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Analyse

Campagne agricole
80% de la production sécurisés

Par L'Economiste | Edition N°:4724 Le 08/03/2016 | Partager
Elevage, arboriculture, maraîchage, sucre, les filières résilientes
Elles sont également stimulées par le retour des pluies et le plan d’aide

 

Depuis 2008, un profond changement s’est opéré dans la structure de la valeur ajoutée agricole. De 30%, la céréaliculture n’y représente actuellement que 19%. Ceci, bien que la campagne 2014-2015 ait enregistré une production record des céréales: 115 millions de quintaux

Le secteur agricole se structure. Plusieurs filières font désormais preuve d’une résilience à l’égard de l’aléa climatique. C’est le cas de l’arboriculture fruitière, des cultures industrielles, des maraîchages, voire de l’élevage. L’analyse sur une longue période fait ressortir également le poids de plus en plus important de ces filières dans la structure de la valeur ajoutée agricole. La part des céréales qui dépassait les 30% en 2008, se situe actuellement à moins de 20%. Ceci même avec la dernière campagne céréalière qui s’est soldée par une production record de 115 millions de quintaux.
Aujourd’hui si, des incertitudes pèsent encore sur l’issue de la récolte des céréales, les 4/5e du produit intérieur brut agricole (PIBA) évoluent favorablement. Mieux, la production de ces filières est désormais sécurisée grâce au retour des pluies accompagné d’importantes chutes de neige qui devraient renflouer la réserve des barrages. De l’avis de nombreux professionnels, la situation s’est nettement redressée et les perspectives d’amélioration se précisent au jour le jour. Surtout, dans les périmètres irrigués qui assurent la totalité des cultures sucrières, des agrumes, des maraîchages et des fourrages. Et d’ores et déjà, l’impact du plan d’aide a permis d’estomper la spéculation sur les composants d’aliment du bétail et les prix du cheptel. Sans oublier également, l’effet des pluies sur le couvert végétal et la réhabilitation des parcours dans les zones pastorales. De plus, le secteur de l’élevage devrait capitaliser sur la production d’orge qui a atteint 34 millions de quintaux la campagne dernière. Revue par filière

■ L’élevage quasiment sauvé
La filière d’élevage doit d’abord capitaliser sur le disponible en termes d’alimentation. Les conditions climatiques particulièrement favorables de la dernière campagne ont favorisé une bonne production d’orge, de paille et un couvert végétal satisfaisant. Ce dernier est en phase de régénération suite au retour des pluies. Le déploiement du plan d’aide cible également en priorité l’élevage laitier. Et d’ores et déjà, une accalmie sur les prix des composants de l’alimentation est perceptible sur les principales plateformes. Ce qui est sûr, convient l’interprofession des viandes rouges, c’est le disponible chez les gros éleveurs. Selon diverses sources, l’offre alimentaire dépasse la moyenne annuelle: 18 milliards d’unités fourragères contre une moyenne de 14 milliards UF. L’année dernière,

Sur les deux dernières années, les rendements de la betterave à sucre sont en progression soutenue. Certaines zones Doukkala et l’Oriental affichent des niveaux voisins de ceux de l’Europe : environ 12 tonnes de sucre à l’hectare

la production laitière s’est accrue de 4,5% à 2,4 milliards de litres. Alors que la production des viandes rouges s’est établie à 510.000 tonnes, en progression de 2%. Quant aux viandes blanches, elles ont dépassé les objectifs du 2e contrat programme: 584.000 tonnes. Seul, bémol, la dernière crise ouverte suite à l’apparition d’une maladie virale et que la profession estime maîtrisée avec la campagne de vaccination.
Quoi qu’il en soit la filière avicole couvre les 100% des besoins de consommation. Et a même commencé à exporter des œufs et les poussins d’un jour vers l’Afrique.

 

■ 43% des besoins de sucre assurés
Depuis le lancement de la stratégie agricole en 2009, la production de la betterave à sucre s’est inscrite en croissance soutenue pour dépasser les 3,5 millions de tonnes. Par contre celle de la canne à sucre a régressé pour des contraintes liées aux plantations.       
Actuellement, l’utilisation des semences mono germe est quasiment généralisée à l’ensemble des zones de production pour la betterave à sucre. Et la mécanisation porte sur les ¾ de la culture. Ce taux atteint même 100% dans certaines régions (Doukkala et Oriental). Ce qui explique l’augmentation significative des rendements: 61,5 tonnes à l’hectare.
Entre 2009 et 2015, la superficie de la betterave à sucre est passée de 50.000 à 67.000 ha, avec à la clé une hausse de production de 12% rien que sur les deux dernières saisons. Avec les mesures d’encouragement décrétées, il y a deux ans (augmentation des prix), la production de la canne à sucre a bondi de près de 60% à 443.000 tonnes en 2014-2015 par rapport à la campagne précédente. Du coup, la production de sucre issue des plantes sucrières a enregistré une progression de 7% à 510.000 tonnes. Elle couvre ainsi 43% des besoins de consommation. Une situation qui a poussé le gouvernement à décompenser cette denrée à partir de cette année à raison de 0,15 DH/kg de sucre.

