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    Economie

    El Malki au Club de L’Economiste
    «La loi de Finances est mal partie»

    Par L'Economiste | Edition N°:4688 Le 18/01/2016 | Partager
    1,2 % de croissance est plus proche de la réalité
    Gouvernement, BAM et CMC puisent leurs intrants dans la même source

    Malgré la diversification des moteurs de l’économie, la croissance demeure inconstante en raison de l’instabilité du PIB agricole. Pour l’instant, l’industrie n’arrive pas à s’ériger en véritable locomotive. Or, cela est nécessaire pour arriver à stabiliser la croissance

    En abaissant sa prévision de croissance pour 2016 à 1,2%, le Centre marocain de conjoncture (CMC), dont le président Habib El Malki était invité au Club de L’Economiste vendredi 15 janvier, a jeté un coup de froid auprès des agents économiques. Certes, la contraction de l’activité économique était plus ou moins attendue par les différents organismes de prévisions, mais la projection du CMC (la plus basse de toutes)  est fortement décalée de l’hypothèse de 3% qui a servi de base à l’élaboration de la loi de Finances 2016.
    A ceux qui soupçonnent le Centre de noircir le tableau pour des raisons politiques, le Pr El Malki, également membre du bureau politique de l’USFP, brandit des arguments techniques: tous les modèles prévisionnistes obéissent aux mêmes fondamentaux avec l’objectif  de réduire au maximum la marge d’erreur. Cette marge ne doit pas dépasser 0,2 à 0,3 point de part et d’autre. Au-delà, la fiabilité du modèle est mise en équation. Pour établir sa prévision de croissance, le CMC part de données de deux années précédentes auxquelles l’on apporte des ajustements afin d’obtenir les pronostics.  Son président rappelle que les inputs qui concourent à la construction des prévisions sont puisés dans la même source (HCP). Et que c’est dans les modèles utilisés par les uns et les autres qu’il faut chercher l’explication des différences. A ces éléments, on ajoute un certain nombre de paramètres: cours du pétrole, taux de change, demande intérieure, investissement, évolution des principaux secteurs, de la demande adressée au Maroc, orientations de politique économique à travers la loi de Finances, croissance des partenaires économiques du pays, etc.  Les écarts des prévisions existent partout dans le monde, et c’est normal, insiste le président du Centre marocain de conjoncture. Il n’y a pas matière à polémique.
    Avec un taux de 3% qui a servi de base à la loi de Finances, le gouvernement, dit-il, est dans son rôle d’envoyer des signaux positifs. Malheureusement, les prévisions du CMC ont été plus proches de la réalité ces quatre dernières années que celles des Finances. Le scénario de 1,2% reste donc plausible même si les résultats passés ne préjugent pas de ceux à venir. Cependant, dans la même situation que Mohamed Boussaid, l’actuel ministre des Finances, la réaction d’El Malki n’aurait peut-être pas été différente. «La loi de Finances vient d’être votée et il est difficile pour un responsable politique de réviser dans la foulée à la baisse ses prévisions», fait-il savoir. «Au regard de la conjoncture, elle est mal partie», enchaîne- t-il. Le retard des pluies a imposé le réajustement de la croissance. Malgré la diversification des moteurs, «elle reste fortement déterminée par la loi de la nature», insiste le patron du CMC. Dans l’industrie, les résultats sont loin d’être satisfaisants. Globalement, la croissance non agricole devrait décélérer cette année alors que son rythme est déjà faible.  
    Très fluctuant, l’enjeu aujourd’hui est d’arriver à stabiliser la croissance à des niveaux acceptables. Pour cela, il faut s’industrialiser. Les différents plans sectoriels sont censés d’une certaine manière affranchir le Maroc de sa forte dépendance du secteur agricole. Il reste qu’ «il n’y a pas de coordination entre les stratégies sectorielles», regrette El Malki. «L’on se refuse une nouvelle manière de planifier l’économie. Aujourd’hui, il y a une sorte de pilotage à vue», estime-t-il. Il faudra utiliser tous les leviers, y compris la politique monétaire, pour redresser durablement le PIB non agricole. «Nous considérons que Bank Al-Maghrib fait son travail mais, dans une économie dont le niveau de développement reste problématique, les règles sont trop prudentielles, tempère-t-il.  Il faut que les banques prennent un peu plus de risque». Malgré les initiatives de la Banque centrale, le financement des petites entreprises pose problème. Tout le monde ne joue pas encore le jeu. Cette catégorie d’entreprises est jugée très risquée. Avec le ralentissement de l’activité économique, elles concentrent les défaillances d’entreprise. La montée en régime de la Caisse centrale de garantie (CCG) permet à un certain nombre d’entre elles d’accéder plus facilement au crédit. Pour le CMC, d’autres institutions pourraient jouer le rôle de facilitateur pour l’accès au financement. Il émet l’idée de la création d’une banque publique d’investissement.

    «L’amélioration cosmétique des grands équilibres»

    En trois ans, le gouvernement a pratiquement divisé par deux le déficit budgétaire et a significativement réduit celui du compte courant. Mais il n’y a pas de quoi se vanter, laisse entendre Habib El Malki: «Les causes profondes de cette amélioration sont conjoncturelles. C’est une amélioration cosmétique et non structurelle». La baisse du prix du pétrole et des matières premières agricoles a soulagé les finances publiques. La suppression du soutien aux prix pétroliers ne trouve pas grâce aux yeux du président du CMC (qui remet au passage sa casquette politique): il s’agit d’une mesure technique. «Nous sommes en train de jouer à l’arithmétique puisque l’amélioration des marges de manœuvre n’a aucun impact sur la croissance», dit El Malki. Avec la faiblesse de la croissance, le pays est obligé de continuer à fortement s’endetter pour financer l’investissement. A cet égard, le patron du CMC estime que l’objectif de ramener la dette du Trésor à 60% du PIB en 2020 est irréaliste.

    F. Fa

     
     

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