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Analyse

ALE Maroc/Etats-Unis
10 ans de business à deux vitesses

Par Safall FALL | Edition N°:4734 Le 22/03/2016 | Partager
L’export du made in Maroc a progressé de 127% contre 235% pour les expéditions US
Les produits agricoles ont du mal à percer: 195 millions de dollars exportés sur ce marché
Au-delà de la balance commerciale, les acquis sont bons
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Le business a cumulé 20 milliards de DH en 2015. Ce qui fait du Maroc le 72e partenaire commercial des Etats-Unis

Chacun y va à son rythme! C’est en substance ce qui ressort de cette première décennie d’Accord de libre échange (ALE) entre le Maroc et les Etats-Unis. Le régime, qui devrait libérer le potentiel des échanges commerciaux et les investissements entre les deux parties, en est à sa dixième année d’application.

Certes, les acquis sont importants! Mais bien des choses restent encore à faire pour relever le niveau d’une balance commerciale qui penche encore largement – et naturellement – en défaveur du Royaume. D’abord, le grand classique des chiffres. Le business entre les deux rives de l’Atlantique a cumulé une valeur de 2,6 milliards de dollars (20 milliards de DH) rien qu’en 2015, faisant du Maroc le 72ème partenaire commercial des Américains dans le monde. Dans le détail, les exportations du Royaume ont franchi la barre du milliard de dollars sur cette même période, correspondant à une croissance timorée de 2%. Mais sur les dix dernières années, le compteur des expéditions de biens marocains vers le marché américain a explosé: +127%. Un chiffre que les exportateurs marocains s’empressent de relativiser. Au-delà des écarts de taille de marché, «ce sont essentiellement des produits agricoles et des dérivés de phosphates. L’offre exportable reste encore très faible en valeur ajoutée, d’une part, et les barrières non tarifaires compliquent l’accès au marché américain d’autre part», commente un membre de l’Association marocaine des exportateurs (Asmex). Contactée par L’Economiste, la Commission ALE de la CGEM n’avait pas encore fourni sa lecture des évolutions sur cette dernière décennie d’échanges entre le Maroc et les Etats-Unis, à l’heure où nous mettions sous presse.

Dans le détail, en effet, ce sont les produits fertilisants (268 millions de dollars), les machineries et équipements électriques (123 millions de dollars), les fruits secs et noix (106 millions de dollars) et le sel qui font le top des biens exportés par le Royaume vers ce marché gigantesque. Mais il suffit de zoomer sur les produits agricoles pour se rendre compte de la marge encore à gagner. Sur le milliard de dollars exporté par le Royaume, seuls quelque 195 millions de dollars proviennent des produits agricoles. Les fruits frais font l’essentiel du segment (95 millions de dollars), suivis des produits transformés (36 millions de dollars).  Cette faiblesse de part des produits agricoles serait justement due à la sévérité des normes américaines. «Celles-ci sont particulièrement d’ordre phytosanitaire. Il ne faut pas les interpréter comme des barrières, mais plutôt comme des standards de qualité de produits que nous soumettons à tous nos fournisseurs au monde », explique Jerrold L. Mallory, conseiller économique à l’Ambassade des Etats-Unis à Rabat.

Les performances du Made in Morocco sur le marché américain restent tout de même à nuancer, à juste titre, lorsque l’on sait que dans le sens contraire, les exportations du Pays de l’Oncle Sam vers le Royaume ont progressé de 235% par rapport à la période d’avant-ALE. Elles ont bouclé 2015 avec 1,6 milliard de dollars en valeur, en baisse, toutefois, de 23% par rapport à une année auparavant.  La conjoncture mondiale difficile est passée par là. Rien que les produits agricoles ont fait 310 millions de dollars l’année dernière, avec une structure dominée par les céréales et divers grains.

«Les chiffres ne sont pas forcément les bons éléments pour parler des acquis de l’ALE. Ce sont surtout les améliorations apportées à l’attractivité et au climat des affaires du Maroc, qu’il faudrait prendre en compte», argue le conseiller économique à l’Ambassade des Etats-Unis à Rabat. (Voir aussi interview ci contre). Au final, le Royaume est aujourd’hui le 73ème fournisseur des Etats-Unis en marchandises de diverses natures, et son 64ème  client à l’export. Les positions à conquérir sont encore bien plus nombreuses.

«US-Morocco business development conference» pour faire le point

Principal forum d’affaires entre les deux pays, la «US-Morocco Business Development Conference» se prépare. Cette réunion, à composantes principalement économique et financière, se tiendra cette année au mois d’avril prochain. «La confusion est souvent faite entre le Dialogue stratégique entre le Maroc et les Etats-Unis et la conférence sur le développement du business», explique-t-on auprès des autorités américaines du Commerce. Les deux parties n’ont justement pas encore fixé de date pour le dialogue stratégique. Cette réunion d’envergure est beaucoup plus importante. Elle est composée de groupes de travail mixtes qui passent en revue plusieurs thématiques. Le volet économique y sera bien sûr intégré. Mais, les deux délégations discutent également des sujets politique, sécuritaire, et culturel.

 

 

 

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