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Fusion Orange-Bouygues, une affaire de quelques semaines

Par L'Economiste | Edition N°:4682 Le 07/01/2016 | Partager
Les discussions sont en cours entre les deux opérateurs
Un accord de confidentialité a même été signé

Une fois constitué, le nouvel représenterait plus de 60% de part de marché en valeur et 54%  en nombre de clients, sur le mobile. Il devance largement Numericable-SFR et Free, dans un marché qui se veut être le plus concurrentiel d’Europe

Le marché français des télécoms se prépare pour une méga fusion. Orange a clairement des vues sur Bouygues Telecom. Les deux opérateurs ont d’ailleurs entamé «les discussions préliminaires» en vue d’accomplir l’opération. «Même si un accord de confidentialité vient d’être signé entre les deux groupes, la filiale du groupe Bouygues, le numéro trois du marché des télécoms, assure «qu’aucune décision n’a été prise et rien ne garantit l’issue de ces discussions préliminaires» à l’heure où nos mettions sous presse. De son côté Orange, le leader du marché, précise que «ces discussions ne sont pas contraintes par un calendrier particulier et ne s’engagent pas sur un schéma prédéfini». Le numéro un du marché «pense depuis un moment qu’il y a une certaine logique dans une consolidation en France», mais il ne se lancerait pas «dans une opération pas créatrice de valeur». C’est justement ce critère-là  que «regardera» l’Etat, actionnaire de référence de Orange. Mais ce n’est pas tout. Selon Emanuel Macron, ministre de l’Economie, d’autres critères plus «simples» sont à considérer. Il s’agit particulièrement de l’investissement, l’emploi, la protection des intérêts des consommateurs qui permettrons à l’Etat de se prononcer. Ceci étant, les discussions devraient aller vite. Une affaire de «quelques semaines», pour Stephane Richard, le patron de Orange qui pense que cela n’ira pas au-delà d’un mois à deux.
Cette fusion qui se profile ne peut aboutir qu’après acceptation par les autorités de la concurrence en France et à Bruxelles, pour entériner le passage de quatre à trois opérateurs en France. Une fois constitué, le nouvel représenterait plus de 60% de part de marché en valeur et 54%  en nombre de clients, sur le mobile. Il devance largement Numericable-SFR et Free, dans un marché qui se veut être le plus concurrentiel d’Europe.
En cas de succès des discussions, Orange dont l’Etat est le premier actionnaire pourrait avoir à se séparer de 5 milliards d’euros d’actifs. Des actifs qui concernent principalement les infrastructures réseaux de la filiale télécoms de Bouygues. Ces infrastructures pourraient intéresser Free. Le nouvel ensemble pourrait, toutefois, être tenté de conserver une partie des fréquences que possède Bouygues Telecom.
Si la fusion se concrétise, elle constituera un pied de nez à Patrick Drahi dont l’offre de 10 milliards d’euros de son groupe Numericable-SFR a été refusée par Martin Bouygues il y a 6 mois à peine.
M. A. B.

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