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Analyse

Sahara, le développement en marche: Des chantiers pour rompre le statu quo

Par L'Economiste | Edition N°:4721 Le 03/03/2016 | Partager
Une réalité occultée par le jugement du tribunal européen
Pour 1 DH de revenus, l’Etat injecte 7 DH dans ces provinces
Programme royal pour la réalisation de 200 projets structurants

En mobilisant 77 milliards de DH pour le développement des provinces du Sud, le Maroc veut ancrer cette zone dans la dynamique des projets structurants lancés à travers le pays et en faire une plateforme d’échanges avec l’Afrique subsaharienne

Plus d’une semaine après la suspension des contacts avec les institutions européennes, beaucoup de zones d’ombre persistent. Pour saisir les dessous de la vigueur de la riposte marocaine, un zoom arrière est nécessaire. Le jugement de la Cour européenne de justice en décembre dernier avait surpris beaucoup de monde. Mais, le climat général avait une autre connotation: les pays de l’UE avaient décidé d’interjeter appel. En réalité, depuis ce temps, rien n’a été fait. Il a fallu attendre 2 jours avant le délai réglementaire pour sauver la mise. Du coup, l’argumentaire nécessaire en pareille situation n’a pas été bien préparé. Le Maroc s’est aperçu que chaque structure de l’UE renvoie la balle vers une autre comme si les instances européennes n’avaient pas intérêt que l’appel aboutisse, souligne Tajeddine El Housseini, professeur de droit international. Au point que l’UE n’a pas présenté à temps suffisamment de preuves pour étayer l’idée que le produit des ressources naturelles est dépensé dans les provinces du Sud. Pourtant, tout le monde sait que pour 1 DH obtenu de cette région, de la pêche ou des phosphates, le Maroc en dépense 7 DH.
D’ailleurs, le 40e anniversaire de la Marche verte a été l’occasion de lancer un vaste programme d’infrastructures. Il s’agit de 200 projets à réaliser sur 5 ans pour une enveloppe totale de 77 milliards de DH. Des conventions ont été signées lors des deux dernières visites royales dans la région. Depuis, le coup d’envoi pour la réalisation de plusieurs projets a été donné. Ainsi, la réalisation de la voie express atlantique au Sahara nécessitera la mobilisation de 6,2 milliards de DH,  la construction du port de Dakhla, 6 milliards de DH,…
Dans cette affaire, le Maroc a pris conscience de la gestion opaque de certains services de l’UE, qui ne prennent pas compte des efforts consentis dans les provinces du Sud. De même, des services dans l’administration de l’UE sont  sensibles au lobby du Polisario. Et faire comme si ces séparatistes étaient les seuls représentants légaux et uniques de l’ensemble de la population sahraouie. Or, force est de constater que les élections communales et régionales de septembre dernier ont donné une force politique et une légitimité démocratique aux véritables représentants des provinces du Sud.
D’ailleurs, dans ces régions, le taux de participation des populations au processus électoral a été le plus élevé.  Lassée par des décennies de blocage et de conciliabules diplomatiques d’envoyés personnels du secrétaire général de l’ONU, Rabat est passée à l’acte par la mise en œuvre de la régionalisation avancée sur tout le territoire marocain. Une dizaine d’années auparavant, elle avait proposé une offre d’autonomie, jugée «crédible et sérieuse» par les puissances internationales. Aujourd’hui, et voyant la tournure que prend le dossier, Rabat a décidé de geler ses contacts avec l’UE, à l’exception de ceux concernés par ce dossier. Du coup, les échanges en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme sont concernés par ce gel. Dans le langage diplomatique, c’est un moyen de pression efficace pour faire aboutir ses doléances.
Ce qui n’arrange pas les choses, c’est que le jugement en question ne prend pas en compte la dimension politique du dossier. Le Maroc, un allié stratégique en matière de coopération bilatérale avec les principaux pays membres de l’UE. Les domaines d’intervention sont multiples. Ils portent sur la lutte notamment contre l’émigration clandestine et les trafics de drogue. Autre champ de partenariat, le combat contre le terrorisme. Plusieurs capitales européennes, séduites par l’approche marocaine en matière d’anticipation et de prévention des actes terroristes, sont engagées dans un rapprochement constructif. En tout cas, deux pays qui constituent l’ossature de l’UE que sont la France et l’Allemagne ont manifesté leur soutien à Rabat dans cet imbroglio européen. François Hollande, à l’occasion de la visite royale à Paris, a réitéré au Maroc le soutien français dans ce bras de fer. Rabat peut aussi compter sur l’appui de l’Allemagne dans la procédure d’appel contre le jugement en première instance du tribunal européen. Le ministre de l’Intérieur allemand n’a pas caché «la volonté de son pays de surmonter cette situation». Et pour cause, le Maroc est considéré comme «un partenaire principal de l’UE dans la région, qui jouit de la stabilité et offre d’importantes opportunités d’investissements». La Belgique abonde dans le même sens. Son Premier ministre l’a réitéré lors de ses rencontres avec le chef du gouvernement mais aussi avec le président du Parlement.

Le symbole de Laâyoune

Le choix de Laâyoune pour abriter un Conseil des ministres en février, les décisions prises à l’occasion de ce réunion de travail présidée par le Roi,… autant de signaux qui ne trompent pas sur la nouvelle tournure que prend le dossier du Sahara marocain.  SM Mohammed VI a procédé à la nomination de patrons de grands établissements publics comme notamment la RAM et la Conservation foncière et d’un ministre délégué aux Affaires étrangères ou de walis et gouverneurs. Dans le lot, le plus grand nombre d’ambassadeurs (78) jamais nommés en une seule fois. Ces diplomates, issus des domaines politiques et des droits de l’homme, comportent une composante féminine conséquente. Le menu du Conseil des ministres avait une connotation particulière dans la mesure où il a adopté un projet de loi organique sur le Conseil de régence. C’est dire toute la symbolique du geste royal adressé de cette ville, chef-lieu des provinces du Sud. Et puis, ces visites répétées dans le Sahara peuvent être interprétées comme une volonté de normaliser le statut de Laâyoune en tant qu’une ville ordinaire à l’instar du reste du pays.

Mohamed CHAOUI

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