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    Politique

    Anti-terrorisme
    Comprendre le phénomène pour mieux le combattre

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4757 Le 22/04/2016 | Partager
    La montée de l’extrémisme liée aux défaillances des structures étatiques
    Le Maroc met en garde contre le morcellement des Etats, exploité par les terroristes
    L’exclusion politique nourrit la radicalisation
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    Le processus de mise à niveau du champ religieux, notamment en termes de formation des imams, vise à combattre l’ignorance des jeunes et les prémunir contre l’interprétation sélective des préceptes religieux (Ph Bziouat)

     

    Le terrorisme est devenu un phénomène de plus en plus transnational. D’où la nécessité de mutualiser les efforts pour y faire face. C’est pour trouver des réponses aux nouvelles problématiques qui se posent aux Etats face à cet ennemi, qui fait ravage dans différents continents, que s’est tenu un colloque réunissant les députés de l’assemblée parlementaire des Etats de l’OTAN, en partenariat avec les deux Chambres du Parlement, jeudi à Rabat. L’idée est de mieux comprendre les origines du terrorisme, afin de mieux le combattre. Les débats ont été animés, et la tension montait au point de se transformer en clash entre certaines délégations. Surtout lorsque les interventions ont porté sur l’intégrité territoriale des Etats et leur souveraineté sur leur territoire. Les membres de la délégation algérienne ont été piqués à vif, lorsque Mbarka Bouaida, ministre déléguée aux Affaires étrangères, a évoqué la responsabilité de l’Algérie dans le différend autour du Sahara, notamment à travers l’organisation d’entraînements militaires au profit d’une organisation non étatique armée. Celle-ci constitue une menace pour toute la région, surtout avec la floraison des groupements terroristes dans la zone du Sahel. Les députés algériens ont ressorti le même discours estimant que leur pays n’est pas concerné par cette affaire. Ils ont poussé le bouchon très loin en comparant «la volonté du Maroc d’impliquer l’Algérie dans ce dossier à la relation entre la Jordanie et Israël dans la question palestinienne». Ce qui a suscité l’ire des responsables marocains, notamment Abdelaziz El Omari, ministre en charge des Relations avec le Parlement, qui s’est «opposé à ce dérapage».
    Un autre échange virulent est également survenu lorsque la délégation de l’Arménie s’est attaquée à la Turquie, l’accusant «d’encourager les organisations terroristes comme Daesh, et de mener une stratégie d’occupation des territoires des Etats voisins». La délégation de l’Arménie a été appuyée par celles de Chypre et de la Grèce. Les représentants d’Ankara ont rejeté toute responsabilité, estimant que leur pays «est aussi victime du terrorisme, et reste l’un des plus impliqués dans le combat contre ce phénomène». Quoi qu’il en soit, ces altercations montrent clairement l’ambigüité qui marque la stratégie de lutte contre le terrorisme et sa relation avec les Etats nations. D’où l’importance d’une meilleure compréhension des articulations de ces organisations tentaculaires. Il s’agit de mieux cerner le phénomène d’extrémisme qui sème la terreur dans le monde. Pour François Burgat, directeur de recherche au CNRS France, «c’est difficile d’imaginer que des Etats puissent soutenir un mouvement terroriste quand eux-mêmes sont parmi ses cibles». L’explication des origines de l’extrémisme sont ailleurs, selon lui. François Burgat et Khalid Saqi, directeur de l’Institut Mohammed VI des études coraniques, s’accordent à dire que «le terrorisme n’est pas motivé par des considérations religieuses». Pour Saqi, «il est essentiel de distinguer entre le Coran et les interprétations faites par certains extrémistes».
    Pour les deux académiciens, «la terminologie religieuse utilisée par des groupes comme Daesh sert uniquement de source de légitimation de leurs actes atroces». Le directeur de recherche au CNRS a considéré que «le développement du terrorisme est plutôt lié à des causes d’ordre politique et social». En clair, «c’est la déconfiture des structures étatiques qui laisse le terrain libre à des mouvements terroristes de prendre place au centre des sociétés». Il a été on ne peut plus clair en soulignant que «si le mal de vivre se renforce en France ou en Belgique, nous allons pousser plus de personnes vers le terrorisme». Car, l’une des principales raisons de ce phénomène est liée à «la perte de la première identité, nationale, qui se traduit par la quête d’une autre, forcément religieuse ou ethnique». C’est aussi à cause de l’exclusion de certains groupes de la participation politique. «La guerre civile en Algérie durant les années 90 témoigne de cette situation. Aujourd’hui, le régime égyptien reproduit les mêmes dysfonctionnements politiques qui nourrissent la radicalisation».

    Immunisation

    Certes «l’absence d’un appareil normatif religieux central n’est pas une cause directe de l’exploitation de la religion par l’extrémisme. La présence du Pape n’a pas empêché l’apparition de ce phénomène dans la chrétienté», selon François Burgat. Mais «la réorganisation du champ religieux, à l’instar du processus mené au Maroc depuis 2003, est décisive pour la prévention de ce mal», a estimé, pour sa part, Khalid Saqi. L’essentiel est de «démanteler la chaîne de production des bombes humaines. Car, il ne suffit pas d’arrêter les personnes chargées de l’exécution», a expliqué le directeur de recherche au CNRS. L’idée est d’agir en amont pour «immuniser les jeunes face à l’instrumentalisation par des groupes au service d’agendas particuliers», selon Saqi. Pour lui, «les efforts menés par le Maroc, notamment en termes de formation des imams, visent à combattre l’ignorance des jeunes et les prémunir contre l’interprétation sélective des préceptes religieux».

     

     

     

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