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Analyse

ALE Maroc/Etats-Unis
«379 millions de dollars d’IDE en 2014»

Par Safall FALL | Edition N°:4734 Le 22/03/2016 | Partager
150 entreprises américaines au Maroc, pour un total de 50.000 emplois créés
L’ALE a eu ses effets sur le climat des affaires et l’attrait d’IDE
Le volume peu développé des échanges limite l’offre fret
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Pour Jerrold L. Mallory, conseiller économique de l’Ambassade des Etats-Unis à Rabat, le fait que le Maroc ne soit pas un pays industriel contribue aux écarts de performances à l’export dans le cadre de cet accord (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Le constat est quasi unanime chez les exportateurs marocains: les barrières non tarifaires biaisent les rapports d’échanges, surtout sur le segment des produits agricoles. Qu’en pensez-vous?
- Jerrold L. Mallory:
En fait, il s’agit ici de ce qu’on appelle des mesures phytosanitaires ou encore des normes de santé et de sécurité. Ce sont des normes qui visent à protéger les consommateurs américains. Effectivement, ces réglementations peuvent poser problème pour des entreprises qui n’ont pas l’habitude d’exporter vers les Etats-Unis, notamment celles du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Je reconnais que nos normes phytosanitaires sont drastiques. Mais historiquement, les entreprises marocaines exportent plus vers le marché européen. Elles se sont donc habituées au modèle européen du commerce, au fil des années d’échanges entre les deux parties. Pour le marché américain, c’est juste une question de culture, de langue et du faible taux d’échanges en comparaison avec ce que fait le Maroc avec les pays européens. Je préfère donc parler d’un régime commercial nouveau pour les entreprises marocaines plutôt que de barrières. A force d’exporter au marché US, les entreprises peuvent facilement s’adapter aux normes du marché américain et développer une expertise dans ce sens.

- La contrainte de l’insuffisance de l’offre logistique est aussi régulièrement citée parmi les blocages au commerce…?
- Il est vrai que le flux actuel des échanges entre les deux pays ne permet pas encore d’avoir une logistique aussi développée comme celle qui existe par exemple entre le Maroc et les pays européens. Le nombre de liaisons entre les deux marchés est très limité. C’est un aspect qui ne dépend pas forcément du gouvernement américain. Le développement de l’offre logistique est conditionné par l’importance du flux entre les deux pays. Mais les choses évoluent. C’est le cas par exemple du bureau de représentation d’UPS qui pourra développer le transport du fret entre le Maroc et les Etats-Unis. Quand on aura un flux d’échanges plus importants, sûrement la logistique devra suivre. Et je pense que Tanger Med pourra jouer un rôle important dans ce sens.

- Qu’en est-il de la composante IDE?
- L’ALE a eu des effets non négligeables sur le climat des affaires au Maroc. Ce climat s’améliore et se conforme graduellement aux standards internationaux. Le Maroc devient donc une destination plus attractive, capable de drainer plus d’investissements. L’un des exemples qui illustrent ce développement est la loi sur la propriété intellectuelle. Il faut noter que dans le cadre de l’ALE avec le Maroc, nous avons financé beaucoup de programmes pour renforcer la protection intellectuelle au Maroc et encourager l’innovation. Des mesures qui ont encouragé les entreprises, notamment dans le domaine pharmaceutique et de la R&D, d’investir davantage dans l’innovation. D’autres programmes concernent le droit commercial et les tribunaux de commerce avec des formations pour les juges de ces tribunaux, ainsi que le renforcement du droit du travail.
Côté chiffres, on parle d’un total de 379 millions de dollars investis par les entreprises américaines à fin 2014. A ce jour, 150 entreprises américaines opèrent au Maroc, pour un total de 50.000 emplois créés. Ces entreprises, présentes dans des secteurs à haute valeur ajoutée, font confiance au Maroc et croient en son potentiel. L’ALE les a convaincues pour augmenter leurs investissements.
Encore une fois, pour ceux qui mettent le focus souvent sur le déficit commercial, il faut savoir que le fait que le Maroc ne soit pas un pays industriel, contribue à ce gap. Aujourd’hui, beaucoup de composantes et de matériaux qui sont fabriqués par des compagnies américaines sont réexportés vers d’autres destinations. Le Maroc bénéficiera encore plus de cet échange quand il aura une industrie forte.

- S’il fallait renégocier les termes, quels seraient les points sur lesquels vous insisteriez?
- Il est certain que l’Accord de libre-échange n’est pas statique. Il reste un moyen perfectible pour développer les relations bilatérales et les échanges commerciaux entre les deux pays. Les Comités mixtes maroco-américains, composés de responsables des ministères concernés des deux pays, se réunissent régulièrement pour discuter des avancements de la mise en œuvre de cet accord, des blocages et des solutions pour booster les échanges. Il y a donc un suivi régulier de l’accord et surtout des programmes de soutien au Maroc dont le but est de rendre les clauses de l’ALE plus faciles pour les deux parties.
Propos recueillis par Safall FALL

 

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