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Culture

Quand les artistes questionnent l’exil

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4737 Le 25/03/2016 | Partager
L’exposition se poursuit à la galerie Bab Rouah jusqu’au 31 mars
Le projet comprend aussi une rencontre, un colloque et des projections
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«Sous les cendres» est une installation en béton de Mustapha Akrim. Chaque étagère raconte une histoire à travers des objets liés à la mémoire de l’exilé (Ph. AB)

Au cœur de l’actualité, l’exil est aujourd’hui un sujet qui s’impose par sa pertinence. Né d’un projet d’exposition, le programme «Exils» s’est enrichi d’une rencontre, d’un colloque et d’autres manifestations autour de cette thématique, en tant qu’élan fondateur de la pensée de l’action humaine. «J’ai choisi d’inviter cinq artistes d’âge, de nationalité et de sensibilité différents, utilisant des médiums variés», explique la directrice du projet, également commissaire de l’exposition, Nadia Sabri. L’on retrouve parmi eux deux artistes marocains, Zineb Andress Araki et Mustapha Akrim, l’Allemande Ulrike Weiss, l’Espagnol Josep Ginestar et Myriam Tangi venue de France. L’exposition en cours à la galerie Bab Rouah se poursuit jusqu’au 31 mars.
Le projet, né d’une réflexion sur ce mot, invite ces cinq artistes à s’interroger sur la complexité et la richesse des territoires de l’exil. Dès l’entrée, l’exposition s’ouvre sur une installation de l’artiste espagnol, Josep Ginestar. «L’énergie des paroles»  présente un tabouret marocain sur lequel est posée une sphère dorée, avec au sol, de la terre composant un texte d’Ibn El Arabi. Parmi ses autres œuvres, «La Casa», une installation réalisée avec des pierres récupérées à Rabat formant au sol le plan de sa maison espagnole. A travers cette œuvre, il indique son désir d’être, d’habiter, de fusionner avec la géographie et les gens du Maroc.

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Cette œuvre de l’artiste Zineb Andress Araki fait partie d’une série de photographies intitulée «Restless in rest» (Ph. ZAA)

Ensuite, l’on découvre le travail photographique de Zineb Andress Araki. Intitulée «Restless in rest», un titre qu’elle emprunte à Khalil Gibran dans son poème «On houses», l’œuvre questionne la position d’exilés involontaires que sont les habitants de cet espace. A travers cette série poétique, elle capture à travers son regard de photographe un projet, vu ici comme un mur, construit face à la mer, qui devrait être une route destinée aux camions venant du port de Casablanca. «Restless in rest» met en lumière une situation paradoxale d’un lieu tranquille amené à devenir un espace de grande mobilité.
L’exposition se poursuit avec 3 œuvres de l’artiste allemande Ulrike Weiss qui a choisi de porter son regard sur l’exode des juifs marocains dans les années 60, et plus particulièrement sur le travail manuel des femmes. Elle présente une vidéo intitulée «Disparaître apparaître» et une installation avec des dessins sur papier comportant des objets et des vêtements. Quant à la troisième partie, Ulrike Weiss expose une série de tableaux réalisés sur la base de photographies sur lesquelles elle intervient avec le dessin, de la couture en fil d’or…

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Dès l’entrée de la Galerie Bab Rouah, on se retrouve face à l’œuvre «L’énergie des paroles» de l’artiste espagnol Josep Pedro Ginestar. Au sol un texte de Ibn El Arabi composé avec de la terre de Gata (Andalousie) (Ph. AB)

Myriam Tangi,  quant à elle, interpelle la notion de la place de la femme dans les synagogues. Nadia Sabri explique avoir découvert son travail au Musée juif de Paris l’année dernière. Dans ces photographies, elle porte son regard sur ce que les femmes voient derrière les séparations dans les synagogues. Ce même lieu dans lequel certaines se sentent bénies et d’autres exclues. Elle s’interroge sur deux notions, la séparation homme/femme et la notion de la place de cette séparation.
Pour terminer, Mustapha Akrim expose une installation qui amorce une réflexion sur la mémoire visuelle des exilés.

Son œuvre «Sous les cendres» présente plusieurs étagères en béton qui racontent une histoire intime. Chacune d’entre elles portant des objets qui rappellent à l’exilé son pays natal. Clés, petites valises, bijoux, photos, toutes sortes d’objets considérés comme précieux trônent sur ces étagères. Mustapha Akrim a réalisé plusieurs dessins dans des petits cadres représentant des migrants. Pour l’artiste, le béton symbolise la mémoire, une façon de créer un lien avec l’histoire et le souvenir.
Dans le cadre de ce projet, s’est tenue, en présence des artistes et de la directrice du projet, une rencontre à l’Institut français de Casablanca et un colloque à la Bibliothèque nationale de Rabat (BNRM) avec des universitaires, des artistes et des personnalités de la société civile. Suite au colloque qui a eu lieu jeudi 24 mars, un spectacle vivant a été présenté par la troupe «Coton d’Afrique» sur l’esplanade de la BNRM. Par ailleurs, le café du cinéma Renaissance propose une programmation cinématographique invitant à porter un regard sur la situation de l’exil au Maroc du 25 au 27 mars.

 

 

 

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