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Chronique

Le sommet contre Daeche entre consensus et divergences
Par Mustapha Tossa

Par L'Economiste | Edition N°:4361 Le 18/09/2014 | Partager

IL a finalement eu lieu. En présence de nombreuses délégations. Le sommet international pour la paix

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et la sécurité en Irak, plus connu sous le nom de sommet contre Daeche, a laissé une impression mitigée. Entre le succès de tenir en si peu de temps une réunion internationale de cette envergure reflétant l'urgence absolue de la situation et l'étrange impression du goût d'inachevé que laisse la vague stratégie militaire de la coalition pour éradiquer les militants de l'Etat islamique, il y a eu grand fossé qui a laissé perplexes les observateurs quant à la réelle efficacité d'un tel sommet.
Sans doute la capacité des Français et des Américains à mobiliser les pays de la région a-t-elle été altérée par leur échec à les convaincre de participer à l'opération militaire contre l'Etat islamique... D'où cette grande interrogation entre la dramatisation de la menace et la maigre réponse apportée par ce sommet puisque la coalition  se propose de continuer à bombarder les positions de Daeche en Irak et probablement en Syrie,  d'intensifier l'armement des Kurdes irakiens et de doter l'armée irakienne d'une riche base de données d'informations sensibles sur l'Etat islamique.
Ce sommet a vu des couacs autour de deux pays majeurs de la région. La Turquie et l'Iran. La  position de ces deux pays phares de la région a de fortes chances de phagocyter ces efforts. Le premier est la Turquie. Les autorités turques, même si elles ont assisté au sommet de Paris, ont créé la grande surprise lorsqu'elles ont spectaculairement refusé de signer le communiqué de la réunion de Djeddah en Arabie saoudite au cours duquel dix pays arabes s'étaient engagés à participer à la guerre contre l'Etat islamique.
Cette position turque est d'autant plus surprenante qu'il existe une sorte d'intimité stratégique entre les Turcs et les Américains à  travers leurs liaisons atlantiques. Ankara justifie cette position par sa crainte de voir se dégrader les sorts de ses otages détenus par l'Etat islamique. Mais cette justification paraît courte au regard des enjeux décisifs de la guerre internationale contre l'Etat islamique.

Dans la foulée de l'hésitation turque, de nombreux pays arabes de la région, même s'ils ont béni cette opération militaire d'envergure qui s'annonce,  ont refusé de participer physiquement à l'effort militaire de crainte d'apparaître dans la grande photo. Un des enjeux majeurs de la conférence de Paris a été une minutieuse répartition des tâches militaires entre les membres de cette coalition.
Le second pays qui pèse par sa présence sur cette guerre est l'Iran. Les autorités iraniennes auraient bien aimé figurer sur l'estrade internationale de la guerre contre le terrorisme de l'Etat islamique. Le gouvernement irakien nouvellement formé a profité de la visite éclair de François Hollande pour lui suggérer d'inviter l'Iran à la table de ce sommet international de Paris. Présente dans la capitale française, la délégation irakienne à ouvertement dit regretter l'absence des Iraniens. Ce qui en dit long sur l'influence de Téhéran sur le processus politique et sécuritaire irakien. Mais le net refus des Américains adressé aux Iraniens laisse penser que la grande entente stratégique entre Washington et Téhéran aux conditions américaines n'a pas encore atteint son aboutissement.
Un pays comme la Turquie qui marche à reculons. Un autre comme l'Iran qui désire participer à fond à cette guerre et en récolter les bénéfices politiques pour lui et ses alliés de la région, Syrie et Hezbollah.
Des pays arabes qui ne veulent pas franchir le seuil psychologique de la participation aux opérations militaires, préférant investir dans l'humanitaire et la logistique. Cette équation résume à elle seule la grande complication politique  de cette guerre. Si l'on rajoute à cela les choix militaires sur la table pour tenter d'éradiquer l'Etat islamique qui se résument pour le moment à bombarder djihadistes de l'Etat islamique et à armer les Kurdes, la guerre contre la terreur au Proche-Orient à encore de beaux jours devant elle.

                                                                               

L’étonnante sortie de Hollande

François Hollande a surpris de nombreux observateurs en faisant le choix de nommer dans son discours la plus grande organisation terroriste par son sobriquet arabe Daeche au lieu de «l’Etat islamique» comme elle aimerait qu’on la baptise dans les médias internationaux. Dans son enthousiasme à utiliser ce sobriquet, François Hollande a arraché quelques sourires à son audience arabophone en prononçant à plusieurs reprises «Dash» qui fait référence à une célèbre lessive.
Le choix du président français semblait motivé par le fait d’éviter de prononcer le mot «État» et le mot «islamique» et de les accoler à une accusation terroriste. D’abord les Français à plusieurs reprises par le voix de leur ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ont refusé d’accorder à cette organisation le privilège d’être nommée comme un Etat et encore moins d’obédience islamique. Pour beaucoup d’observateurs, Daeche n’est qu’un ramassis de délinquants et d’égorgeurs. Les appeler «État islamique» leur donne un statut et une aura qu’ils exploitent dans l’opinion pour intensifier et crédibiliser la démarche de séduction et de recrutement.
D’ailleurs s’il y a un résultat concret auquel ce somment de Paris a abouti c’est la volonté internationale affichée par tous de tout faire pour assécher les finances de cette organisation et couper tous les canaux qui enrichissent ses ressources humaines. Cette opération se fera sans aucun doute à travers une étroite collaboration avec les  pays de la région et les pays du Maghreb, fournisseur de mains-d’œuvre à Daeche... même si les pays du Maghreb ont brillé par leur absence au niveau de la prestigieuse photo du sommet.

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