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Le cinéma perd de la vitesse face aux séries TV

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4726 Le 10/03/2016 | Partager
En termes de budget, la petite lucarne pèse deux fois autant que le grand écran
Medi-1 TV champion en matière de séries télévisées
Les productions étrangères, chiffres gonflés?
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Comme le montrent les chiffres, les recettes et la fréquentation des salles sont en chute libre. Le nombre de spectateurs a été divisé par 15 en moins de 25 ans

Le cinéma au Maroc commence à pencher du côté de la télé. C’est ce qui ressort des chiffres présentés par le Centre cinématographique marocain (CCM) en marge du festival national du film qui s’est clôturé fin de semaine dernière à Tanger.
Alors que l’industrie du film a réalisé 28 longs métrages avec un budget global d’un peu plus de 91 millions de DH en 2015, les trois chaînes de télévision, 2M, SNRT et Medi-1 TV ont fait pratiquement le double avec 172 millions de DH pour une quarantaine de séries télévisées et de téléfilms, selon Sarim Fassi-Fihri, directeur du Centre. «La télévision commence à avoir un poids de plus en plus important», ajoute ce dernier en commentant ces chiffres présentés pour la première fois. Le champion toutes catégories est la chaîne tangéroise qui a déboursé 69,4 millions de DH, suivie par la chaîne de Dar El Brihi avec 55,7 millions et, enfin, celle d’Aïn Sebâa avec 16,5 millions de DH. En matière de téléfilms, c’est un peu plus de 29 millions de DH qui ont été débloqués par les deux chaînes publiques. En l’absence des chiffres des années précédentes, il est difficile de se faire une idée sur l’évolution de cet aspect, mais en tout cas, pour le directeur du CCM, il s’agit plutôt de s’intéresser aux chiffres d’audience réalisés par ces productions, afin d’encourager l’investissement dans ce créneau. Mais là où les chiffres ont connu une nette régression, c’est dans le domaine des productions étrangères. Le chiffre global a été divisé par quatre passant de 1,2 milliard de DH en 2014 à 366 millions de DH en 2015, un chiffre qui semble plus proche de la réalité, si l’on en croit Fassi Fihri. En effet, depuis le 1er janvier 2015, le CCM a commencé à demander une attestation bancaire avant de délivrer l’autorisation de tournage, ce qui a entraîné les chiffres vers plus de pragmatisme. Le score réalisé en 2015 semble en effet plus proche de la réalité, en ligne avec les chiffres avancés en 2013 et 2012 avec respectivement 220 et 312 millions de DH.
En matière de recettes, les salles de cinéma marocaines se sont légèrement mieux comportées en 2015. Plus de 1,8 million de spectateurs sont partis voir un film en 2015, soit une croissance de 12% par rapport à l’année d’avant. Une progression que l’on ressent aussi au niveau des recettes qui ont atteint les 74,5 millions de DH, soit 8 millions de DH de plus qu’en 2014.  L’effort en matière de rénovation des salles, principale attente des exploitants, n’arrête pas, selon le responsable du Centre. Une salle a été équipée en numérique à Marrakech pour un montant de 784.000 DH, ce qui porte le nombre de salles «numérisées» à 23. L’effort porte aussi sur l’informatisation de la billetterie, ce qui permettrait d’avoir des statistiques plus précises sur le nombre de spectateurs. Actuellement, l’aide à la numérisation bute sur quelques écueils comme sa limitation aux salles de cinéma, écartant de fait les salles des centres culturels, par exemple. «Nous avons répertorié 70 salles qui pourraient être équipées», insiste Fassi-fihri, mais les Finances auraient émis leur véto car ces salles sont sous la houlette d’autres ministères comme la Jeunesse et les Sports ou la Culture. Pour les salles fermées, le CCM s’est dit disposé à les aider. Plusieurs salles pourraient en effet être récupérées par les communes et pourraient être équipées, mais à condition, insiste Sarim Fassi Fihri, qu’elles soient gérées par des exploitants professionnels sélectionnés par voie d’appel d’offres.
Pour lui, le problème va au-delà. La question qui se pose n’est pas celle de la viabilité des salles, mais plutôt de leur emplacement. Actuellement, les salles fermées ou en activité restent limitées au centre-ville des grandes urbanisations, et on ne trouve aucune salle dans les nouveaux quartiers. Donc, c’est sur une intégration du concept du septième art en matière d’urbanisation que le directeur du CCM entend diriger la réflexion.

Scénarios pas au top

LA qualité des scénarios des longs métrages présentés en compétition cette année au festival national du film a encore une fois été pointée du doigt. Selon les critiques, la qualité n’était pas encore au rendez-vous cette année et ce, malgré plusieurs mesures prises par le CCM comme l’organisation d’une résidence pour la réécriture des scénarios en juin dernier à Ifrane. Huit ‘script doctors’ ont ainsi pu accompagner les auteurs de 12 scénarios parmi les œuvres sélectionnées dans le cadre du fonds d’aide pour la réécriture, une initiative prise avec l’aide de la Fondation du festival du film de Marrakech. L’initiative sera d’ailleurs maintenue cette année, assure Fassi fihri.

Ali ABJIOU

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