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    Enquête

    Une nouvelle carte pénitentiaire prend forme

    Par L'Economiste | Edition N°:3852 Le 24/08/2012 | Partager
    Des prisons fermées, d’autres édifiées
    Surpopulation carcérale, le gros problème

    Source: Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion (Infographie L’Economiste)
    La nouvelle classification des pénitenciers est répartie en 1er, 2ème et 3ème classe. Cette répartition où l’on distingue aussi entre prison centrale, locale, agricole et centre de rééducation pour mineurs, se base sur plusieurs critères: superficie, nombre de détenus, type de peines (longue, moyenne ou courte), niveau de sécurité…
    NB: La carte ne contien pas l’ensemble des prisons de 1re et 2e classes

    LA refonte de la carte pénitentiaire est en cours. Parallèlement à la construction de nouvelles prisons (Marrakech, Fès, Azrou et Safi…), d’autres ont été fermées. «Il s’agit de maisons d’arrêt qui ne sont plus en état d’héberger des détenus dans des conditions normales de sécurité et édifiées pendant le protectorat (1912-1956). Des prisons vétustes, comme celle de Ghoubiyla à Casablanca, n’est plus en état de service», déclare Hafid Ben Hachem, délégué général à l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion.
    Tout un plan quadriennal entamé à partir de 2008, à l’arrivée de Ben Hachem. C’est aussi à cette date que son administration est passée de la tutelle du ministère de la Justice à celle de la Primature. Une décision prise suite à l’évasion de détenus de la vielle prison centrale de Kénitra, celle-là même dont la rénovation vient d’être achevée.
    A fin 2011, la capacité d’hébergement des prisons est passée de 83.000 à 106.200 m2, soit une hausse de 30%. Pourtant, la surpopulation de l’espace carcéral demeure un fait. «Ce n’est pas ma faute, s’il y a un recours excessif à la détention préventive», se défend le délégué général (voir entretien). Construction, réaménagement et extension sont toujours au programme…  Au total, six établissements vont être  édifiés prochainement. Avec comme but d’atteindre une moyenne de 3 m2 pour chaque prisonnier au lieu de 1,64 m2 actuellement. Des mesures que prévoit d’ailleurs le plan d’action 2012-2016. Raison pour laquelle l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion espère décrocher un budget de 2,5 milliards de DH. «Contrairement à ce qui a été affirmé, cette demande est toujours en cours», indique Ben Hachem.
    Grande question: que va-t-il advenir des prisons abandonnées? Elles disposent d’un énorme patrimoine foncier de 4.500 ha qui sera en grande partie cédé (L’Economiste du 24 octobre 2011). «Nous travaillons toujours sur le montage financier et juridique de ce projet avec les Domaines de l’Etat et le ministère des Finances», indique le délégué général. Ce projet en réflexion depuis 2011 a été quasiment ficelé. Les terrains des prisons agricoles d’El Aâder à El Jadida (1.200 ha), El Outita à Sidi Kacem (1.000 ha), Fkih Ben Saleh (600 ha) ou locale comme celle de Ghoubiyla à Casablanca (4 ha)… sont concernés. C’est les Domaines de l’Etat qui s’occuperont des cessions. «L’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion n’est qu’utilisateur de ces terrains qui appartiennent au domaine privé de l’Etat. Une partie du produit  de la vente nous sera en revanche reversée», précise-t-on.
    Est-ce à dire que nous assistons à la fin des fameuses prisons agricoles? Pas vraiment. «Les détenus n’ont pas besoin de toutes ces superficies pour apprendre à cultiver la terre : 10 ha au maximum suffisent», explique Ben Hachem (voir encadré).
    Le terrain de la prison d’El Aâder est mitoyen à 2 terrains de golf. A la périphérie d’El Jadida, «il permettra  à la ville nouvelle de s’étendre: université, Groupe OCP… ont déjà manifesté leur intérêt. Pourquoi devrait-on garder un terrain inexploité? Il vaut mieux le rendre utile», argue le délégué général. 
    Remodeler la carte pénitentiaire doit tenir compte des impératifs de la carte judiciaire. Chaque juridiction doit disposer sur son territoire d’un centre de détention. Ne serait-ce que pour accueillir les personnes soumises à une enquête ou en attente d’un jugement définitif.

    Réinsérer via l’agriculture

    Cultiver la terre pour adoucir les tempéraments. Certains terrains des prisons agricoles vont faire l’objet de conventions de partenariat (exploitation-formation) avec des sociétés privées. «Elles nous fourniront des ressources; apprendront un métier à nos détenus et vont les employer après la fin de leur peine. Je pense à l’arboriculture, en particulier l’olivier et le  caroubier. Il existe beaucoup d’opérateurs intéressés», déclare Hafid Ben Hachem, délégué général à l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion. Projet audacieux que d’impliquer le privé dans la réinsertion des prisonniers. Il y aura un cahier des charges à respecter. «Qui est ce prisonnier qui va travailler dans les champs?» La question que se pose Ben Hachem a un prolongement. Le profil de la population carcérale a changé: un jeune homme de 20 à 40 ans, urbain et très faiblement scolarisé (L’Economiste du 8 avril 2011). «Un détenu à qui vous donnerez un troupeau pour l’emmener paitre ne reviendra pas…», estime Ben Hachem. «Nous n’avons plus besoin de 1.000 hectares mais d’une dizaine d’hectares clôturés. Car vous ne pouvez pas non plus mettre un gardien derrière chaque prisonnier», poursuit notre interlocuteur.
    La plupart des pénitenciers sont un héritage du protectorat. Epoque où la majorité des détenus venaient de la campagne. Les routes et les terres n’étaient pas défraichies. On employait alors les prisonniers. Mais avec le recours de plus en plus accru aux machines (tracteurs, moissonneuses batteuses…), la mission de la prison agricole autant que le profil du détenu ont changé», estime le délégué général à l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion.

    F. F.

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