dernier, les autorités ont décidé de fermer le site aux visites. Auparavant, seules les personnes en bonne santé avaient l’autorisation d’accès. «Puisque le règlement intérieur interdit aux individus souffrant de diabète et problèmes cardiaques et respiratoires d’y accéder», précise Kassimi.     
    Site rendu célèbre dans les années 1930, Friouato avait comme seul accès le trou d’effondrement. En 1932, un tunnel d’entrée a été creusé dans la caverne. Il s’agissait d’un projet commun entre les Travaux publics et le Syndicat d’initiative de Taza. Entre 1935 et 1955, le club de spéléologie de Taza, mené par J.J et André Paille, a cartographié et exploré Friouato. Cet effort s’est soldé par la réalisation des premières cartes détaillées de Friouato. Ces cartes sont maintenant en la possession des Forêts de Taza, du centre d’information de Bab Bouidir, et au poste de gardiennage de Friouato près de l’entrée des grottes.
    Il y a quelques années, plusieurs associations locales avaient appelé à la protection de l’environnement fragile de la grotte et à sa sauvegarde. D’autant plus que les estimations des associatifs font état de quelque 10.000 à 15.000 visiteurs par an. «Il faut soit limiter l’accès à la grotte aux visiteurs, soit  les y accompagner», indique-t-on. «Il serait possible d’avoir deux zones de protection. La première, déjà en place, est l’aven», soulignent les militants associatifs. «Si des visiteurs vont jusqu’au fond de l’aven, ils devraient être accompagnés par un gardien et une porte verrouillée devrait être installée pour empêcher les visiteurs non accompagnés de descendre plus bas», estiment-ils.
    Certains sont allés jusqu’à proposer plusieurs axes d’intervention afin de mieux sécuriser le site. «Les premières améliorations nécessaires sont la réparation et le remplacement de la rampe dans la partie de l’aven de la grotte. Ceci améliorera la marge de sécurité qui sera nécessaire avec l’expansion du tourisme dans la zone et permettra la réparation  d’un vieux système de rampe qui est peu sûr», lit-on dans le rapport de l’AGF. Celui-ci insiste sur l’ajout d’un système d’éclairage pour permettre des visites de nuit et pour souligner divers aspects de l’aven, et l’installation de bancs au fond de cet espace pour que les visiteurs puissent s’arrêter et jouir de la beauté de Friouato.
    Pour la caverne elle-même, il faut renouveler tout l’arsenal de sécurité et de logistique (échelles, rampes, planches, et système d’éclairage) pour faire valoir le site et contrôler les mouvements des visiteurs. Ces articles font généralement partie de l’infrastructure normale des grottes pour assurer la protection des visiteurs. «Après l’installation de ces modifications à Friouato, il devrait y avoir une inspection annuelle suivie des travaux de maintenance et de réparation nécessaires», propose l’AGF.
    Comme toute autre attraction touristique dans les pays développés, Friouato doit être maintenue et améliorée en réponse aux pressions du tourisme. Grâce à ce gouffre, Taza devrait drainer annuellement plusieurs milliers de touristes. Ceci, si la gestion des flux et la sécurité des visiteurs de ce site sont assurés adéquatement. Une mission que devraient se partager, dans le cas de Friouato, les départements de la Culture, le Tourisme, les Eaux et Forêts, l’autorité locale… outre la société délégataire.

    Mise en garde

    Pour les responsables de l’Association de la grotte de Friouato, les installations de cette grotte mériteraient une mise à niveau d’urgence. Outre le remplacement et l’amélioration de la rampe existante dans l’aven pour augmenter la sécurité, ils proposent la création d’une aire de repos avec des bancs sur le fond de l’Aven, la mise en œuvre d’un système d’éclairage pour souligner la beauté naturelle de la caverne, ainsi que la réparation des échelles à l’intérieur de la grotte. La mise en garde concerne aussi l’ajout des échelles, des marches et des rampes dans la caverne ainsi que le système d’éclairage. Ces améliorations aideraient Friouato à devenir une attraction touristique de première importance tout en incluant la sécurité des visiteurs et en permettant une meilleure protection de la grotte. Celle-ci n’ouvrira pas au public tant que la sécurité n’y sera pas entièrement garantie.

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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