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    Economie

    Hub Africa: La RSE au-delà des idées reçues

    Par Ayoub IBNOULFASSIH | Edition N°:4748 Le 11/04/2016 | Partager
    La proximité culturelle, un avantage compétitif
    Gros plan sur la responsabilité qui incombe aux donneurs d’ordre
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    Mokhtar Zannad, directeur général de Nielsen, lauréat du prix de l’Entreprise innovante (Ph. F. Alnasser)

    «Au XIXe siècle, on a recruté des bras. Au XXe siècle, on a recruté des cerveaux. Au XXIe, on recrute des cœurs», fait valoir Mokhtar Zannad, directeur général de Nielsen (fournisseur de solutions de recyclage), lauréat du prix de l’Entreprise innovante, édition 2016, du Forum Hub Africa. Cela en dit long sur la dimension interculturelle mise en avant par la plupart des acteurs présents lors de l’événement. Un avantage compétitif sur lequel les entreprises africaines ne capitalisent pas suffisamment pour peser sur la scène internationale. C’est en substance l’un des principaux constats dressés lors du Forum.  
    En dehors des considérations culturelles, la volonté affirmée d’asseoir le rôle de la PME en tant que moteur du développement social sur le continent africain soulève une interrogation majeure: «Sur quelles dimensions les entreprises doivent être accompagnées pour être plus inclusives?».
    L’une des réponses avancées réside dans le rôle des multinationales dans le développement local. Pour la quasi-unanimité des acteurs du Forum Africa, la responsabilité incombe aux donneurs d’ordre. Si les gros industriels africains sont de plus en plus nombreux à adopter une démarche RSE, leur responsabilité sociale ne devrait pas s’arrêter là. Ces opérateurs se doivent aussi de développer une attention particulière vis-à-vis de leurs parties prenantes en vue de les inciter à mener une politique plus respectueuse de l’environnement. Pour lutter contre le travail au noir à titre d’exemple, les grandes entreprises devraient exiger de leurs prestataires la preuve de la déclaration des salariés à la sécurité sociale et du paiement des cotisations de prévoyance sociale (assurance maladie, accident de travail, retraite…). «Les grands groupes devraient inciter leurs fournisseurs à se formaliser tout en veillant à préserver une distribution équitable des marges bénéficiaires sur l’ensemble de la chaîne logistique», recommande Papa Mane Landing, président élu du Centre des jeunes dirigeants international. Les PME africaines adoptent, généralement, des actions de RSE lorsqu’elles souhaitent améliorer leur notoriété ou pour des finalités marketing ou à des fins de médiatisation à très courte portée. D’autres prennent ce virage dès lors qu’il s’agit de contrainte réglementaire ou encore dans le but d’exporter. Toutefois, les PME ont aussi un rôle à jouer à leur niveau pour parvenir à faire émerger la conscience citoyenne. Les actions sont multiples sur le plan social. A commencer par le passage vers plus de formalisme. Le paiement des charges sociales telles que la sécurité sociale ou la lutte contre le travail des enfants sont autant d’exemples avancés.   
    Cela dit, les leviers dont dispose le secteur privé restent limités. L’administration publique a également le devoir d’exemplarité en mettant en place un cadre législatif stable et inscrit dans le long terme. Il est également question d’instaurer un climat de confiance favorable au doing business. «Dans le Maghreb, il y a un manque de confiance entre les entreprises et les investisseurs, entre les chercheurs et les industriels», relève Louis Aloccio, vice-président du CCI Marseille Provence. La compétitivité passe aussi par la quête de complémentarité entre entreprises africaines pour faire face à la concurrence mondiale. «Il y a un intérêt sur le plan géopolitique à favoriser l’émergence d’un axe Europe-Afrique-Méditerranée pour tenir tête aux autres régions du monde», explique Aloccio.  

    Perception des consommateurs

    Autre facteur qui plombe le développement économique du continent: l’inadéquation entre l’offre et la demande. La montée en gamme de la formation et le développement des TIC à l’échelle du continent sont à l’origine de l’évolution de la perception des consommateurs africains. Face à cette prise de conscience du consommateur, tout l’enjeu pour l’entreprise est de combiner entre l’ensemble des problématiques liées à la gestion de production, des prix bas du fait d’une concurrence mondiale, tout en demeurant respectueuse de l’environnement. L’innovation semble être la solution.

    Des leaders de la RSE au Maroc

    Au Maroc, les industriels sont nombreux à avoir adopté une démarche RSE. Le groupe OCP est pionnier dans ce domaine. La mise en place du pipeline transportant le phosphate de Khouribga vers Jorf Lasfar a permis au groupe d’économiser 900.000 tonnes par an de gaz à effet de serre. L’Office est également très impliqué dans l’écologie industrielle en mettant ses déchets à disposition d’une cimenterie qui se charge de les traiter en vue d’en tirer une rentabilité. Autre exemple concret, le cas de Managem qui a signé avec les riverains de ses sites un contrat social en vue de mieux orienter sa politiques RSE sur les besoins des populations vivant à proximité des unités d’extraction. Cosumar a pour sa part mis en place un baromètre qui mesure le taux de satisfaction des agriculteurs pour se rapprocher davantage d’eux. L’unique groupe sucrier au Maroc a pu ainsi réduire, entre 2006 et 2015, sa consommation d’énergie et d’eau de respectivement 27 et 76%.

     

     

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