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    Analyse

    Pourquoi la finance islamique manque de ressorts
    Le Maroc perd du terrain
    Entretien avec Ali Alami Idrissi, associé fondateur d’Optima Finance Consulting(1)

    Par L'Economiste | Edition N°:3710 Le 31/01/2012 | Partager
    L’Egypte, la Turquie ou encore la Tunisie sont en avance
    Les produits alternatifs ne représentent «rien» dans l’actif bancaire total
    «Manque de vision stratégique pour développer ces produits»

    «Les banques n’ont pas les ressources humaines nécessaires et elles ne maîtrisaient pas non plus le côté marketing pour commercialiser ces produits », estime Ali Alami Idrissi, associé fondateur d’Optima Finance Consulting

    Le Maroc a-t-il raté le train de la Finance islamique ? C’est aujourd’hui, le seul pays d’Afrique du Nord en plus de la Lybie à ne pas disposer de banque islamique. Comparé à ses principaux concurrents l’Egypte, la Tunisie ou encore la Turquie, le Maroc accuse déjà un retard. Les produits islamiques représentent par exemple 4,9% du total de l’actif bancaire en Egypte et 4,3% en Turquie. Au Maroc, ils ne pèsent que 0,1% dans l’actif bancaire à fin 2010. Toujours est-il que le nouveau gouvernement a l’intention d’accélérer le processus. Reste à savoir si les banques vont suivre. Elles sont en tout cas appelées à revoir leur stratégie sur les produits conformes à la Charia, comme l’explique dans cet entretien Ali Idrissi Alami, associé fondateur du cabinet Optima Finance Consulting. 

     

    - L’Economiste: Comment expliquez-vous le manque d’intérêt des Banques marocaines pour la Finance islamique?
    - Ali Alami Idrissi: Il est du en partie à un manque de vision stratégique. Elles n’ont pas su déceler un créneau qui se développait un peu partout dans le monde. En même temps, puisque l’une d’entre elles ne s’est pas réellement engagée dans ce compartiment, les autres n’y ont pas vu de danger pour leur activité. Au-delà de ces facteurs, les banques n’ont pas les ressources humaines nécessaires et elles ne maîtrisaient pas non plus le côté marketing pour commercialiser ces produits. En gros, il est plus difficile de convaincre un banquier marocain de l’intérêt de la Finance islamique qu’un banquier français ou anglais par exemple.Mais, il faut reconnaître qu’avant 2010, il n’y avait pas aussi une réelle volonté politique de développer la Finance islamique. L’idée de commercialiser des produits conformes à la Charia était en quelque sorte taboue.
    - Et aujourd’hui ?
    - Le PJD qui est porté sur ce type de financement avait promis d’accélérer le processus une fois au pouvoir. La donne a donc changé aujourd’hui. La Banque centrale envisage même d’introduire un chapitre sur la Finance islamique dans la loi bancaire. Cela peut être une bonne transition avant l’élaboration d’une réglementation propre à la Finance islamique. Cette fenêtre dans la loi bancaire favoriserait en tout cas un passage en douceur vers une loi bancaire dédiée à la finance conforme à la Charia. D’un autre côté, elle permettra de surmonter les obstacles liés au traitement des opérations entre les institutions islamiques et celles conventionnelles.

    - Les produits islamiques ne partent-ils pas avec un handicap puisqu’ils sont plus coûteux?
    - Les tarifs ne passent pas du simple au double. Il y a un surcoût qui est tout de même supportable. Le seul problème à traiter aujourd’hui est le 1% prélevé au titre des droits de mutation pour l’acquisition d’un bien immobilier. En dehors du crédit immobilier, il n’y a pas de raison que les produits islamiques soient moins compétitifs que les classiques.

    - Quelle est la position des compagnies d’assurances sur ce créneau ?
    - Nous avons été contactés par des acteurs de premiers plans du marché pour la création de société de Takaful par exemple. Il y a une réflexion qui est menée sur le sujet, mais pour passer à un stade supérieur, c’est une autre question. 

    Propos recueillis par Franck FAGNON

    (1) Ali Alami Idrissi intervenait lors du premier Focus day de l’année organisé par Bloomberg le 25 janvier dernier

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