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    Culture

    A l’origine du nouvel an amazigh…

    Par L'Economiste | Edition N°:4686 Le 14/01/2016 | Partager
    De nombreuses traditions sont liées à l’évènement
    Une culture millénaire de 2966 ans

    (Source: IRCAM)

    De nombreuses personnes à travers le monde fêtent chaque année le nouvel an amazigh, une fête de plus en plus connue de tous. Mais quelles sont ses origines, ses coutumes…
    Pour en revenir à l’étymologie du mot «Yennayer», traduit littéralement par premier mois de l’année,  yen ou youn, signifie «un» en amazigh et «ayour» veut dire mois. Basé sur le calendrier agraire lié à la terre et le cycle de la nature, le calendrier berbère compte 13 jours de moins que le calendrier grégorien, et était utilisé bien avant celui-ci. La date du nouvel an amazigh fêté le 12 janvier marque la séparation entre les deux cycles solaires du solstice et de l’équinoxe.
    Il y a 2966 ans, les Amazighs de Libye (Libous), qui étaient établis à la frontière égyptienne 950 ans avant l’ère commune, avaient combattu les Egyptiens et avaient remporté la bataille. Shishonq était alors devenu le premier pharaon amazigh. Sa dynastie a régné durant 4 siècles. Au moment de la victoire contre les Egyptiens, les Amazighs avaient alors imposé leur culture.                                                                                                                                            «De nombreuses coutumes sont liées à cet évènement «id nussegas» qui veut dire nuit de l’année, appelé aussi dans les régions arabophones et amazighophones el hagouza ou liali», précise Meryam Demnati, membre de l’Institut royale pour la culture amazighe. A travers ce passage, l’on fête un renouveau, une renaissance et l’on espère une meilleure année. Parmi les coutumes de cette fête, l’on retrouve le grand nettoyage de la maison, le renouvellement des ustensiles usagés… tout cela pour démarrer une meilleure année.
    La tradition veut également que l’on fasse des coupes de cheveux aux enfants. C’est d’ailleurs souvent l’occasion de la première coupe de cheveux des garçons à qui l’ont fait leur première takiote par un marabout pour la baraka, une natte ou une petite touffe de cheveux, placée sur les côtés ou au milieu, en fonction des régions. Pour les filles, il s’agira plus de mettre en valeur la frange, accompagnée de la phrase «que tes cheveux poussent drus durs comme l’herbe de yannayer».
    Sur le plan culinaire, l’occasion offre également une grande diversité de spécialités. «Les plats varient en fonction des régions et de ce que l’on y cultive. Dans le sud, par exemple, le plus connu est tagoula, une bouillie consistante à base de semoule d’orge  accompagnée d’huile d’argan, de miel et d’amlou», note Meryam Demnati. Dans le tagoula, la tradition veut que l’on place un noyau de datte à l’intérieur, et celui qui le trouvera sera le plus chanceux de l’année. Dans la région de Marrakech, le plat servi sera le trid quand dans d’autres régions l’on préférera les fruits secs.
    Concernant la célébration de cette fête millénaire, Meryam Demnati déplore le fait que l’Etat ne favorise pas et n’encourage pas sa célébration. «Que ce soit en Kabylie, en Libye, au Maroc ou au Mali, le mouvement amazigh tient à faire revivre cette fête qui avait tendance à tomber dans l’oubli. Nos coutumes disparaissent au profit de nouvelles qui arrivent du Moyen-Orient, ce qui est très dangereux. Si l’Amazigh est officiellement reconnu, alors sa culture, ses traditions et sa langue font partie de son identité».
    Aïda BOUAZZA
     

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