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Analyse

Réforme de l’éducation: 15 ans pour rien?

Par L'Economiste | Edition N°:4361 Le 18/09/2014 | Partager
Le rapport d’évaluation de la charte est accablant
La généralisation du préscolaire à la traîne
La formation des enseignants négligée

Le chemin vers la réalisation des objectifs de la Charte nationale d’éducation et de formation est encore long.

L’objectif de généraliser le préscolaire, conformément à la Charte d’éducation et de formation, n’a pas encore été atteint. Le taux de scolarisation des enfants âgés de 4 à 5 ans ne dépasse pas 48,8%, contre 67,8% en milieu urbain. D’autant que ce cycle reste dominé par l’enseignement traditionnel (msids et koutabs)

Le projet de rapport du Conseil supérieur de l’éducation, préparé par l’Instance nationale de l’évaluation, présidée par Rahma Bourquia, a examiné l’application de cette feuille de route mise en place en 2000. Il fait ressortir qu’une série d’objectifs n’ont pas encore été atteints. Ce premier document du genre, qui devrait donner un nouveau souffle à la réforme, note que l’une des principales priorités de cette charte, à savoir la généralisation de l’éducation, n’a pas encore été pleinement accomplie. Même la généralisation du préscolaire piétine encore, particulièrement en milieu rural où le taux de scolarisation des enfants âgés de 4 à 5 ans n’a pas dépassé 48,8%, contre 67,8% en milieu urbain lors de l’année scolaire 2013-2014. Ce cycle reste dominé par l’enseignement traditionnel. Les msids et koutabs, très répandus dans les campagnes, représentent notamment plus de 80% de l’offre en milieu rural et 58% en milieu urbain. Même la qualité de l’offre laisse à désirer. Pour certains professionnels, 70% des unités préscolaires ne répondent pas aux normes de qualité. Plusieurs parents l’ont appris à leurs dépens. D’où la grande ruée vers certains établissements privés, qui proposent des prestations de qualité, mais qui sont loin d’être à la portée de toutes les familles. En tout cas, les dernières statistiques du ministère de l’Education nationale montrent que le nombre d’élèves inscrits au préscolaire a augmenté dans les campagnes pour atteindre 520.752 en 2013 contre 449.349 en 2008, soit une hausse de près de 15%. Mais les écoliers du milieu rural ont tendance à abandonner le cursus, puisque le nombre d’inscrits en première année du primaire a baissé au cours de la même période, passant de 314.273 à 295.638. En milieu urbain, le préscolaire est particulièrement assuré par le secteur privé, note le rapport. Surtout que plusieurs familles optent pour les établissements privés, à cause de la qualité de certaines prestations notamment en matière d’apprentissage des langues (français, anglais…).
La tutelle ne fait pas mieux en termes de généralisation du cycle collégial, indique le rapport. Les dernières statistiques du ministère montrent  que malgré une tendance haussière, la scolarisation des 12-14 ans n’est pas totalement atteinte, puisque son taux n’a pas dépassé 87,6% l’an dernier. En milieu rural, ce ratio n’est que de 69%. Cela sans parler du problème de l’abandon scolaire qui s’accentue à partir des premières années du collège. 
En tout cas, la tutelle est appelée à accélérer ce chantier. Surtout que l’amélioration du niveau des élèves dans les langues et dans les matières scientifiques est tributaire de l’accès au préscolaire, ainsi que de l’usage des nouvelles technologies de communication et du niveau socio-économique de la famille. Le département de Rachid Benmokhtar doit également revoir le cycle préscolaire pour mettre fin au dualisme traditionnel-moderne qui ne favorise pas sa cohérence. Surtout que ce cycle reste prédominé par l’enseignement traditionnel (msid et koutab notamment), comme l’a souligné ce rapport.

En dépit d’une tendance haussière, la scolarisation des 12-14 ans n’est pas totalement atteinte, puisque son taux n’a été que de 87,6% l’an dernier. En milieu rural, ce ratio ne dépasse pas 70%

Le Conseil de Omar Azziman fustige par ailleurs l’absence de cohérence entre l’éducation et la formation professionnelle, appelant à la mise en place d’une instance pour assurer cette coordination. Aujourd’hui, le département de Benmokhtar entend renforcer l’orientation des élèves vers la voie professionnelle grâce notamment à l’intégration des deux départements. En attendant, le nombre de stagiaires inscrits cette année en formation professionnelle a atteint 414.000, un chiffre en hausse de 18% par rapport à l’année scolaire 2013-2014. Ceci est d’autant plus important que la formation professionnelle reste la seule alternative aux jeunes ayant quitté les bancs de l’école.
Le Conseil considère que «les efforts de formation des enseignants restent en deçà des attentes». Selon le document, ce chantier n’a pas été érigé en priorité lors du lancement de la charte. Pour rattraper le retard, le ministère de tutelle compte mettre en place au cours de cette année un cycle de formation des cadres de l’administration pédagogique. Mais les bénéficiaires ne dépassent pas 110 personnes.
Omar Azziman avait indiqué lors de la 2e session ordinaire de son conseil «l’identification des carences et l’analyse des causes ne manqueront pas de suggérer de nouvelles approches et politiques destinées à relancer la réforme». Déjà, cette instance recommande de multiplier les actions en faveur du milieu rural où la réussite de la scolarisation dépend particulièrement de l’implication des directeurs et des enseignants. Surtout face au contexte culturel dans les campagnes où les jeunes sont considérés par leurs familles comme une main-d’œuvre productive. D’où la nécessité pour le corps enseignant de changer d’approche, pour faire de l’affectation dans le milieu rural, «non pas une parenthèse dans l’attente d’une mutation, mais une vocation, un savoir-faire et une expertise», selon ce document. 
Dans ce tableau sombre, il y a tout de même quelques réalisations positives.
Selon le Conseil, la généralisation du primaire sera totalement atteinte d’ici 2016.  D’ailleurs, le taux de scolarisation des 6-11 ans a atteint 99,5% lors de l’année scolaire 2013-2014. L’autre point positif concerne la scolarisation des filles entre 6 et 11 ans dont le taux a atteint 99,1%. Une question se pose alors: «Poursuivent-elles leurs études jusqu’au baccalauréat ?». Les statistiques de la tutelle relèvent en tout cas que le taux de scolarisation des filles de 15 à 17 ans ne dépasse pas 30,6%.

Enseignement supérieur

Le Conseil supérieur de l’éducation s’est également arrêté sur l’état du système d’enseignement supérieur. Son rapport pointe une massification non régulée, avec d’importantes déperditions qui entravent le développement des universités. Ce système non régulé est marqué par une augmentation des effectifs d’inscrits. Le document dénonce aussi l’abandon universitaire qui a atteint 68% dans les branches juridiques, économiques et sociales. Ce qui n’a pas permis d’atteindre le taux de diplomation fixé à 69% dans le programme d’urgence. Le système LMD (licence, master, doctorat) n’échappe pas aux critiques. On l’accuse d’avoir limité le principe de capitalisation des modules acquis, provoquant ainsi une mauvaise articulation entre l’enseignement universitaire et non-universitaire. La prochaine étape sera de diversifier l’offre de formation en mobilisant plus de moyens.

Hajar BENEZHA

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