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    Analyse

    Bourses arabes
    «Un indice islamique pour attirer l’investissement»

    Par L'Economiste | Edition N°:4680 Le 05/01/2016 | Partager
    La bourse de Riyad en tête avec une part de près de 70% des transactions
    Celle de Dubaï vient d’être classée parmi les marchés émergents
    La bourse de Casablanca bien positionnée au Maghreb

     «Ces bourses arabes ont réussi leur transformation grâce à l’adoption d’un mix entre la forme classique et celle islamique. D’ailleurs, dans certaines places boursières occidentales, comme celle de Londres, on trouve aussi des indices islamiques», fait observer Hassane Khababa professeur à l’université Ferhat Abbas-Sétif en Algérie (Ph. NEA)

    - L’Economiste: Un aperçu sur les activités des bourses dans le monde arabe?
    - Hassane Khababa:
    Difficile de faire un travail de comparaison, eu égard aux énormes disparités entre elles. Une évaluation de leurs activités permettra de distinguer deux grandes bourses qui devancent largement les autres. Il s’agit de celles de l’Arabie Saoudite et de Dubaï qui sont les plus actives que ce soit en termes de sociétés cotées qu’en volumes de transactions et de capitalisation. Si on prend par exemple la place saoudienne, la valeur de capitalisation avoisine 495 milliards de dollars en 2014. Cela s’explique notamment par la profusion des investissements dans plusieurs secteurs notamment ceux des services bancaires. Ce qui lui a permis de réaliser près de 70% du volume de l’ensemble des transactions des bourses des pays arabes.
    - Qu’est-ce qui est à l’origine de ce succès?
    - Ce succès revient à un travail préalable portant notamment sur la préparation de l’environnement surtout après la crise de 2008. Ces places ont réussi leur transformation grâce à l’adoption d’un mix entre la forme classique et celle islamique. La première toute seule est pénalisante du fait que, pour des considérations religieuses, elle décourage une partie du public à placer son épargne dans la bourse. Dans certaines places boursières occidentales, comme celle de Londres, on trouve des indices islamiques. Ces innovations ont permis aux bourses de la région du Golfe de devancer largement leurs consœurs arabes. Ainsi, la place de Dubaï a été classée dernièrement parmi les marchés émergents dans le monde. Cela ne devrait pas les empêcher de poursuivre le chantier de leur modernisation en empruntant dans les bonnes pratiques des bourses occidentales. Ces bourses pourront constituer un modèle pour celles des autres pays arabes.
    - Quels sont les grands défis qui vont se poser pour le développement des bourses arabes?
    - Les plus graves sont, à mon avis, l’instabilité politique et économique. On constate dans les pays arabes une discontinuité dans l’application des stratégies économiques sur le long terme, suite aux changements des gouvernements. Alors que dans les pays occidentaux, généralement la vision économique est toujours maintenue, en dépit de l’arrivée de nouveaux dirigeants. D’autre part, il faut signaler que l’économie de la majorité des pays arabes est de nature rentière basée sur les revenus pétroliers. Donc, toute fluctuation de grande ampleur des prix va conduire à une déstabilisation de l’économie du pays, et par conséquent sur le marché boursier. En principe, la dernière crise pétrolière marquée par une forte baisse des revenus des pays arabes devrait être une leçon pour leur gouvernement. Les Etats sont donc appelés à revoir leur stratégie économique qui ne devrait plus se baser seulement sur le secteur pétrolier. Les Emirats arabes unis représentent un exemple à suivre dans la région. Leur modèle économique est fondé sur plusieurs secteurs: tourisme, commerce d’affaires, services financiers,... Ce qui a permis à ces Etats pays de dégager d’autres revenus importants en plus de ceux provenant du secteur pétrolier.
    - Sur quel modèle fonctionne la Bourse d’Alger?
    - Si on l’évaluait actuellement, on trouverait qu’elle n’est pas encore au niveau des standards internationaux. Elle n’arrive pas à devenir un marché émergent que ce soit en termes de nombre de sociétés cotées qui ne dépasse pas 6 ou de volumes de transactions. Certes, on parle de projet de la Bourse d’Alger, mais sans actions concrètes pour son développement. Il faut aussi signaler la difficulté de convaincre les sociétés du secteur privé pour rejoindre la Bourse en ouvrant leur capital pour d’autres investisseurs. Cette difficulté s’explique par la nature de la majorité de ces sociétés qui sont de propriété familiale ou individuelle.
    Donc, le développement de la Bourse d’Alger reste tributaire à une décision permettant l’introduction en bourse des grandes sociétés publiques. Celles-ci peuvent constituer un facteur de succès de la place d’Alger. Sans oublier les opportunités que peuvent apporter les opérations de privatisation.

    Casablanca doit voir au-delà du Maghreb

    Quelle est la situation des bourses du Maghreb? Sans complaisance, la bourse de Casablanca reste la meilleure, affirme le professeur algérien. Ce dernier signale aussi la présence d’une culture pour l’investissement financier dans des limites acceptables. Mais pour lui, beaucoup de travail reste encore à faire pour sa modernisation pour en faire une place émergente, au-delà de la région du Maghreb.

    Propos recueillis par
    Noureddine EL AISSI

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