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Evénement

Benkirane acculé à sacrifier trois ministres

Par L'Economiste | Edition N°:4525 Le 14/05/2015 | Partager
L’affaire du couple gouvernemental a accéléré le remaniement
El Guerrouj n’a pas échappé à «l’affaire du chocolat»
La responsabilité liée à la reddition des comptes s’applique de manière tranchée

Petite victoire pour Hamid Chabat qui avait lancé l’affaire du «couple gouvernemental» lors d’un meeting politique à Errachidia. Le scandale suscité par cette idylle entre Habib Choubani et Soumya Benkhaldoune, ici à la Chambre des représentants, a accéléré le processus de remaniement 

Le communiqué du cabinet royal est tombé mardi soir, coupant ainsi court aux spéculations qui occupaient l’opinion publique depuis des semaines. Désormais le chef du gouvernement doit présenter au Souverain des propositions de nomination pour combler les postes vacants. Il s’agit donc de trouver des remplaçants aux ministres du PJD Habib Choubani et Soumya Benkhaldoune et à celui du MP Abdelâdim El Guerrouj, sans oublier le poste de Mohamed Ouzzine dont Mohand Laenser assure l’intérim. Dans les rangs de ces deux partis, les cadres jouent des coudes et les listes de noms de ministrables circulent.  
Dans les trois affaires, le chef du gouvernement a fait preuve d’indulgence envers ses ministres. Pour chacun, il a trouvé matière à les défendre, au moment où le Souverain fait preuve de fermeté à l’égard de tout responsable public qui commet des fautes graves, fut-il ministre. Pire, lorsque cette faute touche l’opinion publique, le responsable en question doit préparer sa valise. Le principe constitutionnel, qui lie la responsabilité à la reddition des comptes, s’applique de manière tranchée. On l’a vu avec le cas de Mohamed Ouzzine et le scandale de la pelouse. On le voit aujourd’hui avec le couple gouvernemental et Abdelâdim El Guerrouj, que le quolibet «Moul chocolat» lui colle désormais à la peau. D’ailleurs, ce dernier a été rattrapé par cette affaire plus d’une année après les faits. Il s’agit d’une facture d’une commande de 33.000 DH de chocolat et de dragées à l’occasion de la naissance de son enfant envoyée au ministère pour paiement. Finalement, c’est le ministre qui règle la note mais le mal a été fait et le scandale avait déjà pris d’autres proportions. Malgré l’effervescence sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, le chef du gouvernement avait à l’époque passé l’éponge.
Par ailleurs, au niveau des fautes commises, le MP et le PJD sont sur un pied d’égalité. Le couple gouvernemental a défrayé la chronique au cours des dernières semaines. L’idylle des deux ministres, mariés avec enfants (Mme Benkhaldoune est grand-mère), est sur toutes les bouches.  Si une partie de l’opinion minimise l’ampleur, l’écrasante majorité est scandalisée par la gestion publique de cette affaire qui légitime la polygamie. Et cela se réalise alors qu’ils sont au gouvernement. Un véritable pied de nez à la Moudawana, à la condition de la femme et à la protection de la famille. Une chose est sûre: Hamid Chabat, qui avait placé cette affaire sur orbite lors d’un meeting politique à Errachidia doit savourer ce rebondissement. Ce qui arrive peut être interprété comme une petite victoire. Mais cela n’a pas ému outre mesure l’état-major du PJD qui s’est fendu d’un communiqué de presse hier soir. Ainsi,  Abdelilah Benkirane a informé le secrétariat général du parti de la démission des deux ministres dans l’intérêt général du pays et son expérience de réformes. Cette décision permettra également de mettre fin à la campagne de parasitage et d’exploitation de la vie personnelle à des fins politiciennes. «Les membres du SG ont salué cette initiative et ont reconnu les efforts fournis par le couple gouvernemental durant leur mandat», lit-on dans le communiqué.

Expliquer à l'opinion publique

Sauf que cet appui ne suffit pas. Il faudra quand même que les deux ministres concernés expliquent à l’opinion publique les causes de cette démission. On a plutôt cherché à sauver les meubles et à respecter les formes. Officiellement, les deux ministres ont présenté leurs démissions au chef du gouvernement qui a demandé à SM le Roi de les décharger de leurs fonctions, conformément à l’article 47 de la Constitution. (Ce n’est pas le cas de Abdelâdim El Guerrouj où le chef du gouvernement a demandé au Souverain de le décharger de ses fonctions sans évoquer la démission). Politiquement, certains observateurs poussent l’analyse pour affirmer qu’il s’agit d’un limogeage déguisé des ministres du PJD. Cela permettra au chef du gouvernement de sauver la face de son parti malmené depuis quelque temps. Après l’éviction de Saad Eddine Otmani du gouvernement de Benkirane I et la dégradation de Mohamed Najib Boulif qui était passé du statut de super-ministre des Affaires générales et de la Gouvernance à un poste de ministre délégué au Transport, ce nouvel épisode est une rude épreuve pour le parti du chef du gouvernement. Cela montre le manque d’expérience du PJD dans la gestion des affaires publiques.
Mohamed CHAOUI

 

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