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    Enquête

    Tout ce que vous voulez savoir sur les traders

    Par L'Economiste | Edition N°:3896 Le 25/10/2012 | Partager
    La crise de la Bourse décote le métier
    Les patrons craignent une fuite des collaborateurs vers d’autres secteurs
    Activité, rémunération, bonus….

    Entre chute brutale des bonus et les scandales autour de certaines stars, le métier de traders fait moins fantasmer. Au Maroc, les professionnels du marché craignent pour leur bonus. Beaucoup vont faire une croix sur cette rémunération cette année
     

    Il est 14h30 dans une salle de marché d’une grande banque de la place. Les écrans plats accrochés au mur diffusent en continu les informations de la chaîne Bloomberg. Les traders sont plutôt détendus. A 1 heure de la clôture du marché, très peu avaient le combiné téléphonique à l’oreille ou étaient rivés sur leurs écrans. Nous sommes bien loin de l’agitation qui règne dans les salles de marchés étrangers. Ce jour là, la Bourse de Casablanca clôturera sur des échanges médiocres de 65 millions de DH. Cela explique tout. Depuis le début de l’année les transactions ont fortement dégringolé sur le marché casablancais. La situation est même pire qu’en 2011. A un peu plus de deux mois de la fin de l’année, le marché n’a drainé que 39 milliards de DH. Des niveaux qui doivent être atteints en un trimestre. «Le gâteau est devenu trop petit», dira le patron d’une société de Bourse. Même pour les grandes, la situation est difficile. Elle fait craindre le pire dans la profession. Surtout que la configuration du marché laisse peu de marges de manœuvre aux structures indépendantes. Trois sociétés de Bourse se partagent plus de la moitié du marché. Le reliquat est réparti entre les 14 autres sociétés de Bourse. Même si les professionnels évitent d’envisager le scénario catastrophe, l’ampleur de la dégradation de l’activité pourrait précipiter la faillite des petites structures. De plus, pour elles, les échappatoires sont limitées sachant qu’ «une diversification dans d’autres actifs, notamment l’obligataire, n’est pas intéressante», souligne un professionnel.
    L’année dernière les profits de l’ensemble des opérateurs avaient chuté de 59% avec des pertes enregistrées pour beaucoup d’entre eux. Cette année, l’objectif sera de limiter l’érosion des résultats. Cela suppose des rabots au niveau des charges d’exploitation notamment. Beaucoup de traders s’inquiètent déjà pour leur bonus. S’ils vont baisser pour certains, d’autres pourraient faire une croix là-dessus. «Les bonus sont indexés sur les résultats de l’entreprise. Si elle réalise des bénéfices il y aura des bonus. Dans le cas contraire, il n’y en aura pas», fait savoir Younès Benjelloun, administrateur associé à CFG Group.
    Au-delà des économies, le challenge pour les patrons de sociétés de Bourse est de garder leurs meilleurs éléments. «Il n’est pas facile aujourd’hui de convaincre les collaborateurs les plus talentueux de rester sur un marché qui ne donne pas envie», avoue Benjelloun. Certains analystes ont bien tenté leur chance dans d’autres secteurs, mais ils restent peu nombreux pour l’instant. Le manque de visibilité sur la sortie de crise accentue la crainte des patrons. Une crise qui est déjà trop longue à leurs yeux. Elle entame sa cinquième année alors que la précédente a duré (2000 à 2002) trois ans. Les leçons tirées de cette première crise auraient permis à plusieurs sociétés d’aborder sereinement la situation actuelle. «Nous n’avons pas beaucoup recruté quand le marché a repris pour avoir à en souffrir aujourd’hui. Nous avons davantage investi dans la technologie», révèle Younès Benjelloun.
    Plongé dans le rouge depuis 2008 (excepté 2010 où l’opération ONA-SNI a changé la physionomie de la place), le marché a connu sa période faste. Avec 20 introductions en Bourse, les années 2006 et 2007 notamment ont été les plus juteuses pour les sociétés de Bourse.
    Les revenus de la profession ont dépassé 700 millions de DH et les profits 305 millions de DH en 2007 par exemple. Cette période a également donné lieu à beaucoup d’abus (lire encadré). Toujours est-il que l’euphorie qui a régné sur le marché depuis l’introduction en Bourse de Maroc Telecom et BCP en 2004 jusqu’en 2007 a quelque peu voilé les réels problèmes du marché. Pour les experts, la situation actuelle du marché aurait pu être largement anticipée.
    Il aurait pour ce faire introduire depuis quelques années de nouveaux instruments financiers sur le marché. Les textes relatifs aux instruments en question sont toujours en discussion pour validation. Conséquence, «l’on ne peut agir et intervenir que dans un seul sens à la Bourse de Casablanca», regrette-t-on sur le marché. Le prêt emprunt de titre par exemple pourrait aider en partie à améliorer la liquidité du marché. Il permettra de lisser et réguler le comportement du marché. Il est supposé réguler les excès à la hausse ou à la baisse. Or aucun instrument ne permet ce type d’opération actuellement.  La liquidité du marché est un aspect très important pour les investisseurs étrangers notamment. «Il faut qu’il y ait un minimum de volume quotidien sur une valeur pour qu’ils y investissent», constate un analyste d’Upline. «Nous avons des valeurs qui offrent des rentabilités importantes mais personne ne s’y intéresse parce qu’elles ne sont pas liquides», ajoute la même source.

    Beaucoup de traders s’inquiètent déjà pour leur bonus. S’ils vont baisser pour certains, d’autres pourraient faire une croix là-dessus. Les bonus sont indexés sur les résultats de l’entreprise. Or plusieurs entreprises ont subi des pertes l’année dernière. Cette année pourrait être pire

    3 ans de prison ferme pour le «trader fou»

    La Cour d’appel de Paris a confirmé le 24 octobre la condamnation à trois ans de prison ferme de Jerôme Kerviel, l’ex-trader de la Société Générale. Celui-ci aurait fait perdre 4,9 milliards d’euros à la banque après avoir pris jusqu’à 50 milliards d’euros de positions spéculatives hors mandat et à l’insu de sa hiérarchie. L’opinion publique se demande toujours si le management de la SG n’était réellement pas mis au parfum de ces opérations. Lors de son premier procès, Kerviel avait soutenu que sa hiérarchie était au courant de ces agissements. Au cours du procès en appel, il a défendu une autre version. Pour lui, la banque l’avait laissé poursuivre ses opérations pour lui imputer d’autres pertes dues aux subprimes. La Cour d’appel de Paris a qualifié de «fantaisiste» la théorie de complot défendu par le trader.  Il a été reconnu coupable pour l’ensemble des chefs de prévention notamment abus de confiance, faux et usage de faux, introduction frauduleuse de données dans un système informatique. En dehors de la peine de prison, Kerviel devra également rembourser en totalité le montant du préjudice qu’aurait subi la Société Générale, soit 4,9 milliards d’euros. Le trader compte se pourvoir en cassation. Même si elle a fait grand bruit dans les salles de marché, l’affaire Kerviel n’a pas empêché des récidives. Des traders ont continué à prendre des risques disproportionnés sur les marchés. Goldman Sachs, UBS ou encore JP Morgan se sont déclarées victimes des agissements des «traders fous». La banque suisse UBS aurait perdu 2 milliards de dollars.

     

    Frank FAGNON

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