Enquête

Construire une réputation pour l’arrière-pays

Par L'Economiste | Edition N°:4493 Le 30/03/2015 | Partager

Pour ce professionnel qui a longtemps travaillé sur le tourisme vert «Ibardan Bladi»,

Tarek Lechkar, propriétaire du domaine la pommeraie, ancien voyagiste, croit fermement que de telles expériences, si on les multipliait, pourraient faire connaître la région grâce au marketing territorial

le tandem agriculture et tourisme demeure l’un des véritables leviers d’un développement durable. Le Maroc peut aussi avoir ses villages de roquefort et de camembert et créer un environnement propice permettant aux hommes et aux femmes rurales de s’épanouir dans leur nouveau métier. Et tisser le capital immatériel du pays...
-L’Economiste: En votre qualité de professionnel du tourisme et d’agro-alimentaire, à quel mariage pouvons- nous assister dans cette vision des choses?
- Tarek Lechkar:
Pour moi, la nature est le meilleur théâtre du monde. La notion de l’éco-tourisme ou du tourisme rural est transcendée. Actuellement, le client cherche de plus en plus les aventures dans le monde de l’agro-tourisme. Le touriste s’intéresse davantage à sa qualité de vie. Ainsi, il aime partager un bonheur dans la nature, autour d’une table avec des ingrédients sains, car pour lui un bon menu et une bonne randonnée pédestre ou équestre valent mieux qu’une bonne ordonnance médicale. Je pense que le tandem agriculture et tourisme demeure l’un des véritables leviers d’un développement durable où l’on pourrait impliquer le maximum des populations aussi bien rurale que citadine.
 - Vous parlez d’implication ou plutôt d’intégration?
- Il est question d’un développement local avec, bien entendu, la création d’un environnement propice permettant aux hommes et aux femmes rurales de s’épanouir dans leur nouveau métier par le travail et dans le travail. Ceci aura inéluctablement un effet multiplicateur très positif sur la région, thème d’actualité au Maroc.
 - S’agit-il d’une ascension sociale?
- Effectivement. Quand vous créez une ferme d’hôtes par exemple, vous aurez besoin d’un jardinier ou deux ou plus, d’une ou plusieurs femmes pour cuisiner et faire les chambres, un muletier, un médiateur culturel ou guide de montagne, un transporteur, un moniteur de VTT ou de chevaux, un arboriculteur, un éleveur de chèvre, de brebis ou de vache, un maître-fromager, un affineur, un ou plusieurs producteurs d’huile d’olives, des artistes de musique et d’art local, etc. N’est ce pas là un microprojet intégré qui en fait enrichit le tissu économique de telle ou telle région par le biais d’un marketing territorial? L’exemple le plus éloquent est le village de roquefort et de camembert qui grâce à ses activités agro-alimentaires reste la destination la plus visitée par les touristes internationaux et nationaux français.
 - Peut-on avoir des expériences réussies au Maroc?
- L’idée s’articule autour d’un simple thème qui est le fromage mais dont les résultats tant matériel qu’immatériel sont incalculables. Je trouve que cette dimension d’agri et d’agro-tourisme est bien réalisable chez nous au Maroc. Il faut juste de la volonté et du bon sens!
- Qu’en est-il de la région de Fès-Boulemane?
- Avec le soutien incontournable du gouverneur de Sefrou, des équipes du département de l’agriculture de la région et du président du Conseil régional du tourisme, un travail de fond et qui est très louable a été  réalisé en matière des produits du terroir tels que la truffe noire, le safran, les endives, le foie gras, le miel, l’huile d’olives, les fromages de chèvre et de brebis, et d’encouragement et d’assistance  technique en faveur des investisseurs en matière d’établissements d’accueil. Les résultats se font déjà sentir. Je trouve cela très encourageant voire même attrayant pour un tourisme nouveau faisant de la province de Sefrou une pionnière en la matière.

 

Partage d’expérience

Afin de partager l’expérience de sa fromagerie traditionnelle qui a atteint le marché de luxe, Tarek Lechkar se donne rendez-vous au 10e SIAM prévu du 28 avril au 3 mai. Selon lui, l’objectif est de promouvoir et de valoriser le développement de l’agrotourisme dans la région de Fès-Boulemane, de servir de modèle pour les autres paysans de la région et également de partager le savoir-faire grâce à des formations organisées régulièrement au sein de l’exploitation.
«Le tourisme rural est une composante indéniable du secteur touristique marocain qui est resté vierge et intact et que je considère personnellement comme le pétrole vert du Maroc car il a beaucoup de personnalité et beaucoup de caractéristiques que l’on ne trouve pas dans les autres pays», explique-t-il. Son domaine compte quelque 120 chèvres alpines qui produisent quotidiennement quelque 400 litres de lait. Lequel est transformé en une gamme large et diversifiée de fromages avec plus de 9 variétés, fabriquées selon un processus purement artisanal que l’on trouve uniquement au Maroc. 

Propos recueillis Par Y.S.A

                                                              

Certification bio

Dans le domaine de

 

la Pommeraie (12,5 ha), le propriétaire a opté pour une agriculture bio. Il est d’ailleurs en cours de certification chez un bureau d’experts allemands. Un choix issu d’une double volonté, celle de participer à la préservation de l’environnement et celle de proposer des produits du terroir purement organiques et naturelles.
La ferme donne un élan à la promotion de produits naturels plantés de manière saisonnière et suivant un mode de production respectueux de l’environnement et des animaux. Le but étant de garantir la meilleure production des produits du terroir dans la région de l’Atlas. Le domaine propose aussi de déguster les produits faits «maison», des visites guidées et des cours de cuisine. Il offre à la fois une histoire de fraîcheur et de gourmandise naturelle.

 
 

 

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