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    Enquête

    Ces Marocains qui fuient la crise en Europe
    Le Maroc, un eldorado pour les Espagnols aussi

    Par L'Economiste | Edition N°:3811 Le 22/06/2012 | Partager
    Le Maroc, «destination préférée», moins chère et plus «sympa»
    Ouvriers du bâtiment, ingénieurs, ou saltimbanques… les profils sont divers

    La crise qui sévit «contraint» à l’émigration les Espagnols aussi et pour bon nombre d’entre eux le Maroc est l’une de leurs destinations «de rêve» : proche, accessible et pas chère. Ils s’y installent pour des durées déterminées et la plupart travaillent dans des chantiers

    La crise qui sévit en Espagne n’affecte pas seulement les Marocains qui y sont installés. Elle «contraint» à l’émigration les Espagnols aussi et pour bon nombre d’entre eux le Maroc est l’une de leurs destinations préférées car proche, accessible et pas chère. C’est le cas de plusieurs dizaines de travailleurs espagnols qui se sont installés, le temps de quelques chantiers à Tanger. Ces derniers travaillent, selon le chef d’un chantier, par lots et non par journées. C’est ainsi que leurs journées sont souvent plus «longues», que celles d’un ouvrier du bâtiment marocain. «Même payés plus, ils me reviennent moins cher que des ouvriers locaux à cause de leur productivité. D’ailleurs, pour travailler dans le bâtiment, la main d’œuvre même locale fait cruellement défaut», explique cet opérateur qui emploie des Espagnols. Car c’est un fait, la main d’œuvre locale dans le bâtiment est très rare à Tanger, elle est «importée» d’habitude d’autres régions du Maroc, et depuis quelque temps, même de chez nos voisins ibériques. Selon lui, les ouvriers espagnols dans le bâtiment se retrouvent à Tanger, Tétouan, mais aussi à Nador et même Oujda. Ils seraient présents aussi dans des chantiers à Casablanca et plus au sud. Des entreprises sous-traitantes espagnoles travaillant pour de grands groupes marocains préfèrent amener leur propre main d’œuvre, généralement plus qualifiée que celle locale, et à cause de la crise, plus abondante aussi. Certains nouent des contacts et reviennent pour des opérations ou des travaux ponctuels, selon des opérateurs du secteur du bâtiment.
    Certains sont des patrons de petites structures dédiées à la construction qui se sont retrouvés sur le carreau après la crise. Ils peuvent de la sorte, lors de petites escapades au Maroc, gagner un peu d’argent le temps d’un chantier. La proximité aidant, ils sont disponibles et peuvent faire le voyage lorsque la demande se fait sentir. Mais jusque là, les observateurs ne relèvent aucune tendance vers des séjours plus longs, une fois leur chantier ou leur travail terminé, ils retournent chez eux. D’ailleurs leur statut quasi illégal n’encourage pas les longs séjours, la loi marocaine encadrant de manière sévère le travail des étrangers sur notre sol. D’autres profils sont eux aussi tentés de travailler au Maroc, c’est le cas de cadres, de techniciens et d’ingénieurs espagnols qui sont frappés par le chômage. Ces derniers sont attirés par le marché du travail marocain plus dynamique mais aussi par un cadre de vie plus «sympa» et moins cher qu’en Espagne.

    L’Espagne veut récupérer ses chômeurs

    Il y a quelques années, les chômeurs espagnols avaient découvert que vivre au Maroc avec leurs allocations chômage était possible. On avait assisté pendant quelques mois à une ruée d’Espagnols à Tanger, Tétouan et Martil. La tendance n’a pas trop duré. Le gouvernement espagnol s’est rendu compte de la situation et a imposé des conditions sévères pour continuer à percevoir l’allocation chômage, entre 450 et 700 euros. Il fallait justifier d’un séjour continu en Espagne, pour s’assurer que les sommes perçues étaient bel et bien dépensées en Espagne et éviter la fuite de devises. Une mesure qui a affecté les intéressés marocains qui devaient rester en Espagne sous peine de perdre leurs allocations.

    Ali ABJIOU

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