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Enquête

Un nouveau marché, les centres sociaux pour troisième âge

Par L'Economiste | Edition N°:3862 Le 07/09/2012 | Partager
Le marché du logement adapté aux seniors semble prêt à décoller
10,1 millions de vieux d’ici 2050, selon le HCP

La maison de retraite du Souissi à Rabat met à disposition de ses pensionnaires un salon de coiffure. Une coiffeuse-esthéticienne est disponible tout les après-midi pour s’occuper des personnes âgées car c’est important l’image qu’elles reflètent…
 

«Aidez-moi SVP c’est urgent. Ma mère est très âgée et se trouve au Maroc toute seule. Elle n’a plus de famille où plutôt ils ne veulent pas s’en occuper. Actuellement, elle est toute seule et cela devient très dangereux pour elle (elle oublie le gaz, on lui vole son argent et ses affaires chez elle) même les voisins ne veulent plus prendre cette responsabilité… On m’a parlé de maisons de retraite si vous pouvez m’envoyer les coordonnées…». Il suffit de taper sur un moteur de recherche «maison de retraite Maroc» pour tomber sur plusieurs offres et demandes de ce genre. Encore une autre: «Je souhaiterais créer une maison de retraite au Maroc! Si vous avez des conseils ou des aides à m’apporter, ou, tout simplement ce que vous en pensez, je serais preneur».
Il faut dire que trouver une maison de retraite au Maroc ou maison de repos est un vrai parcours du combattant et une fois trouvée, on se rend vite compte qu’elles sont surtout destinées aux étrangers (français ou italiens…). C’est au bd Abdelmoumen à Casablanca que l’église italienne du christ roi (Chiesa di cristo Re) s’occupe du bien-être des personnes âgées. Elle fait office de maison de repos ou de bienfaisance pour les vieux italiens au Maroc. Leur nombre est estimé à treize personnes âgées. L’autre coin destiné aux «vieux français» est celui de la maison de retraite du Souissi basée à Rabat et dirigé par Sylvie Belakbir. La directrice dirige et anime une équipe d’une quarantaine de personnes au service des résident(e)s. C’est l’association française d’entraide et de bienfaisance de Rabat-Salé qui gère la maison. «C’est la seule maison médicalisée au Maroc ou qui fait un travail médicalisé puisque nous n’avons pas le statut de maison de retraite médicalisé», précise Belakbir. Il faut dire que les vieux pensionnaires traînent de grosses pathologies comme la maladie d’Alzheimer ou encore les démences apparentées…. La convalescence pour personnes âgées est aussi assurée en cas de chirurgie. La maison accueille des franco-marocains ou des français inscrits au consulat de France et ayant une sécurité sociale comme la CFE (Caisse des Français de l´étranger) ou d’autres organismes comme la sécurité sociale pour les expatriés. 
Sur quels critères les pensionnaires sont-ils choisis? C’est la famille en principe qui fait la demande. Il existe plusieurs catégories: les vieux français restés au Maroc à la fin du protectorat. Il y a une majorité de français qui n’ont jamais quitté le pays, certains ont des pensions, d’autres non. Vu qu’ils ont une nationalité française, c’est le consulat de France qui donne une aide estimée à 5.000 DH et l’association prend en charge le reste. Même les familles dont les enfants sont repartis en France sont soutenues. Le Maroc attire beaucoup de retraités qui avancent en âge. Il y aussi des couples mixtes où la femme française s’installe au Maroc. Elle ramène avec elle ses parents qui vivent pendant un moment dans une maison et au fur et à mesure la dépendance venant, ils sont obligés de faire appel à une maison de retraite. Les personnes franco-marocaines qui ont des problèmes de santé et n’ont pas de structures qui peuvent les prendre en charge font aussi appel à la maison de retraire du Souissi. Celle-ci tourne avec un budget octroyé par l’Etat français.
L’établissement dispose d’une capacité d’hébergement de 43 lits, répartis en 39 chambres individuelles au rez de chaussée, dont 8 équipées d’une salle de bain (douche, lavabo, wc), les 31 autres bénéficiant d’un lavabo. 2 studios équipés d’une salle de bain pour 1 ou 2 personnes au 1er étage. Les personnes âgées sont toutes non valides, incontinentes et ont besoin de protection. C’est le personnel qui s’occupe de leurs toilettes. Les chambres ne servent que pour dormir et sont sous surveillance… Les animaux sont autorisés et sont d’un grand soutien en cas de solitude. Les chambres proposées sont meublées, mais les résidents(es) s ont la possibilité de remplacer les petits mobiliers (table, fauteuil, commode, etc.) par les leurs, et peuvent également décorer leur logement par des objets personnels (cadres, bibelots, etc.).
Un gardiennage permanent de la maison de retraite est assuré pour filtrer l’ensemble des entrées et des sorties. La maison de retraite du Souissi est un établissement géré par un conseil d’administration qui fixe chaque année le prix du séjour en fonction du degré d’autonomie du résident(e). Celui-ci comprend les frais d’hébergement, les frais de restauration et les frais de blanchissage. et il reste à la charge du résident(e) ou de sa famille. Si les ressources sont insuffisantes, le résident(e) peut bénéficier de l’aide sociale du consulat prévue par la loi française. Le prix pour les personnes complètement dépendantes est estimé à près de 10.000 DH par mois ensuite il y a une variante selon la chambre. «Le budget est axé surtout sur le personnel (une cinquantaine avec différentes professions travaille pour 41 pensionnaires). La cuisine, elle, est assurée par Newrest.
D’après notre enquête, le marché du logement adapté aux seniors semble prêt de se développer. La demande est là et des personnes ont déjà frappé à la porte de différents consulats pour inscrire un membre de la famille. Nombreux sont les MRE qui voudraient aussi que leurs parents soient encadrés dans des maisons de retraite au Maroc et sont mêmes inspirés par le modèle européen des foyers pour Seniors.
Des projets qui ne manqueront pas de booster le marché du travail puisque l’installation de maisons de retraite sera profitable aux femmes de ménage, aux infirmières ou encore au personnel des cuisines. «Ceux qui veulent investir en maison de retraites seront les bienvenus mais il ne faut pas oublier que de nombreux Marocains perçoivent les maisons de retraite comme des mouroirs et ils s’y opposent», selon certains observateurs.

