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Politique

Dérapages de Ban Ki-moon
La diplomatie marocaine sous pression

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4726 Le 10/03/2016 | Partager
Après la protestation, une campagne d’explication contre le SG de l’ONU s’impose
La faute de Ban Ki-moon intervient à la veille du rapport annuel de l’ONU
La France réagit: soutien au plan d’autonomie présenté par le Maroc
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Ban Ki-moon est à quelques mois de la fin de son mandat à la tête de l’ONU et les conséquences de cette erreur diplomatique ne sont pas encore mesurées. Une chose est sûre: cette affaire risque de compliquer la tâche à son successeur (Ph. AFP)

Sortie de route du secrétaire général de l’ONU lors de sa dernière visite dans la région. Le gouvernement n’a pas tardé à réagir. On s’attendait à une riposte beaucoup plus forte de la diplomatie marocaine, cela viendra dans un deuxième temps. Pour l’heure, le communiqué du gouvernement s’est limité à l’évaluation des propos du secrétaire général de l’ONU qui n’a pas fait preuve de neutralité que lui impose son statut. 
Ban Ki-moon a mal choisi le lieu et les termes pour parler de ce conflit qui dure depuis plus de 40 ans. Il a eu recours au qualificatif «d’occupation», un terme qui n’a jamais été utilisé par les autres secrétaires généraux de l’ONU.  Sous la pression de ses hôtes, il a évacué l’offre d’autonomie faite par le Maroc et qualifiée de «solution sérieuse et crédible» par les puissances internationales comme les Etats-Unis, la France, l’Espagne,… En agissant de la sorte, «le secrétaire général fait un pas en arrière. Par cette prise de position, il affecte négativement les négociations politiques à venir», souligne Mohamed Amrani Boukhebza, professeur des sciences politiques et relations internationales à l’Université Abdemalek Essaâdi, à Tanger.  Effectivement, au lieu de faciliter la médiation, ces prises de positions, de surcroît tenues en Algérie, partie prenante dans le conflit du Sahara marocain, vont au contraire bloquer le dossier. D’autant qu’il est à quelques mois de la fin de son mandat à la tête de l’ONU et les conséquences de cette «erreur diplomatique» ne sont pas encore mesurées. Une chose est sûre: cette affaire risque de compliquer la tâche à son successeur.  
Sur le plan diplomatique, cette réaction sera suivie d’autres, comme celle qui consistera à prendre une position officielle vis-à-vis de l’actuel secrétaire général des Nations unies. Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que le Maroc hausse le ton face à des dérapages de certains fonctionnaires de l’ONU. Rabat avait déjà retiré sa confiance à l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross, en 2012, notamment à cause de «ses positions partielles» sur ce dossier. Idem pour la tentative d’introduire dans le rapport annuel sur ce conflit, présenté au Conseil de sécurité, des dispositions qui voulaient élargir les attributions de la Minurso à la surveillance de la situation des droits de l’homme. 
Aujourd’hui, la diplomatie marocaine devra lancer une campagne d’explication et de condamnation de ces prises de position.  Déjà, la France est montée au créneau pour un rappel à l’ordre et une  réaffirmation de «sa position bien connue et inchangée». Selon le Quai d’Orsay, siège du ministère français des Affaires étrangères, «Paris réitère son soutien au plan d’autonomie présenté par le Maroc. La question du Sahara fait l’objet d’une médiation des Nations unies que la France soutient dans le cadre des paramètres fixés par le Conseil de sécurité». On attend d’autres déclarations de pays  qui comptent dans le monde.
Cette affaire est d’une extrême gravité. Elle intervient à la veille de l’élaboration et présentation du rapport annuel sur le Sahara. Il sera discuté à l’ONU. «C’est pour cela que la diplomatie marocaine doit s’activer pour expliquer la faute du secrétaire général de l’ONU en cette période sensible», a souligné Mohamed Amrani Boukhabza.  Une manière de neutraliser le prochain rapport. 
Le communiqué du gouvernement revient sur la visite du SG des camps de Tindouf en Algérie. Là encore, celui-ci a fait preuve d’oubli pour évoquer deux points qu’il avait l’habitude de soulever dans ses rapports et qui sont requis par le droit humanitaire international. Le premier porte sur la nécessité de procéder à un recensement des populations. Le deuxième concerne le détournement de l’aide humanitaire internationale destinée aux populations séquestrées de Tindouf.

 

 

Véritables représentants

Ban Ki-moon fait de la provocation lorsqu’il  dit que les membres de la Minurso sont prêts à organiser un référendum s’il y a accord des deux parties. Pourtant, il y a quelques années, l’ONU avait affirmé haut et fort que le référendum était inapplicable. Et cette question du Polisario comme seul représentant de la population sahraouie doit être démystifiée. 
D’ailleurs, des élites politiques locales ayant une légitimité démocratique ont émergé dans les provinces du Sud à l’occasion des élections communales et régionales de septembre dernier.  Un scrutin où le taux de participation des populations au processus électoral a été le plus élevé du Maroc. Ces élus sont les véritables représentants des Sahraouis. 

M. C.

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