■ Maraîchage: 7,6 millions de tonnes
Avec un volume de 7,6 millions de tonnes, les cultures maraîchères sont en plein essor. La composante primeur, pratiquée essentiellement sous serre, ne s’est jamais départie de son dynamisme malgré les contraintes qui lui sont imposées à l’export. Depuis 2008, elle a connu des changements profonds pour s’adapter aux besoins des marchés à l’exportation. Sur les 2 millions de tonnes produites annuellement, elle parvient à exporter la moitié. Un effort de diversification par produits a été mené avec succès sur les 5 dernières années. La tomate qui représentait l’essentiel de l’export n’intervient désormais un peu plus du tiers. Le volume exporté la saison passée s’étant établi à 441.000 tonnes. Le reste est constitué de légumes et de fruits divers.
Pour ce qui [email protected] des maraîchages de saison qui représente 75% du total, ils couvrent largement la consommation intérieure à des prix souvent en adéquation avec le pouvoir d’achat.    

■ L’huile d’olive, le levier d’avenir   
En moins d’une décennie, la production d’olives a pratiquement

La tomate qui représentait la moitié des exportations de primeurs n’intervient aujourd’hui que pour le tiers. Avec une forte diversification des fruits à forte valeur ajoutée. Les légumes et les divers fruits ayant également réalisé une percée remarquable

doublé passant de 800.000 tonnes en 2008-2009 à 1,4 million de tonnes en 2014-2015. C’est l’effet des nouvelles plantations. Cette culture peu exigeante en eau est menée avec de nouvelles variétés à vocation huile d’olive, de conserves ou polyvalentes. Il faut dire également que de nombreux groupes aux capacités managériales avérées ont investi cette filière avec des projets intégrés: production, trituration et conserverie d’olives de tables. Néanmoins, le secteur reste confronté à l’aléa climatique, en particulier les coups de chergui (fortes chaleurs) qui se déclarent dans certaines zones. L’illustration a été fournie par la dernière campagne qui a accusé une forte baisse de 27%  par rapport à la saison précédente. Un recul qui n’a pas impacté l’export d’huile d’olive. Au contraire, le volume expédié a plus que doublé. Avec 23.000 tonnes réalisées l’année dernière, c’est une explosion de 248% par rapport à la saison précédente et pas de 179% en comparaison avec la moyenne des trois dernières années. Mais cela reste en dessous du potentiel. Car, beaucoup d’efforts restent à déployer face à la demande extérieure qui croît annuellement d’environ 7%. Il s’agit surtout de développer les moyens logistiques de stockage et de mise en marché.
La même dynamique devrait également gagner l’activité des olives de table. Cette dernière reste toujours concentrée sur l’export en vrac. La valorisation étant réalisée, pour l’essentiel, à l’extérieur.
 Pour l’actuelle campagne, les perspectives de production s’annoncent prometteuses. Le ministère de l’Agriculture table sur une production de l’ordre de 1,4 million de tonnes. A l’appui, il avance la pluviométrie suffisante de la dernière saison et l’absence à ce jour de vague de chergui dans les zones de production.

 

                                                                      

Agrumes: L’export, talon d’Achille

La filière agrumicole a dépassé les objectifs de son contrat programme, il y a déjà plus de 2 années. Plus de 20.000 ha de nouvelles plantations ont été réalisés dans ce cadre. Mais le gros avec des petits fruits, ce qui a créé un déséquilibre variétal. La production se situe actuellement aux alentours de 2 millions de tonnes. Sauf, que l’export n’a pas suivi le dynamisme affiché par la production. La part exportable peine en effet, à franchir le cap de 25%. Alors que la valorisation sous forme de jus fait cruellement défaut. Plus grave, les fabricants font quasiment appel à l’importation du concentré d’agrumes. C’est l’équivalent de  70.000 tonnes d’agrumes qui sont achetées annuellement à l’étranger. En cause, les prix des écarts de triage jugés peu compétitifs par les industriels.
Pour l’actuelle saison, la production estimée par le ministère de l’Agriculture devrait atteindre 1,91 million de tonnes contre 2,23 millions lors de la campagne précédente. Quant à l’export aucune prévision n’a encore été avancée par l’interprofession. Les professionnels, producteurs et exportateurs se disent manquer de visibilité faute de chiffres détaillés par variétés. C’est pour la 2e année consécutive que le ministère de l’Agriculture ne publie pas les résultats de l’enquête sur la production agrumicole. De même, l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations a décrété, depuis trois ans un véritable embargo sur les statistiques des expéditions. Tout au plus, les réalisations globales de la campagne écoulée ont été fournies par le ministère de l’Agriculture. En 2014-2015, l’export d’agrumes a plongé de 21% par rapport à la campagne précédente : 461.000 tonnes contre 584.000. «Une contreperformance que n’explique pas le recul de la production», selon la profession. Dans les coulisses, on signale que de nombreux gros producteurs- exportateurs ne respectent pas les engagements pris dans le cadre des contrats de partenariat public-privé. Les cahiers de charges établis dans ce cadre prévoient d’orienter les deux tiers de la production à l’export et un tiers au marché local. Dans la réalité, c’est l’inverse qui est de mise.

A. G.

 

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