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Société

Détenus: Appel aux entreprises pour forcer la réinsertion

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4727 Le 11/03/2016 | Partager
Des unités de production au sein des prisons
Réflexion en cours pour un cadre réglementaire
La demande des entreprises pour employer les détenus est forte
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La réinsertion économique est un défi majeur de la politique carcérale. Beaucoup de détenus n’arrivent pas à se reconstruire une vie normale à leur sortie de prison (Ph. L’Economiste)

Après l’externalisation de la restauration des prisonniers, Mohamed Salah Tamek ouvre une nouvelle brèche. Préparer le lancement du travail des détenus dans les prisons. C’est pour cette raison que le délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion  a organisé une conférence sur ce thème hier à Rabat, avec l’implication notamment des ministères de l’Industrie et de l’Emploi, de la CGEM et du CNDH. Un mémorandum d’entente a été signé à cette occasion pour mettre en place une structure chargée de l’étude des propositions et des recommandations de cette conférence. Des experts marocains, français, espagnols et américains sont également associés à cette opération qui doit déboucher sur la mise en place d’un cadre réglementaire et juridique du travail des détenus. Certes, la législation actuelle sur les prisons prévoit cette activité mais ses dispositions restent vagues, a précisé Mohamed Salah Tamek. Il a donc invité l’assistance à réfléchir à la manière de faire pour employer des prisonniers par le secteur privé dans un cadre de compétitivité des entreprises et de protection sociale. Quel est le moyen adéquat pour déployer ce processus sans que cette main d’œuvre ne soit un appel d’air pour la création d’unités de production au sein des établissements pénitentiaires et sans tomber dans la logique d’exploitation, s’est-il interrogé.  Autre piste à explorer: la relation entre l’employeur et le détenu. Devra-t-il signer un contrat de travail ou se contenter d’une convention avec l’administration de la prison et des contrats d’engagement entre cette dernière et  les détenus? Et que faire en cas de litiges entre l’employeur et le prisonnier? La durée de travail, le repos hebdomadaire, la retraite,… autant d’éléments qui nécessitent de concevoir un dispositif qui garantit les objectifs d’insertion par le travail. La demande des entreprises pour employer les prisonniers est forte. Aujourd’hui, il est question d’installer des unités de production au sein des prisons. En tout cas, Latifa Echihabi, secrétaire générale du ministère du Commerce et de l’industrie, a fait des propositions concrètes. D’abord, son département est prêt à mettre en place un programme de formation spécial dans les métiers de l’automobile,  destiné aux détenus, particulièrement dans le câblage. Cela sera formalisé via une convention qui sera signée ultérieurement. C’est une occasion pour leur permettre d’acquérir des compétences techniques dans ce domaine, dira-t-elle. L’AMICA s’engage à les employer durant la période 2016-2020. Cette expérience pilote est une première étape de ce processus, en attendant l’intégration prochaine d’autres activités industrielles dans le programme. Ensuite, le ministère propose de financer la réalisation d’une étude de terrain. Le but est  d’évaluer les capacités d’entrepreneuriat des détenus, selon les dispositions de la loi de l’auto-entrepreneur. Le ministère compte accompagner leurs projets, particulièrement dans le domaine de l’économie sociale et solidaire
Dans cette conférence, la CGEM était représentée par Abdelkader Benbekhaled, président de la CGEM-région de Rabat-Salé. Le DG de Salam Gaz a appelé à la nécessité d’élaborer «un modèle marocain de l’emploi des détenus, qui prend en considération les spécificités locales». Selon lui, la question du travail des détenus exige «un ensemble de mesures qui doivent accompagner parallèlement ce projet pour sa mise en œuvre effective et sa réussite».

Projet «Incorpora»

ABDELKADER Benbekhaled a rappelé que la CGEM, via sa Commission de responsabilité sociale des entreprises, œuvre depuis 2010 dans le cadre du projet «Incorpora», mené avec des associations espagnoles, ayant une expertise en matière d’insertion des jeunes et des personnes marginalisées, dont notamment les ex-détenus. Ce projet est opérationnel au niveau local grâce à l’implication de l’association marocaine « relai-prison ». Ainsi, sur un total de 529 insertions en 2015, les ex-détenus ont représenté 13%. «Ce chiffre peut paraître maigre au regard de la CGEM et du nombre croissant des bénéficiaires potentiels. Toutefois, notre volonté d’avancer s’inscrit dans la durée», a indiqué le président de la CGEM Rabat-Salé.

 

 

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