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    L’offensive de Managem en Afrique subsaharienne

    Par L'Economiste | Edition N°:4420 Le 15/12/2014 | Partager
    Du Gabon à l’Ethiopie, le groupe va à la recherche de la croissance
    Il investit 50 millions de dollars par an dans la R&D

    Abdelaziz Abarro, PDG de Managem: «L’énergie utilisée dans nos sites est à 60% d’origine éolienne. Cela nous permet de réduire nos coûts opérationnels»

    Pour chaque projet minier, l’investissement en infrastructure de base ou celle liée au désenclavement de la zone, varie entre 30 et 40% du coût total. L’opérateur minier est associé à l’Etat partout où il opère. Le groupe vient de conclure une convention avec le gouvernement pour développer et encadrer l’artisanat dans les régions où il est présent. Sur le plan économique, Managem a mieux résisté à la baisse des cours des métaux précieux, explique son PDG, Abdelaziz Abarro. Le groupe s’est engagé dans une grosse offensive en Afrique subsaharienne. Du Gabon à l’Ethiopie, en passant par la RDC, Managem est parti à la chasse de la croissance.
    - L’Economiste: Comment se porte  le groupe sur le plan économique?
    - Abdelaziz Abarro: Comme tout le monde, nous faisons face à la baisse des cours de métaux précieux depuis 2008. Ils ont décroché de 25 à 30% en moyenne. Cette baisse a été un peu atténuée par la hausse du dollar.  Les niveaux de cours sont étroitement liés à la conjoncture économique mondiale. Or, ce n’est pas la grande forme actuellement. Même la Chine, qui est un gros consommateur de matières premières, est passée en dessous de 8% de croissance. Pour amortir ce choc, nous nous appuyons sur la qualité de nos gisements qui nous permet d’avoir des coûts opérationnels et des prix de revient compétitifs. C’est vital dans notre secteur. Lorsqu’il y a une tempête, il faut tout faire pour échapper, sinon, vous êtes mort.

    - Vous avez de gros appétits en Afrique subsaharienne…
    - Effectivement, c’est un axe stratégique de développement pour le groupe.  Nous sommes présents dans plusieurs pays. Au Gabon, nous exploitons une mine d’or d’un potentiel de 1,2 tonne.  Nous nous apprêtons à lancer une prochaine prospection toujours dans l’or. Nous sommes également actifs en République démocratique du Congo dans la région du Katanga où nous avons des concessions dans le cuivre et le cobalt. Nous en sommes actuellement à la phase d’étude de faisabilité. Managem est aussi présent au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, en Ethiopie et au Soudan où il détient des permis d’exploration. Pour nous, le continent africain est stratégique car c’est le principal réservoir  des gisements miniers, exploitables en plus à des coûts de revient très compétitifs.

    - Comment vous y affrontez les Chinois?
    - (Rires). Nous ne jouons pas dans la même division.

    - Vous venez de signer avec le Ministère de l’Artisanat. A quoi s’engage le groupe?
    - Nous pensons que l’artisanat est un levier de développement social dans les régions où nous opérons et un formidable outil de fixation des populations dans leur environnement. Nous allons nous appuyer sur les artisans eux-mêmes, les jeunes, les associations, etc.  Nous leur fournirons les matières premières, et au-delà, le groupe contribuera à la création d’activités génératrices de revenus et à la structuration des savoir-faire de l’artisanat au niveau local. Nous mettrons par ailleurs notre potentiel de recherche et développement au service des artisans pour les aider à s’orienter vers de nouveaux produits et procédés.

    - Vous allez créer beaucoup d’attentes.  Comment comptez-vous gérer les déceptions?
    - Permettez-moi d’apporter une précision: nous n’avons pas la prétention de résoudre tous les problèmes auxquels sont confrontées les populations qui vivent autour de nos exploitations. Nous ne sommes pas l’Etat, ni le gouvernement et nous ne comptons pas nous substituer à eux. Managem n’est qu’un opérateur économique qui, à travers son implication, marque son intégration dans l’environnement local comme le font la plupart des groupes miniers dans le monde. En fonction de nos moyens, nous essayons de décliner des programmes qui aient le maximum d’impact possible sur les gens qui vivent proches des sites que nous exploitons. 

    - Vous n’êtes pas l’Etat certes, mais les populations ont tendance à vous y associer. Il y a trois ans, c’était le cas à Imiter. Quels enseignements avez-vous tirés de ces évènements?

    - Ces évènements sont arrivés dans une conjoncture tout à fait particulière (Ndlr: Le Printemps arabe). C’est quelque chose que l’on observe un peu partout dans les pays miniers. Le plus important, c’est d’avoir une parfaite communication et un dialogue avec les populations, être à l’écoute de leurs attentes et les anticiper en amont. C’est ce que nous faisons systématiquement. Lorsque nous voulons lancer un projet, nous réalisons d’abord un audit social et sociétal qui permet d’anticiper les attentes des populations environnantes de nos mines et de les intégrer par la suite dans la gestion et l’exploitation.  Cela permet d’éviter par la suite des incompréhensions. C’est cette démarche que nous avons déployée dans toutes les régions où nous sommes présents: Marrakech, Ouarzazate, le sud d’Agadir et Meknès.

    - Avez-vous le sentiment que le gouvernement soutient assez  le secteur? La provision pour reconstitution des gisements a été supprimée malgré les mises en garde de la profession sur ses conséquences…
    - L’Etat nous aide, mais c’est dommage qu’il ait supprimé cette incitation. Dans un pays comme le nôtre, l’apport des activités minières est très important car elles constituent la seule activité dans les zones où se trouvent les gisements. Cette provision permettait de réduire le coût de la recherche et développement.
    Propos recueillis par
    Abashi SHAMAMBA

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