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Analyse

Croisières: Le deal se confirme pour Tanger

Par L'Economiste | Edition N°:4720 Le 02/03/2016 | Partager
Une niche à fort potentiel de croissance
Les arrivées se développent à raison de 20% par an
750.000 croisiéristes annuels à l’horizon 2020

En 2004, le port de Tanger avait atteint le fond après avoir régné en maitre absolu sur les croisières au niveau de cette partie de la Méditerranée. Mais depuis 2013, la reprise semble être bien amorcée
 

Ticket gagnant pour Tanger-Ville. Ce port, qui avait atteint par le passé le statut du plus grand de la région en matière de croisières, a commencé à reprendre ces dernières années des parts de marché après une longue traversée du désert. Actuellement, Tanger-Ville dispose d’équipements de taille avec un quai de 360 mètres de long dédié à l’activité, capable d’accueillir les plus grands bateaux de croisière en service.
En 2015, il avait accueilli 121.000 croisiéristes, soit 21% de plus que l’année précédente, confirmant le trend haussier sur lequel se situe ce créneau. Une niche qui permettra de compléter l’offre touristique, tournée depuis quelque temps vers le tourisme d’affaires.

Dès la fin 2016, le port offrira deux quais supplémentaires pour son activité de croisière ce qui lui permettra, selon les attentes des responsables de la Société d’aménagement du périmètre portuaire de Tanger-Ville (SAPT), en charge du projet, de doper encore plus la croissance du trafic. Depuis quelques mois, les plus grands paquebots de croisière ont commencé à faire un détour par Tanger-Ville. C’est le cas du “Norwegian Epic”, un géant des mers de 310 mètres de long pour 4.100 croisiéristes qui a, dès décembre dernier, commencé ses escales sur Tanger-Ville.  Mais ce qui attire le plus l’attention reste le nombre d’opérateurs ayant décidé de virer leurs paquebots vers le port de la capitale du détroit. Actuellement, c’est une demi-douzaine d’opérateurs dont Costa qui ont choisi Tanger comme port d’escale. Costa a été l’un des premiers à avoir misé sur le nouveau quai à croisière du port de Tanger-Ville après sa remise à neuf en 2013. Il a été suivi par d’autres comme la Holland America Line. Cette dernière a choisi Tanger comme escale pour certaines de ses croisières dont la MS Rotterdam. En 2014, l’armateur avait annulé des haltes prévues dans les ports de l’Afrique occidentale à Ghana, Gambie et au Sénégal et les avait remplacées par une nuitée supplémentaire à Cap Town, une autre à Cap Vert et un arrêt à Tanger. La cause n’était autre que l’épidémie de virus ‘Ebola’ qui sévissait à l’époque dans différentes contrées d’Afrique.

A rappeler que lors d’une première phase, la longueur du quai est passée de 200 à 350 mètres avec des équipements permettant l’accueil des bateaux de croisière dans de meilleures conditions. L’investissement semble être payant. Tanger est située dans l’une des zones les plus actives en matière de croisières, la Méditerranée occidentale, un marché qui croît à une vitesse fulgurante avec un taux de progression annuel de près de 16%.

Les Caraïbes, premier marché mondial, ne connaît qu’une timide progression moyenne de 2,6%. Pour 2020, la SAPT table sur 750.000 croisiéristes par an, soit six fois plus que le volume actuel. C’est dire l’espoir que suscite le port de Tanger, situé dans le voisinage immédiat de trois ports parmi les dix plus importants: Barcelone, Venise et Civitavecchia. Et la tendance, selon une étude commanditée par la SAPT sur le créneau des croisières, laisse présager que la demande va continuer à croître de façon soutenue, le marché du tourisme de croisière étant encore loin de la maturité, en tout cas dans la Méditerranée occidentale.

Les croisiéristes, cash machine

Un croisiériste, ça dépense. Excursions, shopping, déjeuners et ravitaillements pour le bateau, les recettes chiffrent pour un bateau à plusieurs milliers de passagers. Et vu la catégorie socio-professionnelle des croisiéristes qui tend vers la moyenne-haute, ce sont des clients dépensiers mais exigeants que l’on doit attendre.
Ceux faisant escale à Tanger correspondent au profil rêvé de tout opérateur touristique. Ils ont entre 45 et 65 ans, partent en croisière en couple ou en famille et appartiennent à une classe socio-professionnelle aisée. Par nationalité, une bonne partie vient de l’Europe occidentale dont la France, l’Allemagne et même l’Italie. On y retrouve aussi des Américains et des Canadiens, ainsi que des Russes et des Anglais, en fonction des compagnies de croisière. La moyenne de leur séjour à Tanger est d’environ 8 heures.

Une lente remontée

Si l’activité “croisières” reprend des couleurs, c’est bien après une longue descente aux enfers. En 2002, les arrivées de croisiéristes avaient commencé à se réduire comme une peau de chagrin pour atteindre un plancher historique en 2004 avec 20.000 croisiéristes. La raison était liée à l’environnement de la ville et au nombre de réclamations qui ont fait fuir les compagnies. Ce n’est que petit à petit que le nombre de croisiéristes a commencé alors à grossir avant de s’accélérer en 2013. L’un des points négatifs rapportés par les compagnies maritimes, selon l’étude de la SAPT, est le harcèlement des croisiéristes par les vendeurs ambulants. Ce point est souvent cité par l’ensemble des touristes visitant la ville de Tanger et est perçu comme un gros handicap. Des actions ont été menées pour lutter contre ce fléau avec des équipes renforcées de la police touristique, mais les mauvaises habitudes refont surface de temps à autre. L’autre point noir est la propreté. Ce point a depuis le temps connu un traitement de fond et le souvenir de la décharge à l’entrée même du port fait partie du passé.

Ali ABJIOU

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