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Analyse

Défaillances d’entreprises: Avis de tempête

Par L'Economiste | Edition N°:4656 Le 27/11/2015 | Partager
Hausse de 10% des business en faillite en 2016
Le BTP, le tourisme et le petit commerce, les plus touchés
Les délais de paiement freinent la dynamique

Euler Hermes prévoit une hausse de 10% des faillites en 2016 alors qu’au niveau mondial le niveau reste stable. Le secteur de la construction et du BTP reste le plus vulnérable sur le marché. La sinistralité touche également la restauration et le petit commerce

Bien que 2015 ait apporté son lot de bonnes nouvelles macroéconomiques, certains aspects viennent assombrir le tableau. Le taux de mortalité des entreprises va continuer d’augmenter. Plus de 5.800 sociétés ont fait défaut cette année. Leur nombre a progressé de 15% en un an. La situation devrait encore se dégrader sur l’exercice 2016. Euler Hermes Acmar prévoit 6.400 entreprises défaillantes l’année prochaine, en augmentation de 10% (cf. l’édition du 12/11/2015). Même si pour le chef économiste, Ludovic Subran, une hausse des défaillances d’entreprises est typique d’une économie en pleine émergence.
Le sinistre touche d’une manière plus prononcée les services aux entreprises et le BTP. Ces secteurs concentrent plus du tiers des défaillances d’entreprises. Ce sont là les dégâts dus aux délais de paiement. Les commerces de proximité sont également durement touchés par la mutation du marché. Celui-ci est plus orienté vers les grandes surfaces. Le secteur de l’hôtellerie et la restauration montre également des signes de faiblesses. «L’atonie de l’activité touristique combiné au changement des habitudes de consommation des Marocains, accentuent les vulnérabilités sur ce secteur», avance Subran. La sinistralité touche également les entreprises IT impactées par un déséquilibre offre/demande et la saturation dans certains segments.
Les délais de paiement, le manque de liquidité à court terme, la lenteur des procédures judiciaires… sont parmi les éléments les plus dévastateurs pour la survie d’une entreprise. A cela s’ajoute le durcissement des conditions d’accès au financement bancaire. L’offre crédit d’équipement a en effet en ralentissement depuis plusieurs mois déjà (2% à fin septembre dernier).
Les retards de paiement non maîtrisés restent le problème le plus récurrent chez les petites structures. Le délai moyen client dépasserait les 270 jours chez les TPE, 110 jours pour les PME et 72 jours pour les grandes entreprises, selon Euler-Hermes. Sachant qu’actuellement, le délai de paiement est fixé à 90 jours.
La commande publique passera à une échéance de 60 jours dès le 1er janvier 2016. Une mesure qui pourrait éviter l’asphyxie aux PME dont la plus grande majorité vit des marchés publics. A ce titre, il n’est pas rare de voir des entreprises refuser de prendre des marchés par peur des difficultés de recouvrement. «Même si, à côté, cette forte tendance à la faillite ne risque pas de peser sur l’attractivité du marché marocain», relativise le chef économiste d’Euler.
Pour l’année 2014, 21,6% des IDE orientés vers la région étaient destinés au Maroc. Les flux ont progressé de 8,6% entre 2013 et 2014. Cette dynamique devrait rester la même à horizon 2016. Selon l’expert, même avec 52 milliards de dollars reçus en 2014, le royaume pourrait faire beaucoup mieux. Les menaces sur la stabilité en Egypte (88 milliards de dollars) et en Tunisie (32 milliards de dollars) devraient profiter au Maroc en termes de relocalisation de projets d’investissement.
La qualité des investissements est aussi un facteur à prendre en considération. Subran fait aussi allusion à la concentration des flux d’IDE entrants vers le secteur immobilier, pourtant peu producteur de richesse (emplois, investissement…).

Le come-back de l’Europe

L’attrait pour les économies émergentes est en essoufflement. Les principales locomotives de la région émergente (l’Afrique, Inde, Brésil, Turquie…) est en perte de vitesse. La chute des matières premières a entrainé avec elle l’atelier du monde (Chine), là où la croissance est au ralenti au Brésil (0,1%), la Turquie (2,9%) et l’Afrique du Sud (1,5%).
De plus, le niveau d’endettement de ces pays (public comme privé) reste élevé et limite les dépenses en augmentant la probabilité d’un incident de crédit. Les symptômes de ce marasme intègrent aussi l’accentuation de la dette libellée en devises. A l’inverse, la situation économique dans la zone Euro reprend des couleurs. Les prévisions tablent sur 1,4% en 2015-2016. Dans son rapport, Euler-Hermes souligne l’opportunité d’un repli stratégique vers l’Europe pour relancer la machine.

A. Lo

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