×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Entreprises

Alliances: La diète qui a eu raison de la dette

Par Aïda LO | Edition N°:4748 Le 11/04/2016 | Partager
Cession d’actifs, liquidation du pôle construction…
L’endettement passe de 8 milliards de DH à 4,6 milliards
Le groupe a dégagé plus de 400 millions d’argent frais
alliances_048.jpg

Alliance s’est dotée d’une nouvelle gouvernance. La direction sera désormais centralisée au niveau du groupe (et non pour chaque filiale). Ce qui permettra de réduire les charges des fonctions support. Au passage, trois nouveaux administrateurs indépendants siégeront au conseil (Marc Lamy, Bertrand Julien-Laferrière, Mustapha El Alami)

Régime de l’extrême pour Alliances. Pour redresser l’entreprise, le management s’est résolu à céder aux exigences des banques pour la réduction de sa dette. «C’est dans ces moments difficiles qu’une entreprise doit faire preuve de plus de souplesse», confie à L’Economiste Ahmed Ammor, le directeur général d’Alliances. Sa nomination en début d’année a envoyé un signal fort au marché. Et d’abord de la confiance (voir encadré). Alliances s’accroche! Aujourd’hui, l’exécution du plan de restructuration semble en bonne voie. Alliances a conclu avec un pool de sept banques un protocole d’accord portant sur la cession d’actifs. L’objectif est de diminuer la dette, de réduire les frais financiers et de créer de la «New money», à travers des dations (les produits tirés de la vente d’un périmètre d’actifs prédéfinis). Un arrangement qui commence à porter ses fruits. L’entreprise parvient à s’extirper partiellement de sa dette estimée à près de 8,2 milliards de DH à fin 2015 (3,8 milliards de dette bancaire et 4,4 milliards de DH de dette privée). Réduit de moitié, le niveau d’endettement se limite désormais à 4,6 milliards de DH. Le groupe a même pu dégager de l’argent frais (un peu plus de 400 millions de DH) prêt à être injecté dans les projets en cours de construction.
Le groupe travaille également sur la réduction de sa dette privée. Les discussions avec les banques ont duré jusqu’au 15 mars dernier afin de sélectionner un univers d’actifs à proposer aux détenteurs d’obligations. Les porteurs de titres vont se faire rembourser par des actifs immobiliers. Tout est mis en place pour le déclenchement du processus. Après avoir nommé le centralisateur et le notaire en charge du dossier, le groupe a fixé le prix de référence de chaque bien. La procédure s’apparente à une vente aux enchères: le bien reviendra au mieux offrant. Les actifs mis en jeu ont été valorisés à 5,5 milliards de DH.
Au-delà de la réduction de la dette, le plan de restructuration prévoit une augmentation de capital d’un milliard de DH dont 300 millions ont été apportés par l’actionnaire de référence, Mohamed Alami Lazraq. Le reliquat se fera auprès du marché. Le groupe immobilier sera conseillé par deux grandes banques d’affaires de la place pour cette opération.
Au final, «il ne reste que de l’endettement sain, adossé aux projets du groupe», affirme Ammor. Le promoteur poursuit d’ailleurs son activité, face à une demande confirmée, surtout dans le social. Au terme du premier trimestre 2016, ce sont 1.500 unités qui ont été produites sur ce segment. Celles-ci viennent se rajouter aux 5.400 unités créées en 2015. Le carnet de commandes permet d’encaisser 3 milliards de DH. La preuve pour le management que même si l’activité a connu un ralentissement en 2014 et 2015, la machine Alliances est prête à repartir. «Le potentiel est là, on manquait juste de cash pour remonter la pente», souligne Ammor.  Alliances dispose encore d’un portefeuille de projets qui permet de sécuriser les revenus et les résultats des prochaines années. Ce sont 23 projets dans le social qui sont en cours.
Concernant le pôle résidentiel et golfique, le groupe s’attelle à la livraison de trois grands projets: les Terrasses Dar Essalam, le projet Clos des Pins à Rabat, et Iken Park à Agadir. L’ensemble de ces projets correspond à une valeur immobilière totale de 2,5 milliards de DH, dont près de 60% sont déjà sécurisés par le niveau des ventes actuelles. Pour Lixus, un comité constitué des ministères de tutelle a été formé pour trouver des solutions capables de redynamiser le projet. «De notre côté, nous sommes ouverts à toutes les propositions», déclare le DG. Ce projet d’envergure (1,7 milliard de DH d’investissement) rentre dans le cadre du plan Azur initié par l’Etat. Mais la conjoncture difficile et le tourisme timide ont eu raison du programme. Entre-temps, les coûts et charges de Lixus pèsent sur les finances du groupe. Les frais de gestion s’élèvent à 440 millions de DH. Chaque année, le promoteur dépense plus de 102 millions de DH pour l’entretien de la station. Celle-ci n’est pas intégrée dans le programme de restructuration. Le management espère un dénouement proche de la situation de Lixus. Le résultat du plan de sauvetage ne sera que meilleur, après coup. D’où l’urgence de trouver une solution concrète pour ce projet afin de permettre au groupe de se remettre rapidement sur pied.
La situation financière a mis en évidence la nécessité pour l’entreprise de se redimensionner. A commencer par la liquidation du pôle construction -avec les filiales EMT- qui compte pas moins de 10.000 salariés. Pour le management, le groupe s’était éloigné de son cœur de métier avec la création de ce pôle. Alliances veut désormais se recentrer sur son activité de base: la promotion immobilière. Par ailleurs, la réorganisation se traduit par une centralisation des fonctions support et des métiers avec pour objectifs, entre autres, d’optimiser les charges fixes. L’entreprise cible une réduction de 50% de ses frais généraux de gestion. Le personnel du groupe se limite aujourd’hui à 638 salariés (contre 890 en 2015 et 984 en 2014).  
Pour se sortir de la crise, le groupe s’est tenu aux exigences des banques à travers la mise en place d’une nouvelle gouvernance. Celle-ci se base sur la séparation de la fonction du président du conseil d’administration et du directeur général. Le conseil d’administration sera présidé par Mohamed Alami Lazraq. Il se concentrera donc sur les orientations stratégiques du groupe. Au passage, trois nouveaux administrateurs indépendants siégeront au conseil (Marc Lamy, Bertrand Julien-Laferrière, Mustapha El Alami). Les commandes opérationnelles de l’ensemble des filiales seront centralisées au niveau du groupe à travers la création de six comités dédiés notamment à l’audit, la rémunération, la direction et l’investissement.

Ahmed Ammor, l’homme des sauvetages

alliances_048.jpg

 

Nouveau challenge pour Ahmed Ammor. Cet ancien président du directoire de TMSA (TangerMed) a pris ses nouvelles fonctions au sein du groupe immobilier le 5 janvier 2016. Sa mission est claire: remettre l’entreprise sur les rails de la solvabilité. L’exercice n’est pas inédit dans le parcours d’Ammor. Le nouveau directeur général d’Alliances s’est illustré dans d’autres secteurs. Directeur financier puis secrétaire général de l’Office d’exploitation des ports (ODEP), il occupera quelques années plus tard les mêmes postes au sein de la Royal Air Maroc (RAM).  Ahmed Ammor est bien connu des sportifs pour avoir dirigé le Raja lors de son épopée glorieuse. Lors de son mandat, l’équipe casablancaise verte et blanche avait remporté 7 titres: 4 championnats du Maroc, une coupe du Trône, la super-coupe d’Afrique, ainsi que la coupe afro-asiatique. Des contraintes familiales l’ont malheureusement poussé à ne pas renouveler son mandat.
Il s’est également fait remarquer dans le domaine de la culture. Président du Festival de Casablanca pendant deux éditions, il poursuit un temps sa carrière dans cet univers via sa participation à l’Exposition internationale de Saragosse en 2008 avant de s’envoler pour la Chine en 2010 -en tant que commissaire du pavillon marocain- pour l’Exposition universelle de Shanghaï.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc