Courrier des Lecteurs

Courrier des Lecteurs

Par L'Economiste | Edition N°:3810 Le 21/06/2012 | Partager

Baccalauréat: La fraude 2.0

Laxisme
La fraude est devenue monnaie courante pour un nombre important de nos candidats. Le laxisme du système en est la cause principale. Les notes du contrôle continu relèvent du cosmétique: elles sont bien maquillées avant d’être officialisées. Elles sont hyper maquillées aussi bien dans le privé que dans le public. Le principe d’égalité des chances est bafoué. Cette absurdité pousse automatiquement nos élèves à orner leurs notes à leurs façons en utilisant tous les moyens qui sont par conséquent illicites. Un coup de chapeau à notre ministre qui a mis de la lumière sur cette zone d’ombre. Chapeau aussi à tous les enseignants qui œuvrent d’arrache pied pour préserver la crédibilité de notre système d’enseignement. Le rôle de l’éducateur n’est pas plaire à ses élèves, mais de veiller à instaurer les vraies valeurs dans le comportement de ses apprentis. La fraude est une gangrène: l’éradiquer est un devoir national. Donc, main dans la main pour atteindre cet objectif.
R. A.

 Témoignage
Concernant les épreuves du baccalauréat cette année, je pense que ce certificat a perdu toute crédibilité. En tant que témoin de la situation, je peux affirmer que les bacheliers ont triché de toutes les manières possibles, que ce soit en utilisant des téléphones portables ou des smartphones, ou bien simplement à la manière traditionnelle avec des bouts de papier bien rédigés et soigneusement préparés. Quant aux professeurs, il agissent de 2 façons: 50% sont durs, et appliquent la loi et ne tolèrent aucune dérive. Et l’autre partie est indifférente vis-à-vis de l’ampleur de la situation et opte pour la stratégie du laisser-aller. Je peux affirmer que 90% des bacheliers sont prêts à tricher, dont 50% sont prêts si c’est possible. Les autres sont prêts à n’importe quoi ils arrivent à l’examen avec une seule idée, s’ils ne trichent pas, il ne vont pas réussir....et les 10% qui restent sont des étudiants qui ont soit des principes et des limites à ne pas dépasser ou ils craignent d’être attrapés... Ce qui a aidé plus et encouragé mieux les étudiants à tricher c’est les opérateurs et surtout Maroc Telecom. Comme par hasard le dernier délai de l’offre (forfait national) ou (une heure de communication) était le denier jour de l’examen, en plus de 100 SMS et MMS avec seulement 10 DH. La question qui se pose maintenant est : ces opérateurs ont-ils un but purement lucratif et ne donnent aucune importance à la crédibilité  de l’examen ?Et pourquoi le ministre de l’Education n’a pas cité cette remarque et n’a pas réagi contre ces opérateurs?
M. W.

La droiture ça s’apprend
En Amérique  du Nord, quand un étudiant ou élève triche n’importe quel élève de sa classe qui le prend en train de tricher prévient tout de suite le prof et cela nous a étonné, nous Marocains, éduqués différemment, cela pour vous dire que la droiture ça s’apprend dès le plus jeune âge.
M. M.

Administration hors jeu
Je suis scandalisée de voir qu’au 21e siècle le ministère mène la chasse aux sorcières à toute technologie qui aurait  été inventée au XXe et XXIe siècle, par peur, par méconnaissance ! Au lieu de s’aligner, de se mettre à niveau et de faire avec les outils du moment. Avec cette logique, et au gré des vents des décisions, demain on demandera aux bacheliers du 21e siècle de ramener des «abacus» pour résoudre les problèmes de mathématiques et des plumes et encriers et parchemins pour rédiger leur épreuve de philo !
Ces braves gens de l’administration ne sont-ils pas conscients  qu’ils sont hors siècle, hors millénaire, hors jeu? Ne conçoivent-il pas l’ampleur de leur décalage?  Une petite illustration pourrait peut être servir à ce niveau : enlever un ordinateur à un bachelier aujourd’hui revient à enlever un stylo à un  bachelier d’il y a un siècle c’est exactement pareil, toutes choses étant égales par ailleurs!
Au lieu d’admettre ce constat! Fort éprouvant pour les égos surdimensionnés de nos concepteurs de programmes, et de se mettre à niveau, c’est  la solution de facilité qui est prônée et adoptée, c’est de se mettre des visières, d’ignorer toutes les technologies véhiculant la connaissance et de mener une chasse aux sorcières à coup de décisions, notes, circulaires et sommations pour ramener toutes les âmes errantes dans le 21e siècle au fin fond du moyen âge.
Permettez moi d’exprimer ma profonde déception et ma grande inquiétude pour ces jeunes, qui ont un potentiel énorme, mais qui sont pris au piège d’un système archaïque, trop imbu de lui-même pour accepter ne serait ce qu’un soupçon de prémices de changement.
Au lieu de faire la chasse aux nouvelles technologies et les diaboliser, il faudrait les mettre au service de la connaissance, les utiliser les véhiculer pour en tirer le maximum de profit pour le bien de tous et surtout pour le bien de notre pays le Maroc que j’aime plus que tout.
H. N.

 

Le cri d’une maman révoltée

Nous avons tous vu les sites qui relatent les innovations en matière de triche! Nous avons tous eu droit aux rues jonchées de petites feuilles savamment pliées et couvertes d’écriture de fourmis, nous avons tous vu ou entendu parler des kits de triche… C’est encore cette épidémie que nous attrapons à la même période chaque année ! C’est le bac…
Cette démonstration nationale et collective d’incivisme poussé à l’extrême, est-elle l’apanage de notre société? D’où est ce que nous vient cette maladie estivale?
A y regarder de plus près, on constate qu’ici la relation au tiers est basée sur la méfiance, tu es présumé coupable jusqu’à preuve de ton innocence, et pas le contraire. L’élève est pris dans cette relation malsaine, il redouble alors d’efforts et d’ingéniosité, non pas pour se construire une tête bien faite, qui servira son pays plus tard, mais pour contourner les règles du système, qui de toutes les façons, va le «juger» et non pas le «tester» sur des connaissances qu’il aurait du lui inculquer dans des conditions saines, basées sur la confiance, et le respect de l’élève.
Une administration ne pourra jamais égaler l’ingéniosité des générations montantes, à moins d’avoir cette génération au sein même de ses équipes. Or compte tenu de l’évolution fulgurante des nouvelles technologies, et de l’intelligence débordante des nouvelles générations, l’administration sera toujours en total décalage avec ces génies en herbe, et les mesures (notez la rudesse du mot) prises seront toujours archaïques. Ces générations voguent dans la 5 ou la 6ème dimension alors que l’administration, elle, se demande encore s’il existe une 4e dimension! Ce qui est déplorable, c’est que le jeu (car malheureusement c’est un jeu malsain) est biaisé dès le départ: les élèves sont pris  dans l’engrenage d’un système qui ne les reconnaît pas comme parties prenantes, ils sont «les autres», l’ennemi à combattre, la vilaine herbe à enlever, l’épine à extirper, le diable à exorciser, ... il sont bourrés  d’informations diverses, dans des temps records, et puis ils sont  «contrôlés», «examinés à l’improviste» , «jugés» ... et si, par malheur  les «inputs» ne ressortent pas intacts de leurs petits cerveaux, si jamais il leur prenait un plaisir de transformer, rajouter, innover, improviser, analyser, discuter ou changer quoi que ce soit à ces «inputs» sacrés, il sont, réprimandés, collés, l’on criera au scandale, l’on convoquera les  parents ... Ils seront recalés et iront droit au conseil de discipline pour outrage à la science infuse! Détenue, elle,  par les producteurs de programmes stériles, appartenant à un autre âge.
H. N.
 

Horaire continu:  Quelle économie!
Je suis fonctionnaire et je souffre énormément des effets pervers de l’horaire continu. Après beaucoup de déboires, et optant pour le repas de midi avec ma petite famille, j’étais obligé d’aller chercher mon fils à l’école à midi, le ramener à la maison, déjeuner avec lui et le ramener encore une fois à l’école à 13h30. Cela a duré une année, durant laquelle je me tapais les embouteillages 4 fois/jour. J’ai craqué et j’étais obligé de l’inscrire en demi pension à l’école. Où est l’économie d’énergie, où est la protection de l’environnement dans ce système qui a causé beaucoup de tort aux familles marocaines !!!
I. B.

Permis de construire: Café marocain!
Vous êtes étonnés devant les délais pour obtenir le permis de construire d’un grand projet comme celui de Sindibad? Je vous informe que tout projet industriel est étudié par une commission d’environnement dont les membres excellent dans la langue française et chaque fois que l’un d’eux trouve une faute d’orthographe, la séance est levée et reportée de 15 jours, résultat un an de délai avant le OK définitif, sauf bien sûr, si le café marocain est offert aux respectueux membres de cette commission.
J’ai un exemple concret d’une usine à Bouskoura dont le montant d’investissement est de 20 millions de DH avec création de 60 emplois directs Elle n’a eu le OK de cette commission qu’après 10 mois. Bien sûr le promoteur était avare et a refusé de servir le café marocain.
A. S.

Nos étudiants en Espagne
Les étudiants marocains en Espagne ne sont pas là-bas pour se balader. Leurs parents sont de la classe moyenne marocaine. Ils se sont pour la plupart engagés dans des crédits pour payer les frais d’études, de loyer et nourritures de leurs enfants. Le gouvernement marocain doit faire quelque chose pour eux, ils ne peuvent pas payer les nouveaux frais qui varient entre 3.000 et 9.000 euros par an. Que vont-ils faire ? Arrêter leurs études surtout ceux qui sont en 2e et 3e et plus et revenir au Maroc? Ils n’ont pas la possibilité de terminer les années qui restent dans l’université marocaine. La solution c’est que notre gouvernement fasse une convention avec les universités espagnoles à ce sujet. Les étudiants marocains doivent avoir les mêmes conditions d’études que les autres européens qui étudient en Espagne. C’est de l’injustice de traiter les étudiants marocains de cette façon.
A. F.

La justice et l’équité, une affaire d’Etat
Ce n’est pas Dieu qui répartit les moyens de subsistance (et non de survie, car on peut aspirer à plus qu’une simple survie me semble-t-il), car il me semble que l’Islam est une religion incitant à la justice, au travail et à la responsabilité. C’est donc l’Etat qui doit assurer plus de justice et d’équité dans la répartition des richesses produites par le travail des Marocains. Force est de constater que depuis l’Indépendance, c’est toujours avec la même iniquité que les plus pauvres sont exploités par les plus riches. J’ai eu la chance d’appartenir à la classe aisée (selon les critères du Haut Commissariat au Plan), j’ai fait des études à l’étranger dans une école prestigieuse mais je suis ulcéré par cet état de fait. Je ne renie pas mes origines, ni ma culture (ma religion ne te concerne en aucun cas, selon moi) mais je renie ce que la classe dirigeante, les partis politiques ont fait du Maroc. Je renie cette classe politique qui votait l’arabisation en inscrivant ses enfants à la mission, je renie cette classe politique prête à tout pour conserver un poste après un scandale comme celui d’Annajat où des Marocains dans le besoin ont été arnaqués par des étrangers et abandonnés par l’Etat. Et je renie cette nouvelle classe politique versée dans le populisme qui laisse des cliques de voyous attaquer une université au nom du Coran - le Prophète, que Dieu le bénisse, ne nous a-t-il pas enjoint de rechercher la science, jusqu’en Chine?
A. H.

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