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Economie

Prévisions de croissance
Le taux du gouvernement difficilement atteignable

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4739 Le 29/03/2016 | Partager
Un consensus des prévisionnistes dont la Banque mondiale
Le secteur non-agricole peine à devenir une locomotive
La Banque mondiale prévoit un taux de croissance de 1,7%
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Jean-Pierre Chauffour, économiste principal Maroc à la Banque mondiale: «Accélérer ce processus de transformation suppose la mise en œuvre de nombreuses réformes structurelles et transversales qui touchent aux institutions du Royaume, notamment aux institutions censées réglementer le fonctionnement des marchés pour une allocation plus efficiente du capital et du travail»

(Ph. L’Economiste)

Même si l’économie est moins dépendante des aléas de la pluviométrie que par le passé, ces derniers continuent à avoir un impact significatif sur la production, l’emploi et les revenus des ménages. Jean-Pierre Chauffour, économiste principal pour le Maroc et coordonnateur des échanges régionaux, Moyen-Orient et Afrique du Nord à la Banque mondiale, analyse la croissance au Maroc. La Banque mondiale a revu ses prévisions mais reste néanmoins plus optimiste que le HCP, le  CMC et la Banque centrale.  Elle prévoit un taux de 1,7%.

- L’Economiste: Comment la Banque mondiale apprécie-t-elle la croissance au Maroc en 2016?
- Jean-Pierre Chauffour:
En 2016, le Maroc est principalement confronté à deux chocs exogènes aux effets opposés sur la conjoncture économique. D’un côté, des cours pétroliers à leur plus bas niveau continuent à profiter aux consommateurs et au pays dans son ensemble avec une réduction significative de la facture pétrolière. De l’autre, le retard pluviométrique de la présente campagne agricole a compromis les récoltes céréalières et donc la production agricole. Au total, après une année 2015 tirée par une campagne agricole 2014/2015 exceptionnelle, l’économie marocaine subit cette année le contrecoup de cette bonne performance agricole. Cela montre que même si l’économie est moins dépendante des aléas de la pluviométrie que par le passé, ces aléas continuent à avoir un impact significatif sur la production, l’emploi et les revenus des ménages. Une augmentation significative de la production dans les secteurs de l’industrie et des services sera nécessaire pour mettre le pays à l’abri des caprices du ciel.   

- Selon vous, la prévision de 3% du gouvernement est-elle tenable?
- Lors de la présentation de la loi de Finances en octobre 2015, c’est-à-dire avant que l’épisode de sècheresse ne soit connu, le gouvernement misait sur une croissance du PIB de 3 % sous l’hypothèse d’une production céréalière de 70 millions de quintaux, d’un regain progressif de dynamisme chez les principaux pays partenaires et d’une tendance baissière des cours internationaux  des matières premières. Depuis cette date, à l’exception du FMI, tous  les organismes et institutions ont été amenés à revoir à la baisse leurs prévisions pour 2016.  En janvier, le HCP a projeté un taux de croissance de 1,3 % sur la base d’une production céréalière en-deçà de 40 millions de quintaux. En février,  le CMC  a également revu à la baisse sa projection de croissance à 1,2%, y compris sur la base d’une baisse de performance du secteur non agricole. Enfin, en mars, BAM a annoncé une projection de croissance de 1% sur la base d’une production céréalière de seulement 38 millions de quintaux et une progression limitée du PIB non agricole. Le consensus des prévisionnistes semble donc être que le taux de croissance initialement avancé par le gouvernement soit difficilement atteignable. Quant à la Banque mondiale, nous avons également revu à la baisse nos projections. Sur la base des précipitations tardives qu’a connues le Royaume en février-mars  et leurs effets positifs sur l’arboriculture, les cultures printanières et l’élevage, nous sommes cependant sensiblement plus optimistes que d’autres analystes et tablons sur une croissance du PIB de 1,7% en 2016.

- Quels sont les points de fragilités qui plaident pour des niveaux assez bas?
-Au-delà de la conjoncture de l’année 2016, il est intéressant d’observer que le chemin de croissance du Maroc depuis la crise de 2007 s’inscrit sur une tendance légèrement baissière.  Notamment, les pics de croissance sont de plus en plus bas.  Cela s’explique en partie par la difficulté du secteur non-agricole dans son ensemble à devenir la locomotive de l’économie. Même si les stratégies mises en œuvre au cours de ces dernières années ont permis d’impulser une nouvelle dynamique dans des secteurs stratégiques à l’instar de l’agro-industrie, des phosphates, de l’énergie, et de l’industrie manufacturière, force est de constater que ces stratégies sectorielles n’ont pas encore eu l’impact systémique souhaité sur l’ensemble du tissu économique marocain. Des succès sectoriels retentissants cohabitent avec des secteurs en proie à de grandes difficultés.  
Tel est le défi auquel sont confrontées nombre d’économies émergentes en phase de transformation structurelle. Accélérer ce processus de transformation suppose la mise en œuvre de nombreuses réformes structurelles et transversales qui touchent aux institutions du Royaume, notamment aux institutions censées réglementer le fonctionnement des marchés pour une allocation plus efficiente du capital et du travail et une meilleure intégration du Maroc dans le commerce international.
Propos recueillis par
Khadija MASMOUDI

 

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