Boom démographique

E n’est un secret pour personne que la population marocaine est en train de vieillir. D’ailleurs, une journée internationale est consacrée aux personnes âgées (Le 1er octobre). C’est au gouvernement de gérer le vieillissement de la population en raison de la transition démographique avancée au Maroc. Selon le HCP (Haut commissariat au plan), l’effectif des personnes âgées de 60 ans et plus passerait de 2,7 millions en 2010 à 10,1 millions en 2050, année où il représenterait 24,5% de la population totale alors qu’il ne constituait que 7,2% et 8,1%, respectivement en 1960 et 2004. Le rapport de dépendance défini comme le rapport entre le nombre de personnes en âge d’activité par personne âgée de 60 ans et plus, se situerait à 2,4 individus en 2050 au lieu de 7,7 en 2010. Sur ce registre, la situation financière des systèmes de retraite sera encore plus affectée dans l’avenir. Par comparaison, la France ne compte actuellement que 250 résidences et villages seniors, soit moins de 20.000 places, d’après le pointage effectué en juin 2011 dans une étude du cabinet Xerfi. De même, la population de plus de 60 ans aura bondi de 40% d’ici à 2030, selon les projections de l’Insee. Le coût moyen d’une maison de retraite est de 1.800 euros (19908 DH) par mois et parfois beaucoup plus.

Des pensions modèles

A l’association Nour pour la protection sociale Anfa-Aïn Chok, les personnes âgées sont respectées et écoutées… Malheureusement ce n’est pas le cas de beaucoup d’autres pensions

 

 

 

 

L’aile des femmes est séparée de celles des hommes. La séparation est imposée par la loi 14-05 qui exige un nombre limité de pensionnaires (8) par dortoir

 

 

 

 

 

 

Des équipements médicaux sont disponibles pour soigner les pensionnaires malades. Un centre de kinésithérapie permet une activité physique aux vieux malades trois fois par semaine. C’est grâce à un bienfaiteur que l’association dispose d’une chaudière. Il a dépensé près de 400.000 DH sans citer son nom

 

 

 

Fatim-Zahra TOHRY

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