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Sida: Le Maroc lutte mieux que ses voisins

Par L'Economiste | Edition N°:4689 Le 19/01/2016 | Partager
Les infections en baisse de 15% contre une hausse de 28% dans la région Mena
Mais 65% des personnes atteintes ignorent encore leur statut
Une nouvelle stratégie d’intervention entre 2017 et 2021

Si les évolutions médicales ont permis aux séropositifs de vivre avec la maladie «aussi bien que les personnes non infectées», les chercheurs veulent aujourd’hui passer à un autre niveau. Car, «les patients souhaitent avoir un traitement qu’ils pourraient arrêter», a expliqué Françoise Barré Sinoussi, prix Nobel de la médecine et l’un des chercheurs les plus engagés dans la lutte contre le Sida (cf. notre entretien exclusif dans notre édition du lundi 18 janvier 2016 www.leconomiste.com). Pour eux, cette évolution est décisive pour «ne plus être angoissés à propos de leur avenir et ne plus subir de discrimination et de stigmatisation». D’où l’importance de l’initiative internationale lancée par le Pr Sinoussi «pour une guérison du VIH à l’horizon 2030». Concrètement, il ne s’agit pas de guérison, mais plutôt de rémission. En clair, il sera impossible, selon les spécialistes, «d’éliminer toutes les cellules infectées de façon latente». Par contre, les nouvelles recherches montrent qu’il sera possible de «contrôler le virus afin de permettre au patient de vivre sans dégradation de sa santé et sans risque d’infection des autres». La communauté médicale s’est donnée «une fenêtre de 5 ans pour briser l’évolution du Sida en vue d’atteindre une couverture de 90% des personnes infectées», comme l’a indiqué Kamal Alami, directeur de l’Onusida Maroc. C’est pour cela que «l’enjeu majeur aujourd’hui est d’améliorer le dépistage et renforcer l’accès à la combinaison thérapeutique qui permet de vivre avec le virus», a insisté Sinoussi. Au Maroc, «de grands efforts ont été menés avec une implication décisive des ONG. Ce qui a permis d’atteindre un taux de recul de 15% des infections depuis 2000 au moment où la moyenne dans la région Mena est en hausse de 28%», selon le représentant de l’Onusida à Rabat. Mais de grands défis restent à relever. Surtout que «65% des porteurs du virus ignorent encore leur statut. D’où l’importance de réaliser de plus grands progrès en matière d’accès au dépistage», note pour sa part Abderrahmane Maâroufi, patron de la direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé. En 2014, près de 628.000 personnes ont réalisé des dépistages, notamment grâce à l’implication des ONG. Ceci est d’autant plus important pour accompagner les efforts menés en termes de couverture thérapeutique, qui est passée de 14,5% en 2011 à 26% en 2014, contre une moyenne de 14% dans la région Mena. C’est le résultat de la mobilisation de financements de plus en plus importants. Entre 2011 et 2014, le budget consacré par le Maroc à la lutte contre le Sida est passé de 144 millions de DH à 217 millions de DH, dont 50% est injecté par l’Etat. Le reste provient des subventions internationales. Pour les prochaines années, le département de la Santé est en cours de planification d’un nouveau cycle d’intervention étalé sur la période 2017-2021. Ces principaux axes sont en cohérence avec la stratégie Onusida pour l’accélération de la riposte à cette pandémie d’ici 2020. Cette nouvelle phase d’intervention du ministère de la Santé prévoit une série de mesures. Il s’agit notamment de la création de nouveaux services de prise en charge dans les différentes provinces et l’amélioration de la qualité des prestations. A cela s’ajoute la mise en place d’une nouvelle stratégie de dépistage, avec l’extension, le ciblage et la diversification de l’offre des tests. Le renforcement des programmes de prévention auprès des populations les plus exposées, notamment dans les sites de concentration et de forte prévalence, est également au menu. Surtout que la situation épidémiologique au Maroc reste très hétérogène, avec une faible prévalence, qui ne dépasse pas 0,14%, mais avec une forte concentration dans 5 régions (60%) et chez une population très exposée (les professionnelles du sexe, les usagers de drogues injectables).

5 nouvelles infections par jour

LA lutte contre le Sida est un combat de longue haleine et nécessite une approche multidimensionnelle. Car il ne s’agit pas uniquement de prendre en charge les personnes atteintes, mais surtout de stopper la propagation du virus. Certes, le nombre des nouvelles infections est en baisse au Maroc depuis 2012. Mais le niveau actuel reste toutefois inquiétant, avec 2.000 cas recensés en 2014, soit 5 nouvelles infections par jour. Le nombre de personnes atteintes sous traitement ARV, quant à lui, est en hausse, passant de 4.047 en 2011 à 8.326 en juin 2015. Ceci est d’autant plus important que 1.526 décès ont été évités entre 2012 et 2014 grâce à cette prise en charge thérapeutique.

M. A. M.

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