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Politique

Sahara: La riposte du Maroc

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4731 Le 17/03/2016 | Partager
Réaction à une crise montée de toutes pièces par Ban Ki-moon
Risque de violation du cessez-le-feu par le polisario
Il faudra attendre le prochain SG de l’ONU pour relancer les négociations politiques
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L’actuelle crise avec le SG de l’ONU devra se traduire par un arrêt des négociations politiques et une réduction des effectifs de la Minurso. Le rôle de Christopher Ross semble terminé (Ph. Bziouat)

 

Le torchon brûle entre Rabat et le secrétaire général de l’ONU. La crise qui avait éclaté suite aux déclarations de Ban Ki-moon en Algérie fait des émules. Et le Maroc ne compte pas se laisser faire. Des mesures sévères ont été prises pour riposter aux dérapages du représentant des Nations unies. Aujourd’hui, la crise entre le Maroc et l’ONU s’est installée. C’est la première fois qu’un SG entre en conflit avec un Etat et porte atteinte à l’image de son Organisation. Pour beaucoup d’observateurs, Ban Ki-moon cherche à pervertir la réalité pour faire croire, en complicité avec l’Algérie, que le conflit est entre le Maroc et l’ONU. En fait, il est entre Rabat et le SG. Or, «comment peut-on à ce niveau de responsabilité réduire l’Organisation des Nations unies à l’affect personnel du secrétaire général», s’est interrogé la diplomatie marocaine. Cette crispation risque de compromettre la prochaine visite de Christopher Ross dans la région et celle de Ban Ki-moon au Maroc en juillet prochain. Et les conséquences seront importantes sur le processus de résolution de ce conflit artificiel.

Actuellement, «les négociations politiques sont arrêtées. Les forces militaires de la Minurso seront maintenues seulement pour observer le cessez-le-feu», souligne le politologue Abderrahim Manar Slimi. Difficile dans ce contexte de relancer le dossier. Selon lui, «le rôle de l’envoyé spécial Christopher Ross est terminé. Le SG n’a plus la main sur le conflit pour les mois qui lui restent à la tête de l’ONU. Tout le monde attendra l’arrivée du prochain secrétaire général». Entre-temps, plusieurs ballets diplomatiques seront nécessaires pour désamorcer la crise, créée en toutes pièces par le secrétaire général de l’ONU. Au point que certains n’hésitent pas à pointer une tentative de pilonner l’initiative marocaine d’autonomie. Celle-ci garde toute sa prééminence dans les résolutions du Conseil de sécurité. Elle est considérée par les grandes puissances comme une offre politique «sérieuse et crédible». Force est de constater que la tension, suite aux premiers dérapages de Ban Ki-moon, s’est accrue après ses déclarations au sujet de la marche de Rabat et l’accueil froid réservé au ministre marocain des Affaires étrangères.  Aujourd’hui, «nous sommes entrés dans une autre étape. La crise est grave. Elle est le résultat direct des erreurs personnelles du secrétaire général de l’ONU. Ailleurs, il fait souvent l’objet de critiques dans des manifestations, ses photos sont brûlées, sans que cela ne le pousse à réagir. Ce qui montre que cette tension est voulue», note le politologue. Et quid des scénarios de sortie de crise? La réponse de Manar Slimi est claire: «soit le SG présente un rapport équilibré au Conseil de sécurité qui produira une décision comme celle de 22.18, invitant à une solution politique, soit son rapport est partial. Ce qui risque d’amplifier davantage la tension», dit-il. Mais, le Conseil de sécurité pourra toujours intervenir pour rééquilibrer les choses. Autre scénario grave: «si le Polisario s’aperçoit que le rapport n’apporte rien de nouveau, il risque, avec la complicité de l’Algérie, de prendre l’initiative de violer le cessez-le-feu. Cette option est probable», rappelle le politologue. D’autant que selon des informations sécuritaires et militaires, des mois avant la visite du SG, l’armée algérienne avait entraîné et fourni des armes au polisario.

Pour l’instant, le Maroc a pris une série de mesures suite au déplacement de Salaheddine Mezouar à New York pour présenter un mémorandum au SG de l’ONU et tirer au clair cette affaire. La première mesure concerne l’annulation de la contribution financière volontaire qu’accorde le Maroc au fonctionnement de la Minurso. La deuxième consiste à réduire de manière significative dans les jours à venir une grande partie de la composante civile et particulièrement le segment politique de cette mission onusienne. Dernière décision, l’examen des modalités de retrait des contingents marocains engagés dans les opérations de maintien de la paix à travers le monde. Mais attention, cette affaire ne va pas s’arrêter là. D’autres développements vont suivre.

Bourdes

Le SG donne l’impression de ne pas prendre conscience que son énorme erreur commence à influer sur la présence des Nations unies dans la zone de conflit. Entrer dans la zone tampon, accompagné par des membres du polisario, était une faute grave. «En agissant avec entêtement, il pousse à la guerre entre le Maroc et l’Algérie», martèle Manar Slimi. En tout cas, Ban Ki-moon n’est pas à une bourde près. Il est allé jusqu’à s’ingérer dans les affaires intérieures du Maroc en demandant des explications sur la participation des ministres dans la marche populaire du dimanche dernier.

 

 

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