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Chronique

Les nouvelles mesures de la BCE: Acte 2
Par Omar Fassal

Par L'Economiste | Edition N°:4361 Le 18/09/2014 | Partager

Comme prévu, les mesures entreprises par la Banque centrale européenne

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(BCE) au début du mois de juin se sont révélées complètement insuffisantes. La baisse de son taux directeur de refinancement de 0,25% à 0,15% et la mise en place de taux négatifs sur les dépôts (-0,10%) n’ont pas suffi à changer le cours des choses. L’Europe a continué à s’enfoncer dans un marasme économique inquiétant. La baisse des taux n’a pas insufflé une nouvelle dynamique dans l’octroi des crédits. En effet, le crédit à la consommation s’est replié de -1,5% au mois de juin et de -1,7% au mois de juillet. Le crédit immobilier s’est replié de -0,4% au mois de juin et de -0,1% au mois de juillet. Le crédit aux entreprises non financières s’est replié de -2,3% en juin puis de -2,3% à nouveau en juillet. Le marché du crédit étant à l’arrêt, cela se fait sentir sur la croissance. Le PIB de l’Allemagne, moteur de l’économie européenne, s’est replié de -0,2% au second trimestre 2014. Elle n’est pas la seule dans ce cas: 4 autres pays ont connu la même situation. Le PIB de la France et de l’eurozone est en stagnation. Cette faible croissance, conjuguée à un renforcement de l’euro, contribue à créer des pressions déflationnistes dans la zone. L’Europe n’est plus qu’à une marche du précipice de la déflation. L’inflation n’était plus que de +0,4% au mois de juillet, et de +0,3% au mois d’août, alors que l’objectif de la BCE est d’obtenir une inflation inférieure mais proche à 2,0%. L’Italie, l’Espagne et la Grèce sont déjà en déflation.

Les mesures entreprises en juin apparaissent bien maigres face à la gravité de la situation. Cela n’est pas une surprise, c’était prévu. De ces mesures, il reste des programmes de refinancement à long terme (TLTRO) prévus en septembre et en décembre, qui ne sont pas encore entrés en application. Ces décisions visaient à faire baisser les taux au maximum, en évitant tout programme de Quantitative Easing (QE). C’était pour ceux qui savent lire entre les lignes, la dernière salve de la BCE avant de se résoudre à un programme d’achat de titres financiers. C’est exactement ce qui s’est passé.
Face à l’aggravation de la conjoncture, Mario Draghi et les gouverneurs de la BCE ont décidé d’agir le 4 septembre, en rabaissant une nouvelle fois leur taux: 0,05% pour le taux de refinancement et -0,20% pour le taux de rémunération des dépôts. A défaut de mener un véritable Quantitative Easing en achetant des titres de dettes souveraines – programme qui serait politiquement difficile à défendre vis-à-vis de l’Allemagne – la BCE s’est résolue à mener un QE en version allégée. Il s’agit d’un programme de rachat de titres financiers (Asset Backed Securities) et d’obligations sécurisées émises par le secteur privé. La BCE prend enfin des mesures à la hauteur de la gravité de la situation. Si les banques participent activement au TLTRO de septembre et de décembre, et si le programme de rachat est mené à terme, l’inflation pourrait enfin repartir à la hausse d’ici la fin de l’année.

Une Allemagne qui ralentit est une excellente

nouvelle pour l’Europe!

Le ralentissement de l’activité en Allemagne est palpable. Le PIB s’est replié au second trimestre de -0,2%, la production industrielle a reculé de -0,4%, et l’indice PMI des directeurs d’achats pour la vente au détail indique que le secteur est en contraction (49.4). Les intervenants du marché se sont inquiétés de voir l’Allemagne, dernier moteur de la croissance européenne, s’enfoncer dans le rouge. Mais lorsqu’on y pense à deux fois, on arrive à une autre conclusion. Une conclusion qui peut paraître choquante, mais qui n’en demeure pas moins vraie. Le fait que l’Allemagne s’enfonce, est en réalité une excellente nouvelle pour l’Europe! Pourquoi? Parce qu’une Allemagne en difficulté, est une Allemagne au même diapason que les autres pays européens.
Dans ces conditions, elle acceptera plus facilement l’utilisation d’outils de politique monétaire non conventionnels, tels que le QE Light qui vient d’être accepté. Alors que Mario Draghi est le dernier en date à demander une relance budgétaire européenne coordonnée pour soutenir la demande, l’Allemagne s’y oppose toujours. Draghi demande à ce que les pays ayant le plus de marge par rapport au déficit autorisé par le Pacte de responsabilité et de stabilité (soit 3% du PIB), l’utilisent pour investir. Une Allemagne en difficulté pourrait revoir sa position sur la question et décider d’encourager ce programme. Lorsque les intérêts des pays européens convergent, l’UE avance. Dans le cas contraire, l’Union se bloque.

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