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    Analyse

    Bourses arabes
    Comment Casablanca tire son épingle du jeu

    Par L'Economiste | Edition N°:4680 Le 05/01/2016 | Partager
    La modernisation entamée depuis 2013 en fait une des places les plus attractives de la région
    Celles du golfe se redressent peu à peu après des crises consécutives
    Régulation, transparence, réglementation, compétitivité, gouvernance… les chantiers à attaquer

    La crise financière et économique internationale a secoué plusieurs bourses à travers le monde. La bourse de Casablanca a subi l’effet de cette crise avec une baisse en 2008 de ses deux indices MASI et MSCI FM. Mais l’impact reste limité et moins retentissant en comparaison avec les autres bourses arabes les plus dynamiques

    La bourse des valeurs contribue à la mobilisation de l’investissement pour le financement de l’économie. Si cela reste vrai pour les pays occidentaux, dans la majorité des pays arabes, la bourse reste presque déconnectée de la réalité économique avec une indifférence des acteurs économiques et du public. Toutefois, au cours de cette dernière décennie, plusieurs pays arabes ont multiplié les efforts pour développer leurs places boursières avec un succès enregistré au niveau de la région du Golfe. Elles ont réussi à mettre en place de nouvelles stratégies pour assurer leur efficacité et leur stabilité. Un succès d'autant plus notable, en raison de la crise financière de 2008 conjugué à la chute des prix du pétrole et le printemps arabe, qui les ont fortement pénalisées. Juste pour mesurer l'ampleur des dégâts, en 2008, le volume de capitalisation de la Bourse saoudienne avait fortement chuté pour s'établir à 250 milliards contre environ 520 milliards de dollars en 2007.
    Toute une stratégie qui a été discutée lors d’un colloque organisé par la faculté de droit Souissi-Rabat sur la modernisation des bourses arabes des valeurs mobilières. «Une rencontre qui a permis d'approfondir la réflexion sur les contraintes auxquelles sont confrontées les bourses arabes et en tirer les enseignements qui s'imposent», indique Ahmed El Hajjami, un des organisateurs du colloque. Les crises économiques et politiques ne sont pas les seules responsables de la dégradation des places financières. Leurs problèmes sont surtout liés au mode de fonctionnement et à la nature de leur environnement. Spécialement pointée du doigt, l’insuffisance de la culture financière au sein de la société arabe. «Le nombre de sociétés cotées dans l’ensemble des bourses arabes, non compris celles d’Alger et de Khartoum, n'a pas dépassé les 1.440 sociétés, en 2015», fait observer Hassane Khababa, professeur à l’université algérienne Ferhat Abbas-Sétif. Ce qui reste, selon lui, à un niveau très inférieur par rapport à celui enregistré sur les autres places occidentales. La difficulté d’intégration économique dans la région, l’absence d’harmonisation entre les législatures de ces pays et l’insuffisance en innovation en matière de produits financiers, trois constantes qui font cruellement défaut.
    De son côté, le Royaume, avec la bourse de valeurs de Casablanca, tire son épingle du jeu ainsi que le précise Hicham Cherradi, directeur des marchés au Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) venu défendre l'expérience marocaine. La modernisation de la bourse de Casablanca est passée par plusieurs phases dont la plus importante a démarré en 1993, lors de la transformation de son statut d’établissement public en SA avec la concession de la gestion du marché à une société privée sur la base d’un cahier de charges, est-il rappelé. Une année charnière qui va aussi voir aboutir «la promulgation d’un certain nombre de textes de lois structurants pour le marché comme la création du CDVM, l’encadrement de l’appel public à l’épargne, la création des OPCVM et un peu plus tard la création du dépositaire central en 1997. Ce mouvement de modernisation va s’accélérer à partir de 2010 avec la création de Casablanca Finance City, en tant qu’écosystème à dimension régionale visant à attirer les flux financiers étrangers. De même, plusieurs textes de lois ont été soit amendés (titrisation, OPCR, APE…) ou promulgués pour encadrer de nouvelles activités (prêt de titres, marché à terme), ajoute Cherradi.
    L’année dernière, un pas important a été effectué dans l’amélioration de la physionomie de la Bourse avec la démutualisation du capital de la société gestionnaire. Le nouveau tour de table est composé des banques (39%) de la CDG (25%), des sociétés de Bourse (20%), des compagnies d’assurances (11%) et de Casablanca Finance City (5%). L’équipe dirigeante qui sera mise en place aura pour principale mission d’améliorer l’offre de la Bourse et surtout d’inciter les entreprises à s’introduire sur le marché. Par ailleurs, l’installation de l’autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) qui aura un pouvoir plus élargi que l’actuel CDVM devrait contribuer à renforcer la régulation du marché financier.

    Recommandations

    Les travaux de ce colloque ont permis de sortir avec un certain nombre de recommandations en vue de moderniser les bourses arabes. Pour augmenter le nombre de sociétés cotées, il faut encourager le secteur privé ainsi que l’investissement étranger. Il est également recommandé de s’ouvrir sur les bourses étrangères pour tirer profit des bonnes pratiques notamment en matière de législation, de régulation, de transparence et de gouvernance. «Et surtout, voir comment tirer profit des opportunités offertes par la finance islamique pour dynamiser les bourses arabes", souligne Mohammed El Hadi El Maknouzi, professeur à l’université Mohammed V Rabat, spécialiste en droit des marchés financiers.

    N.E.A.

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