×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Secteur meunier
    Surproduction, guerre des prix, faillites…

    Par L'Economiste | Edition N°:4508 Le 20/04/2015 | Partager
    L’activité ne tourne qu’à 54% de sa capacité
    Une farine économique pour bientôt

    La capacité de production des minotiers a dépassé de loin les besoins de la population entraînant une guerre des prix entre les opérateurs, certains bradant leurs produits juste pour amortir les frais de services

    «La minoterie souffre d’une surcapacité qui entraîne une véritable guerre des prix entre les opérateurs», indique d’emblée Abdellatif Izem, directeur de la Fédération nationale de la minoterie (FNM).
    Conséquence: l’arrêt d’activité prolongé (supérieur à 3 mois)  pour 36 minoteries en plus de celles qui ont définitivement disparu depuis les années 90. Aujourd’hui, l’activité céréales accapare à elle seule 70% de la surface agricole, soit 5 millions d’ha pour une production totale de 13,9 millions de quintaux lors de l’exercice précédent. Elle occupe ainsi 44% des actifs ruraux, équivalents à 1,3 million d’exploitation céréales. Cette production est ensuite dirigée vers les minoteries industrielles dont le nombre s’élève à 164 unités dont 137 dédiées au blé tendre qui traitent 13,7 millions de qt produits localement et 12 millions de qt importés. S’ajoutent 18 semouleries qui transforment 100.000 de qt de blé dur produit au Maroc et 2,9 millions de qt importés ou encore 9 orgeries (200.000 qt collectés localement et 2,3 millions de qt importés). L’industrie meunière a engrangé 20 milliards de DH de chiffres d’affaire en 2014 et emploie près de 10.000 personnes.
    Selon les opérateurs, la capacité d’écrasement à fin 2014 s’est élevée à 105 millions de quintaux, dont 87% de blé tendre. Reste que cette capacité n’est utilisée qu’à 54%.
    Pour la FNM, la compensation du blé tendre fait partie des principaux freins au développement du secteur. En effet, l’activité reçoit une compensation entre le prix de revient (300 DH) et le prix proposé au commerce (200 DH). Celle-ci est versée avec des retards de 5 à 6 mois (Voir article page 4). «C’est le consommateur qui est subventionné, pas les minotiers. Nous espérons aboutir à une solution à ce problème d’ici fin 2015», explique le directeur de la FNM. Des difficultés qui ont poussé les opérateurs à se lancer dans un effort de développement de tous les maillons de l’activité «depuis la semence jusqu’au pain». Un effort qui nécessitera un travail d’organisation de l’amont agricole via la création d’associations régionales pour couvrir les grands bassins céréaliers qui se constitueront à terme en fédération. Le défi pour les minotiers est de réussir à convaincre un monde agricole «foncièrement conservateur et imperméable au changement» d’adhérer à cette dynamique. «Il faut que l’équation soit inversée. Les agriculteurs doivent s’affranchir de l’existant et du recours systématique aux financements des banques ou encore des subventions publiques. Redéployer la compensation du consommateur au producteur est aussi une alternative à étudier», soutient-on du côté de la FNM. Parallèlement, la profession travaille sur la création d’une farine économique, appelée à se  substituer à la subventionnée. Les minotiers tablent par ailleurs sur le volet de la formation pour moderniser le secteur via l’Institut de formation de l’industrie meunière (IFIM). Créé en 1993 par la FNM en collaboration avec l’OFPPT et l’association américaine de producteurs de blé, l’IFIM a formé à ce jour 360 cadres dont 80% travaillent au Maroc et 20% à l’étranger, soit un taux d’insertion professionnelle de 100%. «La formation reste le seul véritable outil d’accompagnement du secteur meunier. Celui-ci a été entièrement marocanisé depuis l’entrée en service de l’institut», affirme le directeur de la FNM. La prochaine étape sur ce volet est la mise en place d’une école de boulangerie courant 2015. «Nous avons conclu plusieurs partenariats pour mener à bien ce projet. L’équipement de l’école sera fourni par France Export céréales, le foncier quant à lui sera offert par la FNM», annonce Lahoucine Azaz, président de la Fédération nationale de la boulangerie et pâtisserie du Maroc (FNBPM). Les nouveaux moulins sont aussi des relais de croissance pour l’activité. En plus d’être entièrement automatisés, de la livraison, jusqu’au conditionnement. Ces nouvelles structures ont mis en place des «bakering centers», des laboratoires mis à la disposition des chefs boulangers pour mettre au point de nouveaux produits. Autre nouveauté, les laboratoires de recherche, innovation et développement en pâtisserie, qui proposent des formations modulaires pour les maîtres artisans ou encore des concours internationaux. 

    A. At.

                                                   
     

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc