×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Marque digitale «Il n’y a pas d’expertise type, ni de recettes magiques»

    Par Amine ATER | Edition N°:4759 Le 26/04/2016 | Partager
    Les opérateurs se doivent de démystifier le mastodonte 2.0
    Accélération des us et usages du web en 4 ans
    yasser_monkachi_059.jpg

    Yasser Monkachi, spécialiste du web branding, expert digital et CEO de Social Impulse: «Pour communiquer sur le web, il faut d’abord se connaître, pour se faire remarquer, et ensuite mieux se faire reconnaître»

    - L’Economiste: Comment vous appréciez la digitalisation des marques?
    - Yasser Monkachi:
    Ce phénomène d’accélération est vécu d’une manière de plus en plus exponentielle. Le web 2.0 date de 10 ans et le web 1.0 date de 30 ans. Nous avons vécu la période du web 1.0 (de 1991 à 2001) de manière très lente, l’évolution était très lente. Il n’y avait que des sites pornographiques, statiques et le web a évolué d’une manière étendue parce que l’on initiait les choses. Le web 2.0 avec l’apparition de l’ADSL, des réseaux sociaux, des blogs, a accéléré le phénomène. Depuis 3 à 4 ans, l’on vit une accélération foudroyante, avec le mobile, l’accélération des débits de par le monde, mais aussi grâce à la maturité des réseaux sociaux ou encore l’arrivée de plus en plus d’internautes par millions, voire milliards.  Ce qui a donné cette participation collective, le crowdsourcing, le crowfunding et tous les phénomènes qui favorisent aujourd’hui la participation de tous dans la création de l’information/contenu, la création de la valeur travail ou encore la co-création. Ce qui implique une participation humaine qui s’allie à une part d’intelligence artificielle et de la technologie. Mais il y a aussi le mobile, les tablettes, la technologie qui intègre nos maisons, transforme nos habitudes, nos us et notre intelligence. Ce qui fait que depuis 3 ans, l’on vit une accélération de ce processus qui a démarré depuis la démocratisation du web en 1991.  

    - Quels sont les fondamentaux pour optimiser la stratégie digitale des entreprises?
     - Il n’y a pas de recette et il n’y a pas d’expertise type, ni de formules magiques. Aujourd’hui pour optimiser, face à cette accélération exponentielle, à cette innovation constante, à ces changements et ces mutations…  nous sommes impuissants devant à cette pieuvre 2.0 qui est en train de nous dépasser. L’enjeu est d’identifier la manière d’accéder à ce mastodonte digital. Ce qui dépend du contexte de chaque organisation. Pour une marque média, elle doit définir le périmètre d’où elle va aborder ce mastodonte. Une marque mobile va aller dans la mobilité, la création de services, l’ubérisation… Il ne faut pas prendre ce digital par tous ses points d’accès, parce que c’est impossible, vu que cela dépasse même l’intelligence collective et de loin l’intelligence individuelle. Aujourd’hui, avec l’infobésité, nous n’arrivons plus à suivre l’information. Personne, même avec l’aide de logiciels,  n’arrive à suivre l’information. Personne n’arrive à faire une veille intelligente ni un benchmark efficient parce que cela va vite et cela change tous les jours. Résultat, il n’y a plus d’experts, ni de recette miracle. Pour optimiser plus que la technologie, il faut se connaître. Quel est mon contexte, ma culture, mes contraintes… Qu’est-ce que je cherche? Et déterminer des indicateurs de performance qui sont propres à moi. En clair, si j’estime connaître mes capacités, maîtriser mes ressources humaines,  mes capacités éditoriales, mes capacités technologiques, que je pourrais couvrir un périmètre donné, il faut en faire mon territoire. C’est avant tout une question de capacité et de connaissance de soi. Pour bien communiquer, il y a le personnal branding, c’est une règle dans la e-réputation. D’abord se connaître pour se faire remarquer et mieux se faire reconnaître.

    - Les mutations annoncent des ruptures de modèles économiques… Est-ce inquiétant ou plutôt source d’opportunités?  
    - L’on ne peut ne pas s’inquiéter. Vu que ces nouveaux modèles économiques, disruptifs par nature, créent de l’inquiétude. Compte tenu que l’être humain a pour habitude de se situer dans des zones de confort qui créent une certaine oisiveté et un refus de changement et des mutation… Je trouve que cette inquiétude est légitime aujourd’hui et qu’il faut une gestion de changement qui risque de prendre son temps. Mais la vraie problématique est que cela va très vite et que plus l’on résiste, plus l’obstacle devient plus élevé. A mon avis, il faut y aller avec des pincettes, prendre par le bon bout, mais il faut y aller! Je ne dis pas aux institutions, qu’elles soient marques, annonceurs ou agences, de se jeter la tête la première dans le digital. Bien au contraire, dans la marque digitale, il y a du digital et du non digital, vu qu’une marque qui est dans le digital first  se décline également dans le papier, dans le bouche à oreille et sous d’autres formes. Je ne suis pas pour le 100% digital qui ne peut exister. Le papier existera toujours et le bouche à oreille qui est la plus vieille méthode de communication au monde restera la plus importante. Le digital n’est pas une fin en soi, mais un point historique-clé parmi tant d’autres qu’il faudra prendre en considération vu qu’il y aura toujours des résistances et des communautés dans des zones de confort. La rupture est créatrice de nouveauté, d’innovation et de valeur sans lesquelles l’on ne pourra répondre aux nouveaux besoins qui sont apparus.

    - Quelles perspectives et quels enjeux pour les marques digitales dans des pays comme le Maroc?
    - Le Maroc, qui est au carrefour des civilisations, a toujours eu cette dimension métissée. Notre pays est à la fois africain, arabe, européen… un melting-pot de cultures et d’innovations. Nous sommes précurseurs dans un certain nombre de choses. Des innovations qui malheureusement ne touchent pas le plus grand nombre vu que la pénétration reste faible et à la traîne, en plus de problèmes comme la VoIP ou encore l’écosystème local qui n’arrive pas à s’internationaliser. Aujourd’hui, nous avons opté pour la mondialisation, il faut donc s’y engager dans le cadre d’une stratégie de conquête. De nos jours, la clientèle est au Maroc, mais elle est aussi ailleurs. Aujourd’hui, lorsqu’on crée des start-up au Maroc, l’on doit être capable d’aller au-delà du marché local.  La marque Maroc s’exporte très bien en Afrique ou du moins elle le désire. Nous sommes condamnés à le faire et c’est une extrême nécessité vu que l’on a compris que stagner à l’échelle nationale avec des voisins que l’on connaît ne sert à rien. Du coup, il faut s’ouvrir sur d’autres marchés, d’autres cultures, d’autres formes de compétitivité.
    Propos recueillis par Amine ATER    

     

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc