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Analyse

Maroc-UE
«Nous négocions des mesures d’accompagnement»

Par L'Economiste | Edition N°:4199 Le 27/01/2014 | Partager

«Le Plan de convergence nationale sera élaboré en fonction des intérêts du Maroc et des priorités liées à chaque secteur», promet Mohamed Abbou, ministre délégué en charge du Commerce extérieur

Le 3e round de négociations de l’Aleca vient de prendre fin. Cet accord, qui vise une  intégration approfondie de l’économie nationale dans le marché commun européen, n’échappe pas aux critiques surtout celles liées à l’accompagnement des entreprises. Pour Mohamed Abbou, ministre délégué en charge du Commerce extérieur, l’Aleca «n’est pas un accord commercial simple mais plutôt un projet de société qui permettra de rehausser les standards de production, de commerce et de développement du pays». L’expérience avec le Royaume servira de modèle à l’UE.

- L’Economiste: Quelles sont les garanties données aux opérateurs marocains pour sauvegarder leur intérêt après la conclusion de l’Aleca. Des mesures d’accompagnement sont-elles prévues?
- Mohamed Abbou: L’Accord de libre-échange complet et approfondi prévoit une composante importante en matière de rapprochement réglementaire.  Nous sommes conscients de l’effort demandé aux opérateurs et à l’Administration pour converger vers l’acquis communautaire. C’est pour cette raison que le Maroc demande à l’Union européenne un accompagnement conséquent, dédiée aux réformes à engager suite à l’Aleca. Le gouvernement comprend parfaitement les inquiétudes des opérateurs surtout ceux qui se sentent peu compétitifs ou ceux qui ne sont pas armés pour profiter de l’intégration à l’espace économique européen. Le gouvernement entend donc les rassurer notamment en tenant compte de leurs préoccupations au moment des négociations, en intégrant dans les stratégies sectorielles la convergence réglementaire, en renforçant les programmes d’appui aux entreprises et en mettant en place des mesures d’accompagnement adéquates.
- L’Aleca est critiqué par une grande partie des professions libérales notamment les avocats à cause du droit d’établissement. Qu’est-ce qui a été fait dans ce sens?
- A date d’aujourd’hui, nous n’avons pas encore évoqué les offres de concession en matière de services dans le cadre de l’Aleca. Ceci étant, les négociateurs du groupe «commerce des services et investissement» sont conscients des enjeux de ce secteur et ne manqueront pas de prendre en considération les intérêts des professions libérales.

- Les professionnels reprochent un manque de concertation. Le patronat a-t-il fait partie des négociations?
- Moi qui suis issu du monde des affaires, je peux vous dire que depuis ma nomination j’ai multiplié les contacts avec les chefs d’entreprises soit à travers la CGEM, soit à travers les Chambres pour restaurer la confiance et jeter les ponts d’une concertation permanente et durable sur tous les sujets qui intéressent le commerce extérieur. Concernant les négociations avec l’UE, j’ai réuni avant ce round la CGEM, les associations et les chefs négociateurs qui ont eu tout le temps pour le préparer.

- Aujourd’hui, le Maroc dispose-t-il réellement d’un pouvoir de négociations avec tous les intérêts économiques communs avec l’Union européenne?
- Le Maroc a fait un choix irréversible d’ouverture économique et d’arrimage à un partenaire de référence qu’est l’Union européenne. Il était demandeur de cet Aleca qui n’est pas un accord commercial simple mais plutôt un projet de société qui permettra de rehausser les standards de production, de commerce et de développement au Maroc. Les intérêts du pays ne seront que renforcés par ce nouveau jalon basé sur le respect de la dimension développement qui permettra d’adopter une approche progressive et sélective en matière de convergence réglementaire. Cet accord permettra d’élargir le partenariat avec le Maroc du simple accord d’association à une intégration progressive de son marché et ce pour répondre aux besoins de développement de notre pays qui a su, grâce à la clairvoyance de Sa Majesté, négocier le virage du printemps arabe. Il ne s’agira donc pas d’un accord commercial au sens strict du terme mais d’un accord qui devrait tenir compte de la dimension de géopolitique aussi, surtout avec le rôle de leader de notre pays dans la région. Sans oublier que c’est un accord pilote que l’UE compte étendre à d’autres pays arabes.

- Quels sont les points abordés lors de ce round et les conclusions tirées?
- Ce round a été l’occasion pour le Maroc et l’Union européenne de discuter de toutes les thématiques concernées par l’Aleca. Ce round s’inscrit dans la continuité des deux précédents dans la mesure où les chefs de groupe ont poursuivi l’échange d’informations et de commentaires sur les projets de textes dans une optique de rapprochement de points de vue des deux parties. Ce round a également été l’occasion pour les négociateurs marocains de revenir sur l’importance de la sélectivité et de la progressivité pour la mise en œuvre des engagements. L’accent a également été mis sur l’importance d’intégrer la notion de développement dans tous les chapitres pour notamment prendre en considération le différentiel de développement entre les deux parties.

Une étude d’impact

LE Maroc lancera prochainement une  étude sur l’évaluation des effets de cet accord sur l’économie nationale. «Cette étude est nécessaire pour éclairer et  orienter les négociateurs marocains et pour évaluer l’impact socioéconomique de cet Accord», explique Mohamed Abbou. Elle permettra également d’identifier les moyens et mesures d’accompagnement qui permettraient de mettre en œuvre l’Aleca dans les meilleures conditions possibles et d’en tirer profit en termes de développement économique et d’intégration au marché unique européen.

Propos recueillis par
Ilham BOUMNADE

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