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    Finances-Banques

    Notation souveraine
    Les menaces qui pèsent sur l'investment grade

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4752 Le 15/04/2016 | Partager
    Faible croissance, retard dans la mise en œuvre des réformes structurelles...
    La note de Standard & Poor's inchangée depuis six ans
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    Nourredine Lafhel, analyste crédit senior au sein du secteur souverain chez Standard & Poor's Ratings services: "La note reste contrainte par un PIB par habitant inférieur à celui de pays assortis de notes comparables, d'importants besoins sociaux, un passif net extérieur relativement élevé et la dégradation des déficits extérieur et budgétaire ces dernières années" (Ph. Privée)

    Standard & Poor's vient de reconduire la notation BBB-/A-3 du Maroc assortie d'une perspective stable. Le Royaume garde donc son "investment grade" obtenu en 2010. Le dérapage des déficits budgétaires et du compte courant en 2012 avait poussé les analystes de l'agence de notation financière à ramener les perspectives de la note de stables à négatives. Depuis, les autorités ont corrigé le tir avec une nette amélioration des indicateurs macroéconomiques. Cependant, les progrès ne sont pas suffisants pour franchir un nouveau palier. Le PIB par habitant est inférieur par rapport à des pays similaires. En outre, le chômage et la dette publique constituent des points de faiblesse pour la notation du Royaume. Des changements significatifs sur ces aspects pourraient conduire S&P à relever sa note. Par contre, un rythme de croissance modeste ou encore une rupture dans le train des réformes représentent des menaces pour l'investment grade.

    - L'Economiste: Pourquoi la note du Maroc reste-t-elle figée à BBB- depuis plusieurs années?
    - Nourredine Lafhel:
    Notre notation se base sur un ensemble de facteurs quantitatifs et qualitatifs et sur une approche prospective. L'analyse se concentre sur les fondamentaux du pays, tenant compte à la fois des cycles passés et futurs. Les notes du Maroc sont soutenues par la stabilité politique et sociale du pays, ses perspectives de croissance et son endettement public modéré. Cependant, selon nous, elles restent contraintes par un PIB par habitant inférieur à celui de pays assortis de notes comparables, d'importants besoins sociaux, un passif net extérieur relativement élevé et la dégradation des déficits extérieur et budgétaire ces dernières années.
     
    - A court terme, quels sont les éléments qui pourraient faire évoluer votre opinion?
    - La perspective stable souligne notre opinion selon laquelle la notation du Maroc ne devrait pas évoluer dans les prochains mois. Elle reflète nos prévisions quant à la poursuite de la consolidation des déficits budgétaire et extérieur au cours des prochaines années. La croissance s'améliorera sous l'effet de la mise en œuvre continue de réformes et de la faiblesse des prix énergétiques.

    - Comment appréciez-vous le train des réformes et quelles en sont les conséquences sur votre analyse?
    - Le gouvernement de coalition pluraliste a démontré sa volonté et sa capacité à réformer des programmes substantiels et fiscalement complexes, en particulier le système de subventions, le régime public des retraites et la maîtrise des salaires de la fonction publique.
    Nous constatons toutefois que les manifestations des syndicats et les protestations dans les secteurs de la santé et de l'éducation sont révélatrices d'enjeux sociopolitiques croissants auxquels le gouvernement devra faire face à l'approche des élections législatives d'octobre 2016.  
    Après l'éclatement du printemps arabe en 2011, les subventions accordées aux carburants et aux produits alimentaires ont bondi à plus de 6% du PIB. Cette hausse a contribué à creuser les déficits budgétaires et entraîné une variation annuelle de la dette publique de plus de 6% en moyenne entre 2011 et 2013. Les autorités sont toutefois parvenues à réduire les subventions de manière drastique et ont pris des mesures pour freiner la croissance des dépenses publiques dans d'autres domaines, notamment les salaires de la fonction publique. Nous pensons que le déficit budgétaire reculera à 3,5% du PIB en 2016 (après 4,3% en 2015) grâce aux réformes engagées et à la faiblesse des cours pétroliers. L'objectif de réduction du gap à 3% du PIB d'ici 2017 nous semble réaliste.

    Propos recueillis par
    Franck FAGNON

     

     

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