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Evénement

Dopage: L’athlétisme marocain black-listé!

Par Amin RBOUB | Edition N°:4734 Le 22/03/2016 | Partager
60 contrôles positifs en 10 ans
49 suspensions de 2 ans minimum
Ifrane, plaque tournante de trafic d’anabolisants?
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1983-2003: Les 20 glorieuses années de l’athlétisme marocain. Après les prouesses des Aouita, Moutawakkil, Bidouane,
El Guerrouj… le nom des athlètes marocains est désormais associé à des scandales de dopage (Ph. L'Economiste)

Après des années de gloire, l’athlétisme marocain est cette fois-ci sur la sellette. Sebastien Coe, président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), vient d’ailleurs de pointer du doigt le Maroc, l’Ethiopie, la Russie... «Depuis 2001, le Maroc fournit le deuxième bataillon de profils biologiques suspects, derrière la Russie», constate un rapport.
L’ère des Saïd Aouita, Nawal Moutawakkil, Fatema El Aouam, Nezha Bidouane, Khalid Skah, Brahim Boutayeb, Salah Hissou, Hicham El Guerrouj, Hasna Benhassi… est révolue. L’âge d’or des grandes stars est résolument derrière nous. Toutes ces performances, records, prouesses sportives exceptionnelles sont rentrés dans les annales du sport mondial de très haut niveau. Depuis Helsinki en 1983 (Aouita), le Maroc a toujours été sur le podium. A telle enseigne que lors de grands meetings, l’on exigeait plus des records que de simples victoires (surtout avec Aouita, El Guerrouj, Bidouane…)! Mais depuis 2008, le public se résigne à enchaîner les déceptions et les frustrations. Non seulement il n’y a plus de performances dans les compétitions, mais le nom du Maroc y est plus associé à des scandales de dopage que des records ou des victoires retentissantes.
Force est de constater que le pays est depuis un moment dans le viseur des instances internationales du sport. Il est particulièrement dans le collimateur de l’IAAF. «Le Maroc et l’Ethiopie ont été particulièrement critiqués à cause de leur politique antidopage jugée trop insuffisante», rapportent des médias français. «Archifaux», rétorque Aziz Daouda, ex-directeur technique national (DTN). «Le Maroc et la Fédération ont toujours été fermes sur cette question. La preuve: tous les cas contrôlés positifs ont été sévèrement sanctionnés». Selon le journal L'Equipe, «que le Maroc soit épié, cela ne surprendra plus personne». Et pour cause: 60 contrôles positifs ont été recensés en 10 ans! (2005-2015). Plus encore, 49 contrôles ont donné lieu à des suspensions de 2 ans minimum. «Certes, les chiffres sont ahurissants, mais il va falloir ramener les proportions de contrôles et de suspensions au nombre d’athlètes pratiquants et opérationnels qui sont autour de 4.000 voire 5.000», nuance Daouda. Pour ce consultant en sport: «50 suspensions en 10 ans, c’est très peu par rapport au nombre d’années et en comparaison avec d’autres pays». Ceci étant, la responsabilité du Maroc est engagée, consent le manager de plusieurs champions, dont Nezha Bidouane. Si le nom du Maroc est souvent cité dans le dopage, c’est aussi parce que «même lorsqu’ils évoluent dans d’autres clubs à l’étranger, les athlètes suspects sont associés à leur pays d’origine, jamais au club ni au pays d’accueil. Or, la majorité des cas signalés évoluent en Espagne et en Italie», tient à préciser l’expert.
Sur un tout autre registre, la station d’Ifrane est aussi cataloguée, à tort ou à raison, de plaque tournante de dopage. Des enquêtes y avaient remonté des filières de réseaux organisés dans le trafic de substances prohibées. Français, Espagnols, Koweitiens, Bahreinis, Saoudiens, Qataris, Suédois… A l’instar de Font-Romeu (Pyrénées) ou encore Davos, une diaspora internationale d’athlètes de haut niveau opte depuis des années pour des stages à la station du Moyen Atlas. Ce centre de préparation en altitude est en passe de devenir «La Mecque» des coureurs de fond de différentes nationalités. Nichées à 1.600 m au milieu des cyprès, les pistes de la station d’Ifrane sont tracées naturellement. L’Economiste avait réalisé une enquête, en 2008, dans la même station d’Ifrane aux côtés de Meryem Selsouli, Amine Laalou, Hasna Benhassi ainsi que d’autres athlètes venus du Koweit, de France, Royaume-Uni, Espagne… Le site est non seulement idéal «pour la préparation en pré-compétition, en termes d’oxygénation et de respiration, mais aussi une plateforme discrète de trafic d’anabolisants», avait confié un athlète sur place. L’emplacement quasi enclavé de ce site ne l’expose pas aux radars de contrôles inopinés. Les mois d’avril et mai y sont une période cruciale avant les grands meetings.

Les JO de Rio compromis?

Le département antidopage de l’IAAF considère «le programme marocain (antidopage) clairement insuffisant». Si rien n’est entrepris par les autorités marocaines, les athlètes nationaux risquent de ne pas participer aux prochains JO de Rio. Pour rappel, le programme marocain repose seulement sur des tests en compétition, en nombre trop restreint (80 en 2015) et seulement urinaires. L’IAAF préconise à la fédération marocaine de nommer dans l’immédiat un coordinateur antidopage (sous 30 jours) et de monter à 120 le nombre de tests en compétition. La fédération est appelée aussi à programmer une série de tests inopinés (2 au moins par athlète), y compris sanguins, avant les grandes compétitions.

 

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