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Analyse

Capital immatériel: Les femmes, potentiel oublié
Ce qui grippe encore la machine

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4730 Le 16/03/2016 | Partager
L’absence de statistiques par sexe est le premier frein à la sensibilisation aux inégalités de genre
Éducation ou mortalité maternelle, les bons points gagnés
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Il n’y a pas de développement durable sans éducation. Les efforts consentis quant à l’égalité des sexes dans ce créneau ont porté leurs fruits. Ainsi, au niveau de l’enseignement primaire, l’indice de parité entre les sexes a atteint 91% en 2013-2014 contre 66% en 1990-1991, soit une quasi-égalité des chances d’accès à l’éducation entre les deux sexes. Concernant l’enseignement secondaire collégial, l’indice est passé de 69,7% à 81%. En milieu rural, cet indicateur a enregistré une amélioration plus significative, passant de 29,5% à 61,8%

Encore de nombreux défis à relever pour atteindre les objectifs du Millénaire. Il s’agit à la fois d’évaluer objectivement les progrès enregistrés et d’identifier tout ce qu’il reste encore comme obstacles pour assurer un développement humain et durable au Maroc. Mais premier problème, l’absence de données et de statistiques par sexe, particulièrement au niveau local, réduit la sensibilisation aux inégalités de genre et la capacité de comprendre leurs causes et leurs conséquences. Difficile donc de les contrôler et de les corriger. A cela s’ajoutent un manque de ressources financières et budgétaires face à l’importance du déficit, et le manque de convergence, de la conception aux phases de mise en œuvre, entre les stratégies et les politiques de développement.

L’intégration du genre dans les politiques publiques est face à l’absence de la culture de l’évaluation et de la responsabilité institutionnelle. La pénurie en main-d’œuvre qualifiée spécialisée dans les questions de genre n’arrangeant rien. Alors malgré les efforts consentis, le pays connaît encore des retards en termes de réduction de la mortalité maternelle, d’éducation universelle pour les filles, de réduction de la violence contre les femmes, de lutte contre la pauvreté et de leur autonomisation pour accéder à des centres de décisions politiques, administratives et économiques. Car la préparation des stratégies pour promouvoir l’égalité a été lente dans le processus de consultation et de coordination entre les différents acteurs. La dynamique de développement via les grands projets économiques n’a pas non plus développé des mécanismes et des méthodes pour répondre aux besoins des femmes et des hommes dans ces projets.
Tout n’est donc pas rose, mais tout n’est pas noir non plus. Depuis que le Royaume a commencé à œuvrer vers les objectifs du Millénaire pour le développement en 2000, s’en est suivie une série de réformes économiques, politiques, juridiques et sociales. La constitution de 2011, et avant elle, la moudawana, le code du travail, la réforme des lois de la nationalité… Autre initiative, le plan gouvernemental pour l’égalité dans l’optique de la parité 2012/2016, Ikram. Tout ça réuni a permis des avancées notables comme la diminution des indicateurs de pauvreté, l’adoption d’une nouvelle politique de l’immigration, ou la mortalité maternelle qui, même si le combat continue particulièrement pour les zones rurales, a enregistré une diminution de 66% entre 1992 et 2010. L’accès équitable des enfants à un système d’éducation qualifié a également gagné du terrain. Particulièrement en milieu rural, où l’indicateur sur l’enseignement secondaire collégial a enregistré une significative amélioration, passant au cours de ces 25 dernières années de 29,5% à 61,8%. La présence des femmes dans l’enseignement supérieur a dépassé 50% aujourd’hui dans des domaines d’étude de l’enseignement public, comme la dentisterie (73%), la finance et la gestion (64%) ou la technologie (51%).

Violence au travail

La campagne nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes de 2013 s’est intéressée à la violence contre les salariées. Les différentes rencontres régionales ont permis de mettre à jour l’ensemble des formes de souffrance et des difficultés que vivent les femmes au travail, entre harcèlement, inégalité des salaires et renvoi abusif. Le constat majeur qui est ressorti des débats est le manque notoire en matière d’efforts d’harmonisation de l’arsenal juridique de façon globale, et de celui se rapportant à la salariée, entre la juridiction nationale et les contenus des conventions onusiennes des droits socio-économiques et culturels. Ce retard à assurer ce cadre juridique adéquat accentue en tant que facteur aggravant la prévalence de cette violence. Il influence également la répétition, la récidive et l’impunité.

 

 

 

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