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Malgré les risques, le Nicaragua tient à son canal

Par L'Economiste | Edition N°:4432 Le 31/12/2014 | Partager
Le projet passe en plein milieu de la plus grande réserve d’eau douce du pays
30.000 personnes seront expropriées de leurs terres

Alors que les travaux de son grand canal interocéanique ont déjà débuté, le gouvernement du Nicaragua exerce une forte répression sur les populations opposées au chantier.
Ce projet, dont le premier coup de pioche a été donné la semaine dernière et qui a l'ambition de concurrencer le canal du Panama, menace la plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale, la forêt tropicale et les populations vivant sur le tracé du chantier.
Pour Managua (la capitale), le canal dont le coût estimé à 50 milliards de dollars (cinq fois le PIB du pays) est la manière la plus rapide de sortir de la pauvreté, qui touche 45% de la population. De plus, la société chinoise qui va l’exécuter, se targue de pouvoir capter 5% du commerce mondial (et priver par la même occasion le canal de Panama de 30% de son trafic maritime). Ce qui ne manquera pas d’avoir des retombées économiques considérables sur le pays et la population.
Malgré ce discours optimiste, le projet n'est pas accueilli à bras ouverts par les Nicaraguayens. D’abord, quelque 30.000 personnes seront expropriées de leurs terres pour construire le canal traversant le pays d’Ouest en Est. Il traversera  le lac du Nicaragua et les forêts tropicales pour aboutir sur l’embouchure de Punta Gorda, menaçant ainsi seize bassins hydrographiques et quinze zones protégées. En plus, l’introduction de l’eau salée dans le plus grand lac du pays, immense réserve d’eau douce de 8.624 km², fait peser de grands risques sur la biodiversité. En fait, une fois la composition chimique de l’eau modifiée, la faune et la flore seront amenées à disparaître. Sans parler du pétrole et des déchets des bateaux qui vont traverser le canal, menaçant ainsi les animaux et les humains qui vivent de l’eau des réserves contaminées.
Bien entendu, ces arguments, pourtant avancés par la communauté scientifique du pays, ne trouvent pas d’écho de la part du gouvernement. Pour lui, le tracé du canal est conçu de façon à minimiser les risques pour l’environnement.
Il n’est pas seulement question  d’écologie. Le deal même de l’investissement suscite des doutes.  L’entreprise chinoise concessionnaire du projet, HK Nicaragua Canal Development Investment (HKND), dirigée par un poids lourds des télécommunications Wang Jing, n’a pas d’expérience pour ce genre de projet ni de cette dimension. Les critiques atteignent surtout le gouvernement et le Parlement, étant donné que la loi, votée en juin 2013 pour la construction du canal, accorde trop d’avantages à l'entreprise chinoise. Celle-ci bénéficie d’un contrat de droits exclusifs de 50 ans, renouvelable, pour construire le canal de 280 km et le gérer. Ce n’est pas tout. HKND prévoit également de construire de nombreuses infrastructures comme des ports, des aéroports, des zones franches et même des complexes touristiques.
Résultat, la colère de la population s’est déchaînée sur le régime. Les affrontements avec les forces de l’ordre se poursuivent depuis plusieurs jours. Les habitants ont affronté par centaines les agents de police pour s’opposer au projet. Les manifestations ont fait deux morts et quelques dizaines de blessés.
M. L.

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