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Analyse

Tourisme: Essaouira veut jouer dans la cour des grands

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4735 Le 23/03/2016 | Partager
La ville des Alizés entame une véritable restructuration de son produit touristique
Réaménagement du port, restauration de la médina et des quartiers mythiques, les projets
Une enveloppe d’un milliard de DH y est dédiée
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En l’espace de 5 ans, entre 2009 et 2015, la ville a presque doublé ses nuitées touristiques et ce,  malgré les différentes crises que le secteur du tourisme a traversées

Doucement mais sûrement, la ville d’Essaouira s’impose comme un pôle touristique majeur. Au fil des ans, la cité des Alizés a connu une hausse régulière du nombre d’arrivées des touristes dans les hôtels classés et les maisons d’hôtes. Il en va de même pour le nombre de nuitées. C’est bien simple, entre 2000 et 2015, la croissance a triplé. En 2000, le nombre d’arrivées était de 50.428 touristes et le nombre de nuitées de 102.343, tandis qu’en 2015, on est passé à quelque 165.000 arrivées et pas moins de 417.601 nuitées. Malgré la morosité du secteur, la ville espère dépasser ces chiffres pour 2016. Cette tendance à la hausse semble se poursuivre car, depuis le début de l’année, le nombre de passagers à l’aéroport de Mogador est en constante augmentation. Mais au regard du taux d’occupation, la tendance est plutôt à la baisse depuis 2009. Si la destination a pris du galon, les hôteliers éprouvent, d’année en année, plus de difficultés à remplir leurs unités. Cette dure réalité est une conséquence du nombre croissant d’établissements qui ont vu le jour dans l’hébergement illégal qui devient un véritable phénomène dans la ville, mais aussi les conséquences des crises d’image que traverse le tourisme national.

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En l’espace de 5 ans, entre 2009 et 2015, la ville a presque doublé ses nuitées touristiques et ce,  malgré les différentes crises que le secteur du tourisme a traversées

Et si la ville veut conforter son ambition touristique, il faut booster encore plus les arrivées. Mais pour cela, plusieurs freins doivent être levés. Et en premier, attirer plus d’avions. A ce niveau, des efforts ont été réalisés avec l’arrivée de deux compagnies, Transavia et EasyJet, qui programment 6 dessertes hebdomadaires, mais qui demeurent insuffisantes. Pour que l’impact sur les arrivées soit réel, il faut que l’aéroport draine de nouvelles compagnies aériennes, et plus particulièrement les compagnies allemandes. Car, Essaouira veut s’éviter certains pièges en  misant sur plusieurs foyers émetteurs en concomitance. D’autres challenges attendent la ville: mener à terme les projets qui sont en cours pour l’amélioration du produit. Pour se maintenir sur le radar, une destination a besoin d’un produit qui fait la différence. A ce niveau, le défi principal est de requalifier et réhabiliter les infrastructures désuètes. Surfant sur une année 2015 en hausse en termes de nuitées, la politique publique a identifié plusieurs projets  tels la mise à niveau des infrastructures, l’amélioration de la qualité de service routier, la préservation de l’environnement, le réaménagement du port. Des chantiers de modernisation qui devraient donner un coup de  pouce à la ville touristique.

                                                         

■ Le port de pêche

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Le port de pêche d'Essaouira bénéficie actuellement de travaux d'extension destinés à le doter de nouvelles infrastructures,  pour un coût total de 127,5 millions de DH. Les travaux de ce chantier  mené par l’Agence nationale des ports consistent en l'élargissement du terre-plein sur 2 ha, la construction d'un quai de déchargement du poisson, la construction d'une darse pour élévateur à bateaux, d'une digue de protection de la Sekkala, le dragage et déroctage du bassin du port et la mise en place d'appontements flottants. Ce projet vise aussi à répondre à la vocation touristique de la cité des Alizés. Ainsi le port disposera d'un plus grand espace pour les installations et équipements de salubrité pour la pêche, en conformité avec les normes internationales et européennes.
 
■ Mise à niveau urbaine

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Ce programme de mise à niveau urbaine est doté d’une enveloppe budgétaire de 292 millions de DH et concerne notamment la mise à niveau des équipements de base des quartiers ainsi que la revalorisation des sites à caractère spécifique. Il s’agit de la corniche et des boulevards structurants de la ville (bd Med V, entrées de la ville et boulevard Al Aqaba) ainsi que des places publiques. Il est prévu également la mise à niveau des espaces  publics autour de la médina. Pour ce programme, plusieurs organismes mettent la main à la poche: DGCL, Conseil provincial, Conseil municipal, Société Al Omrane Marrakech et Société d’aménagement de la station touristique Mogador (SAEMOG).
 
■ Réhabilitation du quartier Mellah

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Cet ancien quartier juif d’Essaouira, qui s’étend sur 4 ha et dont la densité moyenne est de 2.000 habitants/ha, bénéficie d’une situation stratégique (à proximité de la mer et de la porte de Bab Doukkala). Et bien qu’il soit riche en patrimoine bâti de grande valeur, il est le plus pauvre de l’ancienne ville. Il s’agit donc, à travers un aménagement détaillé, d’y initier un processus de renouvellement urbain et d’améliorer sa compétitivité. Le plan d’action prévoit notamment de relever ses caractéristiques patrimoniales, architecturales et urbanistiques, de mettre en place des liaisons avec les autres unités de la médina et de valoriser sa trame urbaine originale. La restauration et la reconstruction des défenses marines sont également au programme.

■ Réhabilitation de la médina

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La valeur de la médina d’Essaouira est reconnue par un dahir de 1924 qui classe ses murailles, portes, tours et bastions comme monuments historiques, mais également par l’Unesco qui l’a inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité. Convoité par les touristes et sujet de fierté pour les Souiris, ce trésor est pourtant menacé. Le climat agressif, les mutations socio-économiques, la pression urbaine et la densification anarchique du tissu urbain sont autant de facteurs qui mettent actuellement en péril son potentiel historique, mais également économique et touristique. En réponse à cette dégradation, le programme de réhabilitation comprend un renforcement des infrastructures de la médina: le traitement du cadre bâti, la  réfection des maisons dégradées, la transformation d’équipements de proximité, la restauration, la réhabilitation et valorisation du patrimoine culturel et la restauration d’équipements de culte (une mosquée et 6 zaouiyas). Coût global du programme: 502 millions de DH.

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