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Economie

L’OMC sauve sa peau à Bali

Par L'Economiste | Edition N°:4168 Le 10/12/2013 | Partager
Agriculture, aide au développement, facilitation des échanges…
Un accord bienvenu mais limité
Le Maroc défend ses intérêts

«Pour la première fois de son histoire, l’OMC a vraiment tenu ses promesses», a lancé le DG de l’organisation, le Brésilien Roberto Azevedo, juste après l’approbation officielle du texte par les ministres des 159 Etats membres réunis sur l’île indonésienne de Bali

La Conférence ministérielle de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), tenue à Bali du 3 au 6 décembre, s’est achevée un jour plus tard que prévu avec (à la surprise générale) un accord. Ce dernier concerne trois volets: l’agriculture (avec un engagement à réduire les subventions à l’export), l’aide au développement (prévoyant une exemption accrue des droits de douane aux produits provenant des pays les moins avancés) et la facilitation des échanges qui ambitionne de réduire la bureaucratie aux frontières.
L’OMC a évalué à 1.000 milliards de dollars la richesse que «le paquet de Bali» permettra de créer tout en encourageant l’emploi.
Avant d’accepter un compromis de dernière minute, l’Inde a exigé de pouvoir accroître ses subventions agricoles. «Les clauses concernant les restrictions aux subventions agricoles ne peuvent pas être acceptées sous leur forme actuelle», avait clamé haut et fort Anand Sharma, ministre indien du Commerce. 
Pour le Premier ministre britannique, David Cameron, cet accord pourrait être une «planche de salut pour les plus démunis de la planète». Par la voix de sa ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, la France a salué un accord qui «ouvre une nouvelle page du système commercial multilatéral». Le Brésil s’est lui aussi félicité d’un accord qu’il «juge largement positif».
Malgré cette satisfaction, l’accord de Bali a été largement critiqué. D’abord, il ne répond pas aux espoirs de l’OMC d’une abolition globale des barrières douanières, selon les experts. De surcroît, le texte représente moins de 10% du vaste programme de réformes lancé à Doha. Pour eux, «aucun progrès sérieux n’a été réalisé sur les subventions agricoles à l’exportation, le commerce électronique ou les subventions concernant les exportateurs de coton». Oxfam, l’organisation humanitaire, reste aussi sceptique. Elle estime qu’il n’apportera pas grand-chose aux pays les plus pauvres.
Pour répondre aux critiques, le DG de l’OMC, le Brésilien Roberto Azevedo, fait savoir que «Bali n’est qu’un début et que 12 mois sont nécessaires pour établir une feuille de route en vue de conclure le programme de Doha».
Le Maroc a tout à gagner
La conclusion de cet accord est plutôt une bonne nouvelle pour le Maroc qui a participé à la conférence ministérielle de l’OMC en sa qualité de coordonnateur du groupe Afrique. «Un exportateur marocain gagnerait à retrouver des procédures douanières et administratives similaires à celles implémentées par le Royaume sur les marchés dans lesquels il opère. Sa protection vis-à-vis du pouvoir de l’administration dans ces divers marchés d’exportation s’en trouverait réellement renforcée par une connaissance préalable et plus approfondie des procédures», avait indiqué Said El Hachimi (conseiller aux Relations extérieures; Organisation mondiale du commerce; ancien responsable de la division UE et OMC au ministère du Commerce extérieur) dans la tribune: «La 9e Conférence ministérielle de l’OMC à Bali-Quel intérêt pour le Maroc?» (cf. notre édition N° 4163 du 03/12/2013)
Présent à Bali, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Mohamed Abbou, s’est entretenu avec plusieurs personnalités.  Ainsi, ses entretiens avec le secrétaire d’Etat espagnol au commerce, Jaime Garcia-Legaz, lui ont permis de passer en revue les étapes de l’application de l’accord de libre-échange entre le Maroc et l’Union européenne tout en évoquant les questions commerciales et bilatérales. Ces sujets étaient aussi à l’ordre du jour de la rencontre avec le secrétaire d’Etat portugais chargé du commerce, Leonardo Mathias. D’autre part, les programmes soutenus par l’organisation onusienne au Maroc ont été relancés lors de l’entrevue avec le secrétaire général de la Conférence des Nations unies du commerce et du développement, Mokhissa Kitowe.

Du GATT à l’OMC

Octobre 1947: Création du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) lors de la conférence de La Havane (Cuba). Objectif: instaurer un système commercial multilatéral avec l’abaissement négocié des tarifs douaniers.
Septembre 1986: Lancement à la conférence de Punta del Este du cycle de négociations de l’Uruguay Round qui élargit le champ des sujets couverts par le GATT.
Avril 1994: Signature de l’acte final de l’Uruguay Round par 123 pays, après exclusion du secteur agricole jugé trop sensible, lors de la conférence de Marrakech.
Janvier 1995: Création de l’OMC dont le siège est à Genève. L’Organisation étend son action à la libéralisation du commerce des services.
Novembre 2001: Deux mois après les attentats du 11 septembre, les pays membres de l’OMC lancent le Programme de développement de Doha.
Septembre 2003: Echec de la conférence de Cancun (Mexique) qui se transforme en affrontement Nord-Sud autour de la question agricole. Les pays du Sud décident de s’unir pour faire aboutir leurs revendications.
Décembre 2005: Après six jours d’intenses discussions à Hong Kong, la conférence de l’OMC adopte un compromis Nord-Sud qui relance les négociations sur la libéralisation des échanges mondiaux.
Novembre-décembre 2009: Sur fond de crise, la Conférence ministérielle de l’OMC à Genève voit les quelque 110 pays en développement et émergents s’afficher comme les plus ardents défenseurs de la libéralisation des échanges. En marge de la conférence, 22 pays en développement (dont l’Inde et le Brésil) signent un accord de coopération prévoyant une réduction de leurs droits de douane. Censées aboutir en 2010, les négociations du cycle de Doha sont paralysées depuis des mois. Ceci en raison du manque d’engagement de Washington, qui réclame davantage de concessions des pays en développement.
Décembre 2011: Tenue à Genève de la 8e Conférence ministérielle de l’OMC dans un climat de crise économique et de montée du protectionnisme alors que les négociations du cycle de Doha sont au point mort. Au terme de 18 ans de négociations, la Russie devient membre de l’OMC, permettant à l’organisation de couvrir désormais 97% du commerce mondial.
Décembre 2013: L’OMC conclut à Bali un accord ouvrant la voie, selon le directeur général de l’organisation, le Brésilien Roberto Azevedo, à la réalisation du vaste programme de libéralisation des échanges commerciaux lancé à Doha.

F. Z. T. 